Édition du 24 mai 2022

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Amérique centrale et du sud

16 jours d’activisme de Fanm Deside

Grâce au support de partenaires comme l’Ambassade de France, la Fondation Interaméricaine, Développement et Paix, Voix et Leadership des Femmes (VLF), Fanm Deside a organisé des activités de sensibilisation pour les 16 jours d’Activisme. Ces sensibilisations ont commencé le jeudi 25 novembre 2021 et ont pris fin le vendredi 10 décembre 2021. Les sensibilisations ont été organisées dans différents endroits et différentes communes du département du Sud-est comme Jacmel, Cayes-Jacmel et Marigot.

Des milliers de personnes, notamment des jeunes, ont été sensibilisées pendant ces 16 jours. Les activités réalisées sont au nombre de quatre : d’abord nous avons l’ouverture des 16 jours le 25 novembre avec une journée porte ouverte et une causerie dans les locaux de Fanm Deside et une émission spéciale pour cette occasion ; ensuite on a eu le dimanche 28 novembre 2021, une grande rencontre à la Mairie de Jacmel avec les hommes sur la thématique des violences basées sur le genre ; la troisième activité de Fanm Deside a été réalisée de concert avec l’artiste Jean Jean Roosevelt dans une grande sensibilisation de 2 jours, le mardi 30 novembre 2021 et le mercredi 1er décembre 2021, à l’intention des élèves dans 3 communes du Sud-est ; la dernière activité est la clôture des 16 jours le vendredi 10 décembre 2021 à Marigot.

Lors de la conférence de presse en début de matinée, la coordonnatrice de Fanm Deside, Marie Ange Noël, a condamné les inégalités sociales existant dans le pays et les vagues de déportation subies par les migrant(e)s haïtien(ne)s et demande à l’Etat d’assurer la sécurité et la protection de la population, spécialement les femmes et les filles, de renforcer les institutions comme la Justice et la Police, de contrôler et prendre des mesures contre les institutions qui renforcent les inégalités, faire appliquer les lois et les politiques qui garantissent les droits de la personne.
La causerie a été axée sur l’approche socioculturelle et juridique des violences de genre avec les interventions d’Emmanuela Paul, féministe et sociologue et de Me Rameau Colin, avocat de Fanm Deside. Plus d’une centaine de femmes et jeunes filles ont pris part à l’activité. Lors des échanges, la sociologue s’est accentuée sur les pratiques socioculturelles liées au système patriarcat qui instaure le cycle de la violence et ses systèmes de valeurs symboliques qui accouchent les violences de genre. Elle a aussi expliqué comment l’emprise des construits sociaux conditionnent les femmes à participer au cycle de reproduction de la violence. Les violences de différents types vont petit à petit sans qu’on s’en rende compte et les habitudes vont grandir chaque jour pour devenir des coutumes. Pour sa part, Me Rameau Colin a mis l’accent sur la volonté des femmes à poursuivre leurs agresseurs alors qu’elles sont souvent confrontées aux barrières traditionnelles attestant que la place de la femme est auprès de son mari ou conjoint. Alors que le fait de poursuivre un agresseur et le faire condamner permet la diminution du taux des violences.

Cette causerie a permis aux participantes d’avoir une meilleure compréhension de la thématique des violences basées sur le genre et les stratégies à utiliser pour éradiquer ce fléau qui représente un fardeau pour les femmes, les adolescentes et les filles.

C’était aussi l’occasion pour l’organisation Fanm Deside d’attiré l’attention des hommes à travers le Court métrage de marionnettes qui dénonce les violences faites aux femmes haïtiennes, TWA FEY. Le film est réalisé par deux femmes, Eléonore Coyette et Sephora Monteau. C’est l’histoire d’Esther, 6 ans, qui vit sa vie insouciante de petite fille jusqu’à ce que son père abuse d’elle. Une petite boîte apparaît alors dans sa vie et ne la quitte plus. Alors qu’elle tente de s’en débarrasser, elle découvre alors celle de sa mère, mais celle-ci ne la voit pas… jusqu’à sa rencontre avec Farah, sa codétenue en prison. TWA FEY c’est trois récits de femmes qui explorent les racines de l’identité, de la résilience et de la sororité.
Les participants ont donné leurs opinions sur le film et ont approfondi notamment en critiquant le rôle du voisinage, le manque de solidarité et d’entraide qui empêchent la diminution de la violence sur les femmes. L’harmonie dans les familles est un facteur important aussi dans la diminution des violences. La lenteur et le mauvais fonctionnent du système judiciaire donnent aussi raison aux agresseurs qui continuent à perpétrer leurs forfaits librement.
Ces échanges, avec Fanm Deside, ont permis aux participants de mieux connaître le travail des organisations féministes et défenseures des droits de la femme et des filles mais aussi d’être de bons acteurs dans la lutte pour diminuer ce fléau qui gangrène la société. En effet, la socialisation notamment dans les écoles, l’église, la famille, dans les médias à travers les musiques dénigrantes, empêchent à certains de faire le dépassement et de considérer que la femme a le même droit que l’homme, faire le dépassement en arrêtant de chosifier la femme.
Ce dépassement va provoquer un changement de comportement, un changement d’habitude, une autre qualité d’éducation pour corriger les vieilles mœurs ayant rapport aux droits des personnes, spécialement aux droits des femmes.

« Jenerasyon 2020 ann pale » et « Ann angaje n nan lit pou derasinen vyolans k ap fèt sou fanm ak tifi », ont été les principaux thèmes de cette sensibilisation. Plus de 1600 élèves du Nouveau Secondaire ont été sensibilisés aux enjeux de la violence et les aspects tendances qui incitent les jeunes à la débauche et la délinquance. Dans les médias et les réseaux sociaux notamment, il y a des musiques qui dénigrent les femmes et les jeunes. C’est dans cette optique que Fanm Deside a mis un point d’honneur sur les élèves pour attirer leur attention sur l’importance de l’éducation et des bonnes pratiques, en vue d’un meilleur demain. « Ou Paka Mete Filtè Sou Lekòl » est le leitmotiv de l’artiste Jean Jean Roosevelt pour montrer aux jeunes que l’éducation est la clé, que le paraître ne dure qu’un temps.
Les jeunes ont aussi opiné sur la problématique et l’échange a été très positif. Ils ont fait remarquer que les jeunes de cette génération qu’on dénigre sur les différents réseaux sociaux ont de grandes qualités. « Notre façon de nous habiller ne définit pas comment nous sommes, nous sommes conscient(e)s du problème. C’est notre devoir de travailler dur à l’école pour assurer notre avenir et celle de notre pays », ont-ils martelé. Fanm Deside va continuer ces séries de sensibilisation avec les jeunes, notamment les filles, pour qu’elles puissent connaître les violences de différents types qu’elles peuvent subir et surtout les dénoncer.
Parallèlement, pour célébrer la journée internationale de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) le vendredi 10 décembre 2021, l’organisation de la société civile a ficelé les 16 jours de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et aux filles avec une conférence-débat dans les locaux de la Salle Polyvalente à Marigot avec la participation d’une quarantaine d’acteurs et d’actrices venant de différentes institutions.
Cette activité a été déroulée autour du thème de l’égalité, l’inclusion et le respect de la personne comme éléments préventifs de conflits avec l’intervention de Lucia Antoine, Responsable d’animation dans l’organisation, suivie Me Frantz Comonce, Avocat du Barreau de Jacmel, professeur, spécialiste en droits humains, coordonnateur du Bureau d’Assistance Légal (BAL) et animée par Marie Julie Deronneth, Point Focal de Fanm Deside à Marigot.
Le thème retenu pour la journée mondiale des droits de la personne pour cette année est l’égalité faisant référence à l’Article 1 de la Déclaration Universelle des droits humains « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » et le slogan pour cette année est aussi « Tous humains, tous égaux ». C’est pourquoi Lucia Antoine mit aussi le sexe en disant que la loi ne fait pas de différence de sexe en matière de droits humains.
En effet, si autrefois, il y avait une loi discriminatoire par rapport sur les cas d’adultère notamment, cette loi a été abrogée et la définition du cas d’adultère prévaut pour les deux sexes nous dit Lucia Antoine. Me Frantz Comonce, pour sa part, a montré le pays a une population jeune majoritairement ; ces jeunes de 20 à 40 ans dépendent toujours de leurs parents et sont le plus souvent utilisés à des fins politiques notamment pour alimenter l’insécurité. L’égalité des chances pour les jeunes des deux sexes est un facteur important permettant de prévenir les conflits parce qu’il y a beaucoup d’exclusion et de persécution dans notre société, nous dit Me Comonce.
Certains participants ont donné leur opinion notamment sur la création d’un ministère de la famille permettant de plus sensibiliser les familles sur les violences basées sur le genre. Cette dernière activité compte parmi les différentes autres organisées par l’organisation durant la période des 16 jours d’activisme et Fanm Deside va toujours continuer à sensibiliser les gens afin d’éradiquer le fléau de violence sur les femmes et les filles dans la société.

Smith PRINVIL

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