Édition du 20 septembre 2022

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Féminisme

Femme : Adulte de sexe féminin

Depuis près d’un demi-siècle, des théoriciens ont fait des études du genre parlant des réalités sociales que vivent les femmes. Le féminisme provient historiquement des luttes des femmes discriminées sur la base de leur sexe. Elles ont été défavorisées par les législations, les pratiques sociales et religieuses, et le sont toujours autour du monde. Cinq féministes du Québec nous en parlent.

En 2022, les Québécois ont de plus en plus d’aisance à se déclarer femme. Depuis que cette notion est protégée par notre Charte des droits et libertés de la personne, cela affecte la sphère politique, mais possède également un fond sociétal. Tout récemment, nous avons banni les thérapies de conversions jugées néfastes envers les gens ayant une identité de genre qui diffère à leur sexe constaté à la naissance.

Le concept d’identité de genre a pris un tournant féministe depuis qu’on a intégré l’idée qu’on puisse changer de sexe avec une auto-déclaration et sans la nécessité à transitionner physiquement. Cela occasionne des impacts importants envers les droits des femmes, à des espaces et des programmes réservés. Les féministes universalistes et des féministes intersectionnelles ont des opinions opposées sur le sujet. D’un côté, on veut que le mot femme soit basé sur le sexe uniquement, de l’autre, qu’il soit inclusif pour tous ceux s’identifiant femme.

Tout le monde peut être officiellement de sexe féminin au Québec

Depuis un certain temps, n’importe qui peut changer de sexe au civil, s’il réside au Québec pendant un an. Des controverses reliées à ce nouveau droit font surfaces dans les médias d’ici.

Nadia El-Mabrouk du Droit des Enfants du Québec s’oppose au pouvoir de changer légalement la mention sexe sur les papiers d’identification des mineures. Elle s’y oppose puisqu’elle y perçoit une voie d’avenue pour une transition médicale à l’enfance, alors qu’elle recommande une approche prudente pour intervenir envers les jeunes souffrant de dysphorie du genre. Elle part du principe qu’on doit éviter d’intervenir auprès des enfants sans preuve qu’il n’y ait pas d’effets négatifs.

Céleste, militante, lutte activement pour que tout le monde puisse s’identifier femme au civil. Selon ielle, l’exigence d’une chirurgie pour s’identifier du sexe opposé sur ses documents doit demeurer abolie. Ielle explique que n’importe quelle personne devrait pouvoir changer sa mention sexe si elle le désire puisque cela peut réduire de beaucoup une détresse psychologique, ce qui améliore sa qualité de vie.

La féminité et être une femme

La dissociation du genre féminin et du sexe féminin est de plus en plus populaire comme mouvement de pensée. Cette séparation peut servir à distinguer l’image de la femme en comparaison avec sa biologie. Les féministes ont un point de vue varié sur les effets du concept de genre.

Annie-Ève Collin, professeure en philosophie, remarque qu’on présente de nos jours le genre féminin de deux façons. Parfois on le décrit comme un sentiment, comme si pour être une femme il suffisait de le penser. Et d’autres fois, on le décrit comme une construction sociale, celle-ci est objective et est basée sur les stéréotypes. Selon elle, cela tord le sens du mot femme, alors qu’il est nécessaire pour parler des discriminations visant le sexe féminin.

Nancy Aumais, professeure de management et membre de l’IREF, ne considère pas que le concept de « femme » même s’il fait référence à une réalité économique, sociale, juridique et culturelle constitue une catégorie robuste, aux contours bien définis et homogènes. Selon elle, le concept de « femme » inclurait plutôt une multiplicité de voix et d’expériences à l’intersection de différents rapports sociaux et comprendrait toutes les personnes qui s’identifient comme femmes.

Ghislaine Gendron est la coordonnatrice du Québec pour la Déclaration des Droits des Femmes fondés sur le sexe biologique (WDI). Selon elle, adhérer au concept que les femmes possèderaient une identité de genre féminin commune suppose que leurs comportements, les rôles et les fonctions sociales qui sont attendus d’elles sont inscrits dans leurs chromosomes, et que ces comportements les définissent.

Enfin, la définition du mot femme est encore débattue dans la sphère publique. Bien que sa définition officielle reste toujours celle d’adulte de sexe féminin, ce n’est pas la pensée dominante pour la nation québécoise. C’est l’essence du sexe en soi qui est remise en question. On requestionne l’origine du monde, à en confondre Adam avec Ève.

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