Édition du 9 décembre 2025

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Canada

Revue de presse

Réactions des organisations des classes populaires au dépôt du budget fédéral

Voici les réactions d’organisations issues des classes populaires à la suite du dépôt du budget du gouvernement de Mark Carney par le ministre de finances François-Philippe Champagne. Les communiquées sont mis en ligne au fur et à mesure de leur publication.


Le budget fédéral 2025 creuse les inégalités, estime Oxfam-Québec

Montréal, le 5 novembre 2025 — Oxfam-Québec déplore la décision du gouvernement fédéral de sabrer 2,7 milliards $ dans l’aide publique au développement, au moment où les crises mondiales s’intensifient. Face aux conflits, aux dérèglements climatiques et à la montée des régimes autoritaires, le Canada choisit de désinvestir plutôt que de renforcer sa solidarité, tournant le dos aux populations les plus vulnérables. Oxfam-Québec est notamment préoccupée par les compressions dans le financement de la santé mondiale, qui risquent de mettre en péril les droits et la santé des femmes et des filles.

«  Ce budget vise à réformer et à relancer l’économie, ce qui est nécessaire. Mais que vaut une relance qui aggrave les inégalités  ? Près de 3 milliards $ de moins pour l’aide internationale, aucune initiative pour corriger l’iniquité fiscale et récupérer des revenus auprès des ultrariches et des entreprises polluantes, et trop peu pour les secteurs à prédominance féminine. Nous avons besoin d’une économie qui ne laisse personne de côté. Lutter contre les inégalités, c’est renforcer la stabilité, la démocratie et la prospérité au Canada comme ailleurs, pour tout le monde », souligne Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Oxfam-Québec.

Sur le plan climatique, l’absence de tout sentiment d’urgence est consternante. Le gouvernement recule encore sur la mise en place de ses engagements sur la finance durable dans sa stratégie de compétitivité climatique, qui mise davantage sur la compétitivité que sur la réduction réelle des émissions. La stratégie privilégie la création de marchés et la mobilisation de capitaux privés plutôt que des mesures concrètes : imposer davantage les profits des entreprises polluantes, cesser de subventionner l’industrie des énergies fossiles et légiférer pour que les banques canadiennes réduisent leurs émissions de GES.

Le budget ignore aussi l’importance de l’économie du soin et des secteurs à prédominance féminine, piliers de la résilience sociale et climatique. Santé, éducation, services de garde et soins aux personnes âgées sont essentiels pour le bien-être des populations et leur capacité à faire face aux crises. Pourtant, 115 milliards $ sont consacrés aux infrastructures et 30 milliards $ à la défense sur cinq ans, tandis que les services vitaux à la population restent sans investissement chiffré comparable.

Le budget ne propose aucune mesure pour réduire l’iniquité fiscale. Les ultrariches, qui ont vu leur fortune croître de plus de 51% depuis 2020, ne paient en moyenne que 24% d’impôt, contre 37% pour la moyenne des travailleurs. En effet, 100% du salaire est taxé, contre seulement 50% des gains en capital. Le gouvernement renonce ainsi à des revenus indispensables pour financer la transition écologique et renforcer les services publics.

Pour Oxfam-Québec, le premier budget du gouvernement Carney est une occasion manquée de corriger les inégalités et de construire un « Canada fort », juste et durable.


Don Davies, porte-parole du NPD en matière de finances, réagit au budget de l’automne 2025

En réaction au budget de l’automne 2025 présenté par le gouvernement, Don Davies, porte-parole du NPD en matière de finances, a fait la déclaration suivante :
« Le Canada est confronté à de graves défis économiques. Le chômage atteint son plus haut niveau depuis dix ans, les jeunes ayant particulièrement du mal à trouver un emploi. La moitié des Canadiens vivent au jour le jour. Le coût des produits de nécessité, qu’il s’agisse de nourrir votre famille ou de payer votre loyer, ne cesse d’augmenter. Et notre économie est au bord de la récession, le président américain Donald Trump étant déterminé à lui faire subir de nouveaux dommages.

Dans ce contexte, ce budget est crucial et arrive à un moment critique pour notre pays.

Les néo-démocrates comprennent que nous avons été envoyés à Ottawa pour travailler au nom des travailleurs et de leurs familles. Nous avons dit que les Canadiens ont besoin d’un budget qui investira dans la création d’emplois syndiqués de qualité, permettant de subvenir aux besoins d’une famille ; nous avons dit que les Canadiens ont besoin d’un budget qui aidera à construire des millions de nouveaux logements abordables ; nous avons dit que les Canadiens ont besoin d’un budget qui investit dans les programmes et les services dont dépendent les familles, notamment notre système de santé.

Et nous avons dit qu’il est de la responsabilité du premier ministre Mark Carney d’élaborer un budget qui investit dans les besoins des Canadiens et qui peut être adopté à la Chambre des communes. S’il n’est pas en mesure de le faire, il en assume l’entière responsabilité.

À première vue, il semble que ce budget contienne des mesures que nous saluons et que nous avons d’ailleurs revendiquées. Il s’agit notamment de mesures visant à fournir un financement supplémentaire pour les infrastructures liées aux emplois syndiqués, à prendre un engagement explicite en faveur des logements coopératifs et à faire référence à un réseau électrique est-ouest.

Malheureusement, certaines mesures nous semblent aller dans la mauvaise direction, notamment la réduction des travailleurs du secteur public et des services qu’ils fournissent aux Canadiens, la suppression de la taxe sur les logements inoccupés et la réaffirmation de la subvention de plusieurs milliards de dollars accordée par le gouvernement aux géants technologiques américains.

Les néo-démocrates prendront le temps d’étudier le budget et de discuter avec les Canadiens. Nous aurons davantage à dire à ce sujet dans les prochains jours. »


Réaction de Greenpeace Canada au Budget 2025

« C’est un budget qui dépense massivement sur la militarisation du pays. On dépense des milliards pour les frontières, la police et l’armée, pendant qu’on coupe dans les programmes qui aident les personnes et protègent la nature. On ne peut pas dire qu’on prépare l’avenir si on recule sur le climat, en laissant les compagnies pétrolières polluer davantage et en affaiblissant les lois contre l’écoblanchiment. »
 Keith Stewart, stratège sénior en énergie, Greenpeace Canada

Le budget met surtout l’accent sur la sécurité, les frontières et l’armée, plutôt que sur des investissements qui soutiennent les personnes et protègent l’environnement.

Le gouvernement recule sur l’action climatique. Il renonce à sa promesse d’imposer un plafond à la pollution des compagnies pétrolières et gazières et affaiblit les lois contre les fausses déclarations environnementales. Cela s’ajoute à l’abolition de la taxe carbone pour les consommateurs, à la pause des règles sur les véhicules électriques et à une nouvelle loi qui permet d’exempter certains projets, même liés au pétrole et au gaz, des lois environnementales, sous prétexte qu’ils seraient d’intérêt national.

Au lieu d’investir dans des solutions pour protéger la population contre les effets des changements climatiques, le gouvernement continue de miser sur le pétrole. Le budget accorde de nouveaux appuis au gaz naturel liquéfié et au captage du carbone, sans engagement réel pour atteindre les réductions d’émissions que le Canada a promises dans le cadre de l’Accord de Paris.

Le Budget 2025 est présenté comme une « action audacieuse pour assurer l’avenir du Canada ». En réalité, assurer notre avenir aujourd’hui veut dire sortir des combustibles fossiles qui aggravent la crise climatique et miser sur les énergies renouvelables pour bâtir un futur plus vert et plus prospère. D’un océan à l’autre, les Canadien·nes vivent déjà les impacts dévastateurs du climat : feux de forêt, inondations, vagues de chaleur, tempêtes violentes.

Pendant sa campagne, Carney avait promis de protéger l’eau, la nature et la biodiversité en travaillant main dans la main avec les peuples autochtones. Pourtant, dans ce budget, aucune mention de l’engagement du Canada à protéger 30 % des terres et des eaux d’ici 2030. Ni les droits autochtones ni la protection de la nature ne sont pris au sérieux, alors que ce sont des éléments essentiels pour préserver la biodiversité pour les générations futures.

« À qui profite ce budget ? Certainement pas aux générations futures, ni aux terres, à l’eau et aux communautés qui nous font vivre. On ne peut pas parler d’avenir sans placer les droits autochtones et la réconciliation au cœur des décisions. Ce budget montre une vision à court terme qui met de côté les gens et la nature. Carney avait promis une alternative au discours de peur des conservateurs, mais avec ce budget, il leur ressemble plus que jamais, en misant lui aussi sur la peur plutôt que sur un avenir juste et durable. »


Budget fédéral : « Face à Trump, Carney choisit l’inaction » (CNC)

Montréal, le 4 novembre 2025 – Le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) exprime sa déception quant au dépôt du budget fédéral.

« Sur la question de l’assurance-emploi, on est loin d’être à la hauteur de la situation. Alors qu’il y a une situation d’instabilité très grave avec la guerre commerciale avec les États-Unis et que les pertes d’emplois s’accumulent, le gouvernement de Mark Carney préfère l’inaction. C’est insensé ! », ont déclaré Milan Bernard et Selma Lavoie, co-porte-paroles du Conseil national des chômeurs et chômeuses. « Nous espérions que Mark Carney et son cabinet saisissent la gravité de la situation actuelle et la fragilité de l’économie canadienne, et agissent ainsi en conséquence, mais ce n’est pas le cas ».

La seule avancée sur la question de l’assurance-emploi est l’élargissement des prestations parentales de l’assurance-emploi aux parents advenant le décès de leur enfant. Une mesure similaire est déjà appliquée au Québec, via le RQAP.

Le CNC est également inquiet quant à la rhétorique austéritaire mise de l’avant par le Premier ministre, et les reculs annoncés sur les positions environnementales de son prédécesseur.

« Dans ce contexte, nous allons continuer d’analyser la situation pour proposer une voie alternative au gouvernement. Ne rien faire n’est pas une option », ont conclu Milan Bernard et Selma Lavoie.


Budget fédéral  : le gouvernement met la hache dans les services publics et brime le droit à la négociation collective (AFPC)

Ottawa, 5  novembre 2025 — L’Alliance de la Fonction publique du Canada est très préoccupée par les coupes massives dans les services publics, la mise à pied de plus de 40 000 fonctionnaires fédéraux et l’atteinte au droit à la négociation collective de centaines de milliers de travailleuses et travailleurs que propose le gouvernement.

Malgré les besoins d’une population âgée sans cesse croissante, le gouvernement éliminera des programmes vitaux au cours des trois prochaines années et tassera les fonctionnaires pour faire de la place à l’IA. C’est ce que prévoit l’Examen exhaustif des dépenses entrepris par le gouvernement.

«  Ces coupes massives dans les services publics se feront sur le dos des travailleuses et travailleurs, des familles et des collectivités du pays  », déplore la présidente nationale de l’AFPC, Sharon DeSousa. «  Les gens peuvent s’attendre à des attentes interminables pour un passeport, de l’assurance-emploi ou une allocation pour enfants. À moins de programmes sociaux et encore plus de difficulté à joindre l’Agence du revenu. À peu de ressources consacrées à la santé publique et à l’inspection des aliments. Bref, un gouvernement absent lorsque les gens en ont le plus besoin.  »

Au lieu d’investir dans les services de première ligne et les fonctionnaires qui assurent la bonne marche du pays, le gouvernement mise sur l’abolition de postes et l’IA, au détriment de notre filet social.

L’AFPC fera tout en son pouvoir pour protéger les services publics et les gens qui les fournissent en s’assurant que le gouvernement respecte les droits prévus dans les conventions collectives et les lois du travail en vigueur.

«  Le premier ministre Carney répète qu’on doit faire des sacrifices, mais à qui impose-t-il réellement des sacrifices dans son budget ?, demande Sharon DeSousa. Certainement pas aux grandes multinationales. Ni aux PDG et riches banquiers. C’est encore aux travailleuses et travailleurs qu’on demande de plier l’échine.  »

La négociation collective menacée

La décision de changer unilatéralement les lois qui régissent la fonction publique fédérale nous inquiète tout autant et nous examinerons attentivement les changements législatifs mis de l’avant par le gouvernement.

«  Encore une fois, le gouvernement s’en prend directement au droit à la négociation collective. Soyons clairs  : les travailleuses et travailleurs ont dû se battre pour en arriver là et on ne laissera pas le gouvernement nous enlever ces acquis comme si de rien n’était.  »

Équité pour le personnel de première ligne

Nous sommes heureux de constater que le budget prévoit un régime de retraite équitable pour les membres des forces de l’ordre et de la sécurité publique, qui pourront enfin prendre leur retraite dans la dignité après 25 années de service, sans pénalité. Il y avait longtemps que nous réclamions ce changement.


Des baisses d’impôts qui plombent le premier budget Carney (CSN)

C’est avec beaucoup de réserve que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) accueille le premier budget du gouvernement Carney. La centrale syndicale salue d’une part l’accroissement de l’investissement public en réponse à la guerre commerciale qui ébranle l’économie canadienne. Elle considère néanmoins que certains choix budgétaires, tels que des baisses d’impôts et une augmentation démesurée du budget alloué à la défense, minent la capacité du gouvernement à appuyer des secteurs stratégiques et à améliorer les conditions de vie de la population.

Si certains programmes fédéraux comme Maisons Canada ou l’appui à l’industrie du bois ou de l’acier ont toute leur raison d’être, la CSN déplore que le gouvernement se prive de revenus importants en abaissant d’un point le premier palier d’impôt sur le revenu des particuliers et en faisant une croix sur la hausse d’imposition sur les gains en capital, tout en abandonnant la taxe sur les services numériques. Au total, ces trois mesures auraient renfloué les coffres publics d’environ 10 milliards par année, selon les chiffres publiés par le Directeur parlementaire du budget. Et ce, sans compter les 300 millions en réduction fiscale additionnelle accordée aux entreprises par l’entremise de la superdéduction à la productivité.

Des compressions injustifiées

« À la lumière de l’ampleur de ce manque à gagner, les compressions demandées aux ministères et aux organismes publics – de 15 % sur trois ans – nous apparaissent totalement injustifiées », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

La dirigeante syndicale pointe en particulier les compressions apportées au financement de Services correctionnels Canada. « Ces coupes ne peuvent qu’exacerber une situation déjà tendue dans les pénitenciers fédéraux, aux prises avec un problème de surpopulation et de manque d’effectifs », fait-elle remarquer.

La CSN se réjouit toutefois que Radio-Canada ait été épargnée par les mesures d’austérité du gouvernement Carney : son budget sera bonifié de 150 M$ cette année.

Alors que les transferts fédéraux en matière de formation de la main-d’œuvre sont augmentés dans le présent budget, la CSN rappelle qu’ils ne compensent toujours pas les coupes effectuées l’an dernier. « De nombreux travailleurs et travailleurs subissent déjà les effets de cette guerre commerciale. Plusieurs d’entre eux auront besoin d’appui pour se réorienter professionnellement. Le minimum aurait été de compenser entièrement ces compressions budgétaires en matière de formation de la main-d’œuvre », soutient Caroline Senneville.

Dans un tel contexte d’incertitude, la bonification du programme d’assurance-emploi aurait été des plus pertinentes : pourtant, si certaines mesures ont été prolongées, le gouvernement Carney continue d’ignorer la réalité des travailleuses et travailleurs saisonniers, particulièrement dans le secteur forestier.

Enfin, la CSN déplore que, sans objectifs précis, la nouvelle stratégie de compétitivité climatique du Canada ne fasse qu’accroître l’incertitude quant à l’atteinte de cibles de réduction d’émission de gaz à effet de serre. « Les impacts du réchauffement climatique sont déjà ressentis par la population canadienne. La guerre commerciale actuelle ne peut servir de prétexte pour renoncer aux balises environnementales dont le Canada s’est doté », de conclure la présidente de la CSN.


Budget fédéral 2025-2026 - L’UDA salue des investissements essentiels pour la culture

MONTRÉAL, le 5 nov. 2025 - L’Union des artistes (UDA) accueille favorablement les mesures annoncées par le gouvernement fédéral dans le budget 2025-2026. Les investissements sont bienvenus dans un contexte où des coupures étaient redoutées. Ces gestes témoignent d’une volonté de préserver la vitalité culturelle et de soutenir les artistes et les créateur•trice•s, malgré un environnement économique et géopolitique incertain.

Protéger notre souveraineté culturelle doit être une priorité gouvernementale. Elle s’incarne par la protection de nos langues officielles dont le français et par le soutien aux expressions culturelles comme on le constate dans le budget. Notre meilleure défense est la protection de notre identifé collective. Le gouvernement confirme son engagement à renforcer les expériences culturelles locales et à investir dans les industries créatives. Ces initiatives contribueront, nous l’espérons, à la découvrabilité des œuvres canadiennes et québécoises et à la diversité culturelle. En ce sens, nous réitérons notre confiance en Steven Guilbault, ministre du Patrimoine, et espérons qu’il continuera à défendre la culture avec détermination.

Le gouvernement a également annoncé son intention de modifier la Loi sur le droit d’auteur afin d’instituer un droit de suite pour les artistes visuels. L’UDA invite le gouvernement à profiter de cette modification pour moderniser l’ensemble de la Loi, en tenant compte des nouveaux enjeux liés à la diffusion numérique et à l’intelligence artificielle. Il est impératif que les technologies émergentes ne contournent pas les droits d’auteur et que les artistes bénéficient d’une rémunération juste lorsqu’il y a une utilisation de leurs œuvres.

Un enjeu crucial demeure : le filet social des artistes

Malgré ces importants progrès, le budget ne prévoit pas de mesures concrètes pour adapter le régime d’assurance-emploi à la réalité des artistes travailleurs autonomes. Cette réforme est essentielle pour offrir un véritable filet social à des milliers d’artistes interprètes dont la carrière repose sur des contrats ponctuels et une grande précarité. Nous espérons que le gouvernement, dans le cadre des travaux en cours sur la modernisation de l’assurance-emploi, intégrera des dispositions spécifiques pour les artistes. Une telle initiative serait un pas décisif vers une meilleure équité et une reconnaissance des particularités du secteur culturel.

« Nos membres vivent une réalité professionnelle marquée par l’instabilité et l’absence de filet social. Nous espérons que la modernisation de l’assurance-emploi inclura enfin des mesures adaptées à leur situation. Dans un contexte où l’intelligence artificielle transforme la création et la diffusion, il est plus que jamais nécessaire de protéger les droits des artistes et de garantir des conditions de travail dignes. » souligne Tania Kontoyanni, présidente de l’UDA.

L’UDA réitère son engagement à collaborer avec le gouvernement pour bâtir un cadre qui soutienne à la fois la création, la diffusion et la sécurité socio-économique des artistes, tout en assurant la défense de leurs droits dans l’ère numérique.

SOURCE Union des artistes


Budget 2025 : Unifor salue les gains pour les travailleuses et travailleurs, mais réclame une riposte pour protéger les emplois au Canada

OTTAWA, ON, le 4 nov. 2025 - Unifor affirme que les investissements majeurs en capital en matière d’approvisionnement, d’infrastructures et le logement sont des progrès appréciables prévus dans le budget 2025, mais que ces mesures doivent se traduire par des emplois au Canada, une production canadienne et du contenu canadien soutenus par de solides stratégies industrielles sectorielles.

« Pour créer une économie résiliente, les engagements prévus dans le budget fédéral doivent se traduire par de bons emplois syndiqués pour les travailleuses et travailleurs canadiens, a déclaré Lana Payne, présidente nationale d’Unifor. Les tarifs douaniers représentent une menace existentielle et le Canada doit répondre aux attaques afin de protéger les familles des travailleuses et travailleurs tout comme les industries. »

Unifor salue l’engagement du gouvernement dans les secteurs clés comme la foresterie, notamment la somme de 13 milliards de dollars octroyée au programme de logements faits au Canada « Maisons Canada », qui est associé à une stratégie fédérale d’achats canadiens pour les matériaux de bois d’œuvre. Le budget prévoit aussi des investissements dans une stratégie moderne de défense industrielle qui doit obligatoirement dynamiser le développement de l’industrie manufacturière intérieure, y compris dans le secteur de l’aérospatiale.

« Le budget 2025 comprend des annonces qui pourraient stimuler la fabrication, notamment dans nos secteurs de l’aérospatiale et de la foresterie, a déclaré Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor. Cependant, le gouvernement doit tenir ses promesses et mettre en place des stratégies permettant de protéger les travailleuses et travailleurs des répercussions des tarifs douaniers américains. »

Unifor réitère que le Canada a besoin de stratégies industrielles globales pour soutenir et développer tous les secteurs affectés par les tarifs douaniers, et le syndicat réclame le déploiement dynamique et efficace du Fonds de réponse stratégique de 5 milliards de dollars afin de protéger les emplois industriels.

Le budget prévoit des améliorations spéciales au régime d’assurance-emploi ainsi que des flexibilités de travail partagé pour les travailleuses et travailleurs affectés par les tarifs douaniers. Unifor considère que ces mesures temporaires importantes devraient devenir permanentes dans le cadre d’une réforme élargie du régime d’assurance-emploi.

Les nouvelles dépenses en capital, notamment le montant de 115 milliards de dollars sur cinq ans destiné aux infrastructures dans certains secteurs comme le transport en commun, les soins de santé et le logement, doivent appuyer la création d’emplois au Canada par le biais de règles régissant le contenu intérieur.

La mise en œuvre d’une réglementation sur le gaz méthane réclamée par Unifor doit faire en sorte que les canalisations vieillissantes soient réparées et créer de nouveaux emplois syndiqués. Nous constatons toutefois l’absence dans ce budget 2025 d’engagements concrets visant à renforcer les liens ferroviaires pour le transport énergétique de l’Ouest vers l’Est, y compris l’expédition de produits au moyen de wagons-réservoirs faits au Canada, comme l’a recommandé Unifor.

« Malheureusement, ce budget porte également un dur coup aux services publics essentiels, a ajouté Mme Payne. L’austérité et la privatisation, notamment les menaces persistantes de vente de sociétés publiques et d’aéroports, ne sont pas des approches judicieuses, en particulier en temps de crise. Des services publics forts permettent de faire travailler les gens et de maintenir notre économie à flot. »

Le temps est venu de tirer profit des ressources, des compétences et de la capacité d’innovation du Canada afin de propulser une économie autosuffisante misant sur les produits faits au Canada.

SOURCE Le Syndicat Unifor


Les coupes budgétaires fédérales risquent d’avoir des conséquences réelles pour la population, comme le ralentissement du versement des prestations ou l’affaiblissement des interventions d’urgence (IPFPC)

OTTAWA, ON, le 4 nov. 2025 - L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) prévient que les coupes budgétaires fédérales annoncées aujourd’hui, qui visent à supprimer plus de 40 000 emplois dans la fonction publique, vont bien au-delà de l’« efficacité » et toucheront des services essentiels sur lesquels compte la population.

Les gens veulent que leur gouvernement dépense judicieusement, et les professionnel•les de la fonction publique sont d’accord. Mais si l’on élimine les fonctionnaires chargés d’inspecter les aliments, de distribuer les prestations sociales, de protéger les données et de surveiller les feux de forêt, on ne réduit pas le gaspillage — on augmente les risques.

« Les Canadiennes et les Canadiens attendent de l’efficacité, pas de l’érosion », déclare Sean O’Reilly, président de l’Institut. « Derrière chaque coupe se cache un retard de service, une intervention d’urgence plus lente ou un système qui n’est qu’à une défaillance de la crise. Ces réductions ne nous permettent pas de nous alléger ; elles nous rendent plus fragiles. »

Les professionnel•les de la fonction publique sont les spécialistes qui protègent nos données, gèrent les situations d’urgence, suivent les épidémies et entretiennent les systèmes que les gens voient rarement, mais dont ils dépendent tous les jours. La diminution de leur capacité n’entraîne pas seulement une réduction de la taille de l’administration, mais aussi une érosion de la résilience du Canada.

« Nous partageons l’objectif d’une fonction publique plus efficace et plus innovante. Mais on ne peut pas faire plus avec moins. Une véritable efficacité signifie des investissements plus intelligents, et non pas la suppression de services », ajoute M. O’Reilly.

Parallèlement, le gouvernement continue d’investir des sommes record dans l’externalisation de travaux à des consultants privés : 26 milliards de dollars sont prévus pour cette seule année, soit le montant le plus élevé jamais enregistré selon ses propres estimations. Bien que le budget prévoie une vague réduction de la sous-traitance, l’IPFPC note que des promesses similaires ont déjà été faites sans résultats concrets. C’est une approche qui ne tient toujours pas la route.

« Il n’est pas efficace de remplacer des fonctionnaires expérimentés par des consultants onéreux qui coûtent 25 % de plus qu’un•e professionnel•le de la fonction publique », poursuit M. O’Reilly. « Si l’objectif est de réaliser des économies, il faut commencer par les milliards versés aux entreprises privées, et non par les inspecteur•rices de la sécurité alimentaire ou les scientifiques de la santé publique. »

Les professionnel•les de la fonction publique savent où se situent les véritables inefficacités : mauvaise planification, systèmes obsolètes, manque de confiance et de consultation avec les spécialistes de la fonction publique, et recours excessif à une externalisation coûteuse.

« Il faut donner aux fonctionnaires les moyens de se moderniser de l’intérieur », conclut Sean O’Reilly. « Laissez les professionnel•les prendre les devants. C’est ainsi que l’on obtient une efficacité réelle, sans réduire les services dont dépend la population. »

L’Institut représente plus de 85 000 professionnel•les du secteur public un peu partout au pays, dont la plupart sont employés par le gouvernement fédéral. Suivez-nous sur Facebook sur X (anciennement connu sous le nom de Twitter) et sur Instagram.

SOURCE Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC)


Budget fédéral - « Un budget décevant et traditionnel malgré un enrobage sucré », fait valoir la CSQ

MONTRÉAL, le 4 nov. 2025 - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) prend acte du premier budget du ministre des Finances du Canada, François-Philippe Champagne, et souligne qu’il s’agit, à bien des égards, d’un budget décevant.

« Il y a beaucoup d’enflure verbale quant à la couleur que le gouvernement souhaite donner à ce premier budget, mais à première vue, ce que l’on constate, c’est que l’approche budgétaire et comptable du gouvernement sert surtout à masquer le fait qu’il s’agit, malgré tout, d’un budget de compressions », de réagir à chaud le président de la CSQ, Éric Gingras.

Que ce soit les quelque 40 000 postes supprimés dans la fonction publique d’ici 2029 ou encore la croissance des dépenses de programmes, qui passera d’une moyenne de 8 % par année à seulement à 0,6 % pour la première année, il est difficile de ne pas y voir une logique comptable qui ne place pas les travailleuses et les travailleurs au cœur de l’équation.

« On se retrouve donc avec un budget qui parle de dépenses et d’investissements, en établissant une distinction arbitraire qui dévalorise les travailleuses et les travailleurs de nos réseaux publics. Comme si leur travail représentait un coût alors qu’il s’agit d’un investissement social. Le gouvernement aurait pu faire davantage et rien ne justifiait de réduire les services à la population, considérant que le ratio dette/PIB du Canada figure parmi les plus bas des pays du G7. »

La CSQ déplore par ailleurs les orientations du gouvernement quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle, dont l’objectif premier est de rendre la fonction publique plus productive, tout en doublant ses intentions de compressions de postes.

« C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire ! Cela fait des mois qu’on parle de l’importance de placer l’humain au cœur du déploiement de l’intelligence artificielle et du fait qu’elle ne doit pas être utilisée d’abord comme un outil de compressions budgétaires. C’est une grave erreur et, surtout, un modèle à ne pas suivre ! »

Sur la question du logement, la Centrale voit d’un bon œil la volonté du gouvernement de s’attaquer à la crise, mais déplore, du même souffle, l’absence d’investissements dans les logements sociaux et l’absence de mesures structurantes.

« Il y a une volonté claire, et on ne peut que saluer cette transition, même si ce n’est évidemment pas suffisant pour régler la crise. : la question du logement constitue une préoccupation majeure pour les travailleuses et les travailleurs que nous représentons. »

Pour la CSQ, le fait que le gouvernement confirme que la proportion des dépenses en défense atteindra 5 % du PIB en 2035 a de quoi faire sourciller. « Il faut simplement prendre acte du fait qu’il s’agit d’une somme considérable et que c’est un gros morceau qui ne va ni dans les services ni dans les transferts aux provinces dans nos réseaux. Pourquoi, d’ailleurs, ne parle-t-on jamais en termes de proportion du PIB lorsqu’il s’agit de nos réseaux publics, notamment en éducation ? Cela nous permettrait de mieux comprendre et de comparer des pommes avec des pommes. »

Pour conclure, il est impossible de ne pas souligner l’absence quasi totale d’investissements en environnement, ainsi que le statu quo quant à l’assurance médicaments, un programme insuffisant dans son état actuel.

SOURCE Centrale des Syndicats du Québec (CSQ)


Réaction de la FTQ au budget fédéral

MONTRÉAL, le 4 nov. 2025 - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) prend acte du budget fédéral présenté par le gouvernement et accueille positivement les investissements annoncés pour les entreprises, les infrastructures et le domaine de la science qui doivent créer et maintenir des emplois. Cependant, elle s’inquiète des compressions prévues dans la fonction publique fédérale.

« Nous le savons tous, les travailleurs et travailleuses souffrent des caprices de notre voisin du sud avec sa guerre commerciale sur les tarifs douaniers. La dernière chose que souhaite le Québec en ce moment, c’est une élection fédérale. La FTQ invite donc le gouvernement et les partis d’opposition à trouver des voies de passage pour assurer la stabilité politique afin de mieux répondre aux besoins des travailleurs et travailleuses et de toute la population », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

« Il ne faut surtout pas oublier que pour Bâtir un Canada fort comme le souhaite le gouvernement fédéral, cela ne peut se faire sans les travailleurs et travailleuses qui sont appelés à livrer les services à la population, surtout en période de crise », conclut le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

SOURCE (FTQ) Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec


Les syndicats du Canada appellent à des mesures plus fortes relatives aux emplois et aux services publics (CTC)

OTTAWA, ON, le 4 nov. 2025 - Le budget fédéral déposé aujourd’hui tombe à un moment de profonde incertitude. Les travailleuses et travailleurs doivent composer avec la hausse des prix, une crise commerciale grandissante et des programmes publics grevés au maximum. Puisque les tarifs douaniers imposés par les É.-U. éliminent déjà des emplois canadiens, ce budget donnait une occasion de montrer que le Canada est prêt à défendre les travailleuses et travailleurs, à accroître sa résilience, à protéger les emplois et à investir dans les personnes et les services publics.

Le gouvernement Carney a plutôt livré un budget qui réduit les services sur lesquels comptent les travailleuses et travailleurs et qui ne comprend pas les protections que l’actuel gouvernement a été élu pour mettre en œuvre.

« Pour ce qui est de défendre les emplois canadiens, le gouvernement actuel doit se relever les manches de nouveau. Les tarifs de Trump et les menaces commerciales mettent les travailleuses et travailleurs du Canada en péril, et le gouvernement ne peut pas se croiser les bras devant cela. Il nous faut des investissements générationnels dans le logement et l’infrastructure publique — construits par une main-d’œuvre syndiquée à l’aide de matériaux faits au Canada — pour assurer de bons emplois et maintenir la prospérité ici au Canada », déclare Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada.

« On ne peut pas créer des emplois en en éliminant des milliers », ajoute madame Bruske. « Pas plus qu’on ne peut aider à la croissance de l’économie en réduisant les services publics. Les travailleuses et travailleurs ont besoin d’un budget qui investit dans les personnes et l’infrastructure publique. »

« Puisque le parlement est minoritaire, ce budget n’est pas un fait accompli et il n’est pas nécessaire de tenir une élection pour que la population canadienne le fasse savoir », dit madame Bruske, « Les syndicats du Canada demandent au gouvernement libéral de travailler avec les autres partis pour modifier le budget de manière à assurer les soutiens, les investissements et les protections dont les travailleuses et travailleurs ont besoin afin de résister aux tarifs douaniers étatsuniens, de protéger les emplois canadiens et d’assurer une sécurité économique durable. Il est temps que le parlement défende les travailleuses et travailleurs. »

Le budget comprend des mesures sur lesquelles il vaut la peine de faire fond, y compris l’affectation de milliards de dollars à la construction d’habitations et d’infrastructures, le doublement des fonds affectés au Programme pour la formation et l’innovation en milieu syndical et le nouveau crédit d’impôt de 1 100 $ pour les personnes préposées aux bénéficiaires. Ces investissements sont précisément du genre dont les travailleuses et travailleurs ont besoin, car ils renforcent les compétences, haussent les salaires et améliorent les soins.

Mais pour vraiment protéger les travailleuses et travailleurs et notre économie, il faut prendre plus de mesures de ce genre — et procéder à moins de coupures.

Le parlement doit s’unir pour modifier le budget afin qu’il protège les services publics, renforce les soins de santé, modernise l’assurance-emploi, voie à ce que le commerce soit assujetti au respect des normes du travail, élimine les échappatoires fiscales dont profitent les entreprises et procède à des investissements générationnels dans le logement, l’infrastructure et la production canadienne dont le Canada a besoin pour garantir notre avenir économique. Les travailleuses et travailleurs sont prêts à bâtir cet avenir — il est temps que notre gouvernement les appuie activement.

« Les travailleuses et travailleurs ont prouvé à maintes reprises qu’ils sont prêts à faire leur part pour rebâtir le Canada au besoin », conclut madame Bruske. « Il est temps que notre gouvernement adopte une détermination semblable — en défendant activement les travailleuses et travailleurs. »

SOURCE Congrès du travail du Canada (CTC)

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