Édition du 18 juin 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Électoralisme ou Révolution ?

Depuis sa « victoire » du 1er octobre 2018, Québec Solidaire se retrouve devant une question inévitable : Parti des urnes ou de la rue ? Le nombre de membres a considérablement augmenté dans les deux dernières années causées entre autres par l’arrivé de GND et continuera d’augmenter avec cette percée électorale à l’Assemblée Nationale. Il est tout à fait naturel pour un parti politique de vouloir le succès et de vouloir continuer à agrandir ses rangs mais pas à n’importe quel prix.

Comme dans plusieurs partis de « gauche », il faut être conscient-e que les forces électoralistes voudront pousser le parti en ce sens. La trahison par des composantes du parti pourrait arriver si les « électoralistes » prennent en charge le parti. C’est l’histoire de plusieurs partis tel que le PS français et le Labour Party sous Tony Blair ou plus récemment SYRIZA. La rupture avec un discours de classe signifierait la déconnection de l’aile parlementaire et de nos élu.e.s internes avec la classe laborieuse. Plus le parti grossit, plus il faut faire de l’éducation politique et de la formation et plus les membres sont formé.e.s et politiquement éduqué.e.s, plus il faut des instances de débats. « L’Agora Solidaire » manque grandement en cette époque les Facebook de ce monde se transforment en arène pour gladiateurs.

L’électoralisme considère qu’il faut subordonner certains des principes fondamentaux pour faire des gains électoraux. En quelques mots, la grande bourgeoisie n’aura éventuellement plus peur de QS si on continu à se vendre comme un parti réformiste et gentil.

Je ne remettrai pas en cause ici l’idée de la lutte parlementaire mais j’aimerais discuter du « à côté » de cette lutte. En qualité de socialiste et de républicain, je ne peux vous cacher que je milite dans ce parti afin qu’il ne soit pas un parti purement réformiste et aussi pour qu’un jour il en arrive à la conclusion que seul une Révolution des travailleuses et travailleurs saura renverser le capitalisme et instaurer notre démocratie. Nous devons affirmer notre rupture avec le discours identitaire et capitaliste néolibéral des partis bourgeois. Laissons l’interdiction du port des signes religieux et la Chambre de Commerce aux partis nationalo-identitaires bourgeois. QS doit donc s’investir dans toutes les luttes populaires et pas seulement par conférences de presse et capsules vidéo.

Le parti doit appeler par exemple à soutenir les grèves à travers le Québec, il doit s’investir sur les lignes de piquetages en mobilisant député.e.s et militant.e.s. Nous devons utiliser les espaces intersyndicales pour aider les personnes syndiqué.e.s à mener leurs luttes contre des directions syndicales qui sont dignes des bureaucrates. S’asseoir sur ses lauriers n’est pas l’attitude d’un parti de gauche. La lutte doit être son moteur principal et pour cela il doit renouer avec le monde « de la rue » dans toute sa diversité et sa complexité. Les associations locales doivent être aussi encouragées à développer des initiatives militantes entre chaque élection ; l’immobilité c’est le propre d’une bureaucratie.

En somme, là où la classe laborieuse et les étudiant.e.s sont en lutte, là où QS doit aller pour entendre les revendications et les solutions mais aussi pour persuader que nous n’avons rien à attendre du capitalisme. Le capitalisme c’est un rapport dominant-dominé et l’exploitation à tout prix des ressources de notre planète sans parler de destruction de notre écosystème, des guerres et des génocides de notre temps.

En conclusion, Québec Solidaire doit adopter un discours de classe qui s’oppose aux élites politiques, financières et économiques. Il doit être le parti de la rue. Notre moral et notre conception de la démocratie ne sont pas les mêmes que la classe capitaliste. La classe laborieuse est en perpétuel combat contre le capital et l’État et Québec Solidaire doit répondre présent et s’impliquer dans la lutte.

Adopter une posture électoraliste serait un signe de faiblesse au niveau des valeurs et des convictions et ouvrirait la porte à des usurpateurs-trices. La participation active des membres et le développement intellectuel critique des membres ne feraient que renforcer le parti. Avons-nous peur de nous-mêmes ? Avons-nous peur de découvrir qu’en fait nous sommes les seuls à pouvoir exercer le pouvoir pour nous-mêmes et dans nos intérêts ? Comme le disait ce fameux chant révolutionnaire socialiste « Il n’est pas de sauveurs Suprêmes Ni Dieu ni César ni Tribun (…) ».

Nous Vaincrons !

Charles-Vannak Dupin-Létourneau,
Étudiant en histoire,
Militant socialiste et républicain

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