Édition du 30 novembre 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Forum social des peuples

Intervention de Patrick Bonin : se libérer des combustibles fossiles avant qu'il ne soit trop tard

Porte-parole et responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace au Québec, Patrick Bonin est une des têtes de proue des campagnes citoyennes contre les deux projets d’oléoducs (Énergie Est et Enbridge Ligne 9) visant à transporter le pétrole « sale » issu des sables bitumineux de l’Alberta vers les ports de l’océan Atlantique. Ce discours a été fait dans le cadre du Forum social des peuples samedi le 23 août 2014 à Ottawa.

Transcription - Presse-toi à gauche !

Ce que je vous proposerais, c’est un format échange, car je pense que c’est plus approprié dans le cadre d’un forum social et si je suis là pour vous parler de la lutte contre les changements climatiques et sur comment se débarrasser des combustibles fossiles, c’est parce que c’est pas encore fait. La situation vous la connaissez probablement et je vais en tracer les grandes lignes qui est extrêmement préoccupante et je n’ai pas la prétention d’avoir les solutions, parce que de toute évidence, on n’a pas encore gagné ce combat-là. Et je serais mal placé pour dire qu’on est en train de le gagner. Et l’idée au sortir d’ici, ce n’est pas d’avoir ce constat en tête, et de ressortir la tête basse. Mais c’est de sortir plus grand, de confronter nos idées s’il le faut et d’élaborer cette vision-là dont on a besoin.

J’aurais le goût de vous parler rapidement de William Reiss qui est professeur d’Université en Colombie-Britannique. C’est un des grands penseurs de ce qu’on a appelé l’empreinte écologique. Il a proposé un modèle pour calculer qu’elle est l’empreinte des êtres humains sur la planète. Est-ce que présentement c’est viable notre mode de vie ? Dans ces discours, une des choses qu’il amène souvent c’est que l’être humain est là aujourd’hui et l’être humain avant d’être sous sa forme actuelle, il a évolué. Et à l’époque des dinosaures, l’être humain c’était les rongeurs. Ce sont nos ancêtres lointains. Et les dinosaures de par leur nature occupaient l’espace et les rongeurs ne pouvaient sortir que la nuit parce qu’ils étaient beaucoup trop vulnérables. L’avenir n’était, pour eux, pas très rose, ce n’était pas un futur très prometteur, mais il a fallu un élément déclencheur, soit la disparition des dinosaures pour leur permettre de sortir de leurs grottes, pour leur permettre d’émerger et pour permettre à l’humanité ce qu’elle est aujourd’hui.

Tout ça pour dire c’est un peu là même chose que l’on veut faire en environnement avec le changement climatique. Ce qu’on veut c’est réussir à trouver ce petit point de bascule qui va nous permettre de passer d’une situation extrêmement non viable et problématique pour les générations futures et de trouver ce petit pourcentage de la population qui va nous amener à faire ça parce que le changement dont on n’a besoin, ce n’est pas vrai, j’aimerais que ce soit le cas, ce n’est pas vrai qu’il y a 99% des gens qui vont le faire, qui vont par leurs actions et leurs convictions inspirer les autres, qui vont être capables de montrer suffisamment de détermination pour faire changer les choses. Et c’est souvent comme ça que ça se produit en société.

Donc, actuellement, on a un enjeu où on n’a pas atteint cette masse critique. Et ce qu’on veut c’est éviter de tomber à un point de non-retour du point de vue du changement climatique. Ce qu’on veut c’est atteindre le point de bascule du point de vue de la mobilisation et non le point bascule du changement climatique où on s’en irait vers des changements climatiques catastrophiques. Et une des raisons principales pourquoi on n’a pas atteint cette masse critique, c’est que les changements climatiques sont encore vus comme étant une question environnementaliste. De moins en moins, j’en conviens, c’est vu comme ça, mais à la base ce sont les environnementalistes qui ont porté la cause des changements climatiques. Et ce qu’on se rend compte, c’est que ce n’est pas qu’une question d’environnement. C’est une question majeure en termes de justice sociale. C’est une question majeure en terme d’économie. C’est une question majeure en termes de droits humains, en termes d’avenir des générations futures. Et les préceptes de base et ceux qui ont porté cette cause-là et qui l’on mené et c’est correct que ce soit eux les environnementalistes, maintenant, ils ont besoin d’aide, ils ont besoin d’aller chercher cet appui plus large parce que de toute évidence les avancées ne sont pas assez vites comparativement aux défis que l’on doit relever.

Il y a une panoplie de manière de changer la société, de faire en sorte de lutter contre le changement climatique. Je vais en proposer quelques-unes. Il faut garder en tête ce qu”on appelle en anglais "les silvers bullets", des moyens uniques, parfaits, la solution pour nous faire changer les choses. C’est probablement une panoplie de solutions, une panoplie de gestes, une panoplie d’actions qui vont nous amener à ce point de bascule.

J’ai le goût de vous donner un exemple de mobilisation qui a été majeur. (...) Je fais référer à quelque chose qui est fort dans l’imaginaire québécois, c’est la mobilisation sur le projet du Suroît. Je vous rappelle que c’était le projet d’une centrale au gaz naturel proposé par Hydro-Québec et le gouvernement du Québec qui aurait augmenté les émissions de gaz à effet de serre de l’équivalent de 400 000 voitures au Québec s’il s’était réalisé. Ce projet-là a été proposé parle gouvernement, adopté et mis de l’avant. Et il y a eu une large coalition qui s’est mise rapidement en place, la Coalition Vert-Kyoto. Une coalition qui, de manière spontanée, à l’intérieur de deux semaines, a été créée par des militants qui étaient des environnementalistes, qui étaient dans des groupes environnementaux. D’autres n’étaient pas dans des groupes environnementaux. Ils militaient ou étaient d’anciens militants de partis politiques. Et ils ont mis en place la Coalition Vert-Kyoto qui était la coalition de plus de 50 organisations à l’intérieur de laquelle, il y avait évidemment les environnementalistes, il y avait des enseignants, il y avait des syndicats, il y avait même des partis politiques, il y avait des scientifiques, il y avait des groupes de citoyens. Donc, c’était une large coalition qui en deux semaines a réalisé ce qui était la plus grande mobilisation en environnement dans l’histoire du Québec. Cela s’est passé au mois de février 2004. Il y avait 7 000 personnes dans les rues de Montréal qui se sont mobilisées rapidement pour dire non à ce projet-là, on en veut pas de ce projet du Suroît, car d’un point de vue climatique, il était très problématique. Tellement problématique que, rapidement, les gens ont compris que cela n’avait pas de sens d’autant plus que le Québec, c’est le paradis des énergies vertes, c’est l’endroit au monde où on est le mieux placé pour faire cette transition économique et écologique. La mobilisation a porté fruit. La mobilisation a permis de bloquer ce projet du Suroît.

Mais la mobilisation a permis d’aller beaucoup plus loin. Pourquoi a-t-elle permis d’aller plus loin ? C’est parce qu’en s’opposant à ce projet du Suroît, les gens ont réussi à ouvrir la discussion sur les alternatives. Ils ont réussi à faire en sorte qu’on ait les premières analyses sur les potentiels éoliens au Québec. Ils ont réussi à faire qu’on ait les premiers appels d’offres sur l’éolien au Québec. Donc, que le Québec se lance dans la production d’énergies éoliennes qui était très marginale au Québec et que l’on devienne déjà une des figures de proue canadienne là-dedans. On pourrait parler d’éolien par la suite. Ce n’est pas parfait, j’en conviens, mais c’était un virage majeur et c’était les alternatives qui sont sorties.

Une autre chose qui est sortie du Suroît, c’est que les politiciens ont compris que la population était prête à se mobiliser sur la question des changements climatiques. Parce que le Suroît, essentiellement, c’était du gaz naturel, et le problème majeur en environnement c’était clairement la question des gaz à effet de serre avec cette centrale-là. Les politiciens ont compris ça. Et le message lancé au gouvernement était très clair et c’est ce qui a aidé à amener le premier plan d’action de lutte aux changements climatiques du gouvernement du Québec. Plan d’action qui est sorti en 2006 et qui portait sur 2006-2012 qui n’est pas parfait et qui n’a pas donné tous les résultats souhaités, mais qui a fait qu’on structurait la lutte au changement climatique au Québec.

La mobilisation a aussi permis que le Québec se dote d’une redevance sur les hydrocarbures, 0,08 cenne sur l’essence pour financer la lutte aux changements climatiques. Il a permis qu’on arrive au Québec au système de plafonnement et d’échange d’émissions, une bourse du carbone si vous voulez, qui met un prix sur le carbone, qui est encore une fois pas parfaite, qui permet d’avoir en Amérique du Nord parmi les politiques les plus progressistes au regard des autres États. Elle a aussi permis qu’on se fixe une cible pour 2020, que le Québec se donne une cible pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. On n’est pas en voie d’atteindre cette cible, loin de là. Vous voyez qu’il y a une panoplie de choses qui ont découlé, je conviens, que ce n’est pas juste le Suroît qui a fait ça. Mais ça a été un moment déclencheur important qui a mené à une panoplie de politiques et à une nouvelle vision au sein du gouvernement du Québec. Tout ça pour dire c’est que le point de bascule, c’est ce qu’on veut faire.

Ne pensez pas que tout ce qu’on fait dans la vie de tous les jours, les actions, les mobilisations qu’on est capable au même moment quelles sont les répercussions, car il y a plusieurs effets d’enchaîments, il y a parfois l’effet domino qui se produit et les gestes qu’on fait on n’a pas conscience à quel point cela peut changer les choses.

J’aurais tendance à vous parler du contexte canadien actuellement parce que vous savez très bien qu’on est dans une situation où il y a des élections qui s’en viennent. Il y a une situation où la population va être appelée aux urnes, à se prononcer et donc il faut comprendre ce que les Canadiens pensent. Là je vais me référer à un sondage très général. La priorité des Canadiens, sans grande surprise, c’est l’économie à 30%. Et c’est pas mal ça qu’on a dans les sondages depuis de nombreuses années. Et cela influence énormément le positionnement politique des partis, entre autres, le Parti conservateur, et vous savez un peu que lors des élections, les partis vont regarder les sondages et vont essayer d’aller chercher les votes en fonction de ce que les gens ont comme préoccupations. La deuxième préoccupation qu’on a pour les Canadiens et cela varie d’un sondage à l’autre, je prends le plus récent, c’est l’environnement à 10 % et qui est suivi immédiatement par la santé à 10%. Alors si on se met dans le cadre de pensée et de réflexion d’un gouvernement qui veut se faire réélire, il y a de fortes chances qu’il mise sur l’économie dans un premier temps, ce serait sa plate-forme centrale, sur l’environnement, sur la santé c’est encore à déterminer.

Un des objectifs c’est que les partis puissent arriver avec une vision économique dans laquelle l’environnement et la santé sont intégrés, qui fait en sorte qu’ils ne soient pas en opposition dans leur discours à ceux dont l’économie est la préoccupation principale. Et donc, l’idée c’est d’être capable d’influencer les partis pour que cette vision-là ne soit pas dans l’opposition qui a été trop longtemps en place, de l’économie, de l’écologie et de l’environnement. En particulier lorsque l’on parle de la question des changements climatiques et là je rentre dans la compréhension de comment on doit changer peut-être.

Les changements climatiques, cela vient de l’utilisation des hydrocarbures, ça vient de la révolution industrielle, le charbon en premier, le pétrole, le gaz. C’est ça qui est responsable des changements climatiques, des émissions de gaz à effet de serre. Et c’est aussi ça qui est responsable, l’utilisation du pétrole en autres, de problèmes de santé majeurs, l’équivalent de 2 000 personnes qui meurent de façon prématurée à Montréal chaque année en raison de la pollution de l’air, deux milliards que ça nous coûte en coût de santé par année, des 20 000 hospitalisations par année en raison de la mauvaise qualité de l’air. Et là on peut parler de toute la dimension économique, de ce que sont les vrais coûts du pétrole. Ce discours-là que le pétrole nous rend plus riches, il faut le déconstruire absolument.

Je reviendrai en arrière pour rappeler que si on veut changer des choses en changements climatiques, si on veut élargir la base, il faut s’assurer la base soit bien outillée pour comprendre l’ABC des changements climatiques. L’ABC qui n’est pas si compliqué. Je résume un peu : émission de CO2 jamais atteinte. Rappelez-vous certains faits et basez-vous sur la science. Car la science parle. Greepeace malgré le fait qu’on est une organisation militante, malgré qu’on est connu peut-être plus pour notre lutte et pour nos actions peut-être plus coup d’éclat de désobéissance civile. On a quand même une rigueur scientifique qu’on s’efforce d’appliquer. Et dans la question climatique, il est important de le faire, car la science est suffisante pour faire comprendre aux gens où on est rendu. Ce n’est pas Greenpeace qui parle, c’est l’ONU, ce n’est pas nous qui parlons, ce sont les scientifiques et c’est très, très clair.

Les émissions de C02 actuellement, vous l’avez peut-être entendu. On a tellement émis de C02, on a tellement brûlé d’hydrocarbures qu’on a une concentration dans l’atmosphère de 400 parties par million. Ça veut dire quoi 400 parties par million ? Ce veut dire quoi qu’il y a de plus en plus de C02, de plus en plus de gaz à effet de serre et donc cette couche de gaz à effet de serre agit littéralement comme une serre où on fait pousser des plantes. Et elle est de plus en plus épaisse cette couche-là et la planète se réchauffe de plus en plus. La planète retient les rayons du soleil comme le ferait une serre. 400 parties par million, on n’a jamais atteint ce niveau-là depuis 800 000 à 3 millions d’années. C’est pourquoi on est rendu à avoir plusieurs préoccupations des scientifiques parce que plusieurs nous disent qu’on ne devrait même pas avoir dépassé 350 parties par million. Et ça nous amène à quoi cette réalité-là ? Ça nous amène à avoir un réchauffement planétaire, un réchauffement planétaire de 4 à 5 degrés Celsius. 4 à 5 degrés Celsius, qu’est-ce que cela veut dire ? Essentiellement, la science nous dit qu’on ne devrait pas aller au-delà de 2 degrés Celsius. Ce sont les scientifiques qui s’entendent. Et même les politiciens ont signé, l’ensemble des pays des Nations Unies a signé des ententes pour dire qu’on va faire en sorte de ne pas dépasser ces deux degrés Celsius. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de ces deux degrés Celsius, on entre dans une zone où on ne sait pas ce qui va se passer avec la planète. On ne le sait d’une certaine manière. Car on risque de perdre le contrôle et d’avoir des bouleversements climatiques catastrophiques.

Présentement on s’en va vers 5 degrés Celsius. La science nous dit 2 degrés Celsius. Est-ce que cela parle aux gens. Pas nécessairement selon ce que j’ai vu comme sondages. Est-ce que cela va être suffisant pour que les gens disent, il faut que je m’implique, il faut faire bouger ça ? Malheureusement, j’en doute un peu parce qu’on en a déjà parlé et que ça n’a pas marché. Ce qu’on voit ce qui parle aux gens, c’est ce qui les intéresse, ce qui les touche directement, c’est ce qui rejoint leur préoccupation. Souvent, la préoccupation sur les changements climatiques, ce qui rejoint les gens, c’est ce qui va arriver localement chez nous. Il y en a qui vont être rejoint également par la question globale qui est extrêmement préoccupante aussi. La situation planétaire, l’accès à l’eau potable, les problèmes de sécheresse, les inondations à travers le monde. Mais malheureusement, cela ne semble pas être le facteur majeur d’influence pour les gens. Je vais vous en reparler, car il est extrêmement important de comprendre les impacts au niveau global, car ce sont eux les plus préoccupants. Ce que je dis, c’est que dépendant à qui on s’adresse, il faut être conscient que cette personne ou cette organisation-là risque d’être plus portée à agir si on travaille sur ses préoccupations.

Les gens sont préoccupés par les changements climatiques parce que cela va augmenter les événements extrêmes. Les événements extrêmes, qu’est-ce qu’on a eu au Canada ? Des inondations. Au Québec, on va parler par exemple des inondations au Saguenay dont les gens se souviennent. De St-Jean-sur-Richelieu. Les gens se souviennent des inondations de St-Jean-sur-Richelieu. Cela risque d’augmenter les périodes de sécheresse. Qu’est-ce que cela crée comme problèmes ? On l’a vu avec la rivière des Mille-Îles. La rivière des Mille-Îles était tellement basse, source d’approvisionnement en eau potable pour toutes les municipalités sur la rive au nord de Montréal. Il a fallu dynamiter le fond de la rivière pour être capable d’assurer suffisamment d’eau pour prélever l’eau potable pour les municipalités. Sécheresse pour les agriculteurs. Dans l’Outaouais, si je ne m’abuse, il a fallu faire venir du foin en train de l’ouest canadien pour alimenter le bétail parce qu’on avait eu une sécheresse cette année-là. Et il y avait eu un problème au niveau de la récolte. Il y a une réalité au niveau du Bas du fleuve, au niveau des zones côtières où le réchauffement climatique fait qu’il y a moins de glace en hiver et qu’il y a une augmentation des tempêtes hivernales, donc de l’érosion côtière, des problèmes sur les infrastructures, des problèmes sur les habitations en bordure. Donc, il y a une préoccupation pour eux. C’est la même chose pour les Îles-de-la-Madeleine. Les changements climatiques, on parle également du verglas potentiel comme type d’événement marquant.

On parle aussi du point de vue pancanadien d’enjeux majeurs pour le Nord qui moins près de nous, mais c’est tout de même l’endroit à travers la planète qui va subir les plus grands impacts des changements climatiques. Et là on parle d’un réchauffement de 7 à 11 degrés en Arctique. Je ne sais pas si vous savez ce que cela veut dire ? Mais ça veut dire bye bye la banquise. On a déjà eu en 2012, l’année où la banquise avait fondu le plus depuis qu’on prend les relevés de la banquise, donc de la calotte polaire. La calotte en 2012 avait fondu de 50% en terme de superficie, de 75% en terme de quantité quand on regarde la profondeur et l’épaisseur de la glace. Et ça est là qu’on arrive dans les effets les plus préoccupants. Cette boucle de rétroaction, d’effets pervers qui préoccupent les gens par rapport aux changements climatiques. À quoi sert la banquise ? À une multitude de choses. Ce que fait la banquise, c’est qu’elle reflète les rayons solaires dans l’atmosphère. Les rayons solaires frappent la banquise et ils repartent dans l’atmosphère. Avec la fonte de la banquise, une partie de ses rayons solaires pénètrent dans l’océan et réchauffent la planète au lieu de se retrouver dans l’atmosphère. On a ce qu’on appelle des boucles de rétroactions, des boucles d’enchaînements, ou des cercles vicieux si vous voulez. Plus il fait chaud, plus la banquise fond, plus la banquise fond, moins elle reflète le soleil, plus la planète se réchauffe, parce qu’ils sont absorbés. On a la même chose en ce qui concerne les forêts. Plus il fait chaud, plus il y a un réchauffement et de sécheresse potentielle en forêt et des risques de feu de forêt. Et quand le bois brûle plus on a démissions de C02 qui réchauffe la planète. On a la même chose avec le pergélisol ou le permafrost : le sol gelé de façon permanente dans le Nord. Avec la fonte du pergélisol, il y a un dégagement de méthane qui est un puissant gaz à effet de serre qui est rejeté. Plus le pergélisol fond, plus le méthane est relâché et plus on augmente les émissions de gaz à effet de serre et plus on fait fondre le sol. Et c’est ça que les scientifiques craignent. C’est ce type d’effets pervers qui nous amènent dans une situation complètement catastrophique.

Actuellement, avec le 4 degrés, et malgré les incertitudes, et ce sont des prévisions, les changements climatiques vont nous faire reculer par rapport à tous les gains qui ont été faits dans l’accès à l’eau potable au niveau mondial, par rapport à tous les gains qui ont été faits par rapport à la lutte contre malnutrition parce qu’il va y avoir des enjeux par rapport à l’accès à l’eau potable. On a un milliard d’êtres humains qui n’ont pas accès à l’eau potable actuellement, le réchauffement climatique risque d’en ajouter un autre milliard qui n’aura pas accès à l’eau potable. Il y a un milliard d’êtres humains qui souffrent de malnutrition. Les changements risquent d’augmenter d’un près d’un milliard d’êtres humains ceux qui n’ont pas accès à la nourriture en quantité suffisante sur terre. Je ne vous parle pas de réfugiés climatiques où des centaines de millions de personnes risquent de voir se déplacer en raison des sécheresses et de l’augmentation du niveau de la mer qui va clairement se produire. La question est à quelle vitesse elle se produira. D’un point de vue mondial, on parle d’une catastrophe qui est incommensurable d’un point de vue droits humains, d’un point vue justice sociale, d’un point de vue humanitaire.

Du point de vue canadien, on a la chance d’être en mesure de s’adapter un peu plus face aux impacts parce que malheureusement ceux qui vont être frappé le plus par les changements climatiques ce sont les pays en développement. Au Canada, on parle quand même de cinq milliards les coûts des changements climatiques d’ici 2020. Cinq milliards, c’est la Table ronde nationale sur l’économie et l’environnement qui a été abolie par le gouvernement Harper qui a chiffré ça d’ici 2020. Ce qu’elle nous dit aussi, on parle environ de 40 milliards le coût des changements climatiques d’ici 2050. Ça, ce sont des coûts pour les Canadiens dont on ne parle pas, qu’on va devoir subir et qui seront plus élevés, moins ont agi et plus on tarde à agir. Évidemment quand on a parlé de ces impacts-là, et je vous ai brossé un portrait relativement rapide et imparfait, mais on pourra en discuter.

Il faut faire en sorte que les gens gardent espoir. Car si on leur dit les changements climatiques ça s’en vient, on s’en va dans le mur, on va mourir tout le monde, les gens vont prendre leurs cliques et leurs claques et ils vont aller se faire un beau party et ils perdent l’espoir qu’ils peuvent agir sur la situation. Quand on regarde les études de l’ONU, l’an passé on a eu l’étude du Groupe intergouvernemental sur le climat, le GIECC qui est une instance onusienne, plus ou moins. Il nous dit on s’en va vers un réchauffement de 4 à 5 degrés, mais ils nous disent aussi c’est possible de limiter le réchauffement planétaire à deux degrés Celsius. C’est possible, souhaitable, faisable, mais il faut le faire rapidement. Il faut agir rapidement surtout. Comment ? C’est bien simple. D’ici 2020, les émissions mondiales commencent à réduire. On plafonne les émissions mondiales et qu’elles commencent à réduire ces émissions pour arriver à peu près à zéro en 2070. Évidemment s’il faut qu’on plafonne les émissions mondiales, cela implique que les pays développés qui se sont engagés à prendre la direction dans la lutte aux changements climatiques. En 2020, cela veut dire que ces pays-là, vont en train depuis longtemps de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Au Canada on augmente un peu petit peu ou on est stable, on est très loin de réduire nos émissions. Encore une fois, c’est possible d’atteindre cet objectif. Si on attend, si on ne plafonne pas en 2020, si on plafonne en 2050, ça veut dire qu’on augmente le fardeau de réduction par la suite. C’est-à-dire qu’il va falloir réduire encore plus vite et plus tard, ce qui va nous coûter encore plus cher.

Je vous dirai il y a une réalité. On n’a pas le choix de bouger, de bouger rapidement. Et on ne peut faire abstraction de ce qui se passe au Canada. Il faut que l’on prenne le leadership, qu’on soit parmi les meilleurs. Il faut du moins que les pays industrialisés prennent le leadership. Il faut clairement que le gouvernement canadien change d’attitude. Depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir en 2006, les conservateurs - cela pourrait être un autre parti - c’est vraiment la vision néolibérale à son meilleur de déréglementation, de subventions aux compagnies pétrolières dans le but d’avoir une nouvelle vision économique canadienne qui a toujours été basée ou presque sur l’exploitation des ressources naturelles, qui a pris un renforcement majeur au niveau de l’énergie avec l’intention de devenir une superpuissance énergétique.

Pour y arriver, les Conservateurs, il est important de garder en tête ce qu’ils ont fait, car on s’en va dans des élections bientôt. Il faut être en mesure de faire comprendre aux gens pourquoi il y a de l’opposition face à ce parti-là. C’est le parti - et tout autre parti qui adhérait à cette vision-là il faudrait s’y opposer - après ça on rentre dans le débat stratégique et c’est une autre chose - les gens doivent se rappeler que le Parti conservateur continue à subventionner les pétrolières un milliard $ par année. Il a passé des projets de loi mammouth en 2012 qui, sur 450 pages contenaient, 130 pages sur l’environnement, modifiaient le cadre législatif canadien, la loi canadienne sur les évaluations environnementales, sur les espèces menacées, sur la navigation, sur l’Office National de l’Énergie. On s’est retiré du protocole de Kyoto. L’ensemble de ces mesures vise une chose : favoriser la mise en place et l’adoption rapide de projets énergétiques.

Essentiellement la base de la vision économique : le développement des sables bitumineux, de doubler ou presque la production d’ici 2020, de la tripler d’ici 2035. Pour y arriver, ils ont besoin de projets de pipelines de sables bitumineux. Ils ont besoin de sortir le pétrole par trains, car ils n’ont plus assez de capacité de transport pour sortir ce pétrole-là de l’ouest canadien surtout s’ils veulent doubler, voire tripler la production énergétique. Cette déréglementation-là, cette modification du cadre législatif, les subventions qui perdurent aux niveaux de ces industries polluantes visent à arriver à cette vision économique.

Quand on comprend cette vision économique, il est clair qu’il faut faire comprendre aux gens qu’au Canada on ne peut pas doubler ou tripler notre production de sables bitumineux et arriver à faire notre juste part dans la lutte aux changements climatiques. Actuellement, on est un des pires pays sinon le pire pays selon plusieurs études dans la lutte aux changements climatiques.

On a une réalité mondiale que pour atteindre les 2 degrés Celsius selon ce que nous disent les instances, ce que nous dit l’ONU, ce que nous dit l’Agence Internationale de l’Énergie, ce que nous dit même indirectement la Banque Mondiale, c’est qu’il faut garder les deux tiers des combustibles fossiles sous terre. Il y a trop de combustibles fossiles sur la planète. Si on les brûle tous, on s’en va vers les 5 et 6 degrés Celsius. Le seul moyen c’est de rester sous terre les deux tiers des combustibles fossiles et cela commence par les plus polluants et les plus problématiques nommément les sables bitumineux, ces types d’hydrocarbures extrêmes. Vous pouvez parler de sables bitumineux, mais également de pétrole de schiste, de gaz de schiste. Et si on ne commence pas de manière à conserver ces combustibles-là sous terre, c’est sûr qu’on n’y arrivera pas. C’est qu’on va se mettre dans une situation où il sera pratiquement impossible d’y arriver.

Comment on fait pour sortir de cette dynamique là, une fois qu’on a compris ça. Vous êtes des citoyens et des représentants d’organisation. Ce message-là doit percoler dans les organisations. Le mode de développement économique actuel proposé nous amène dans la mauvaise direction pour une panoplie de raisons et j’en ai mentionné quelques-unes et on doit regarder l’alternative et on doit favoriser l’alternative.

Les alternatives pancanadiennes, elles sont là autant au niveau de la production énergétique. Je parlais des subventions aux pétrolières, je parlais d’un milliard de dollars au pétrole et au gaz au Canada alors qu’on n’a rien ou à peu près rien au niveau des énergies renouvelables. D’un point de vue mondial, c’est la même chose. Il y a à peu près six fois plus de subventions au niveau des hydrocarbures comparativement aux énergies vertes. Ce que les instances internationales considèrent c’est que si on enlève les subventions aux combustibles fossiles qui sont de l’ordre de 700 milliards au niveau international, subventions à la production et à la consommation. Ce sont 700 milliards par année qu’on a en subventions aux combustibles fossiles. Si on enlève ces subventions, on a déjà atteint de 25 à probablement 50% de nos réductions qu’on doit faire parce qu’en enlevant les subventions, on enlève ce biais-là qui existe au niveau des combustibles fossiles. Le système réglementaire actuel ne les réglemente pas. Le gouvernement canadien actuel ne réglemente pas la production du pétrole et gaz malgré que cela fait sept ans qu’on nous dit qu’ils vont réglementer. C’est pas vrai. On n’a pas de réglementation. Ce secteur-là de pétrole et gaz est rendu à lui seul plus important seul au niveau des émissions de gaz de serre que l’ensemble du secteur des transports. Juste la production du pétrole et gaz au Canada, c’est plus que les émissions du transport sur route et tout transport confondu. Ils veulent doubler et tripler cette production-là, essentiellement les sables bitumineux d’ici 2035.

C’est sûr que j’ai le goût de vous dire que dans votre vie de tous les jours en tant que citoyen vous devez faire preuve de cohérence parce que cette nécessité de convaincre, d’informer, de sensibiliser, d’éduquer les gens, cela ne fonctionnera pas d’essayer de convaincre quelqu’un si vous faites exactement le contraire... En terme d’empreinte écologique dont je vous ai parlé, si tout le monde sur la planète vivait et consommait comme les Canadiens, ça prendrait trois planètes Terre. Heureusement, ce n’est pas tout le monde, qui, actuellement, consomme comme les Canadiens. On aurait besoin 1,5 planète Terre pour répondre à nos besoins actuels. On est déjà au niveau mondial en surconsommation, en empreinte écologique trop grande parce que les pays industrialisés comme le Canada, on est déjà à 3,5 planètes Terre. Le Québec ne fait pas exception. Il est à 3 planètes Terre en terme d’empreinte écologique. Il est certain qu’il faut agir d’un point de vue individuel, mais il faut également que nos gouvernements soient en mesure de mettre les lois, la coercition et des modes d’incitation pour être capable d’arriver à ces niveaux là. Car on ne peut pas faire reposer sur l’ensemble de la masse le changement. Oui, il y a une partie qui doit être faite. Mais ça prend aussi des gens et ils le sont, qui sont payés pour gouverner, pour travailler au niveau international. Et actuellement, on n’est pas là du tout au niveau canadien.

Je vous dirais qu’il y a tout un travail à faire d’un point de vue d’implication citoyenne et j’inclus au niveau municipal, provincial et fédéral. Le point de vue fédéral est important, car on s’en va vers des élections à court terme et au Québec, il faut travailler dans les circonscriptions où il y a des chances que les Conservateurs passent. Il y en à 5 au Québec. Les gens doivent comprendre que les politiques actuelles nous font reculer, nous et les générations futures. Le démantèlement des protections environnementales, on va être pris pendant plusieurs années avec ça au Canada. Et actuellement toutes les infrastructures en lien avec les énergies polluantes, on va être pris pendant plusieurs années avec ces infrastructures.

Je vous donne un exemple. Vous avez peut-être entendu parler du projet de pipeline Énergie Est
qui transporterait le pétrole des sables bitumineux. Il transporterait 1,1 million de barils par jour. C’est un projet qui risque de voir le jour si on ne fait rien d’ici deux ans. Ce projet à lui seul (transportera) 1,1 de barils de pétrole par jour. C’est à peu près 60% du pétrole canadien qui pourrait être mise dans ce pipeline-là qui vise à l’exportation.

Vous pouvez être certain que si on laisse aller des projets du genre et qu’on ne fait rien, on va être pris pendant 50 ans avec un pipeline qui va permettre d’augmenter de quasiment 60% de sables bitumineux. Ce pipeline de 1,1 million de barils par jour juste pour le produire en Alberta, parce que c’est du sable bitumineux, parce que c’est extrêmement difficile à produire, parce que c’est trois à quatre fois plus polluant la production de sables bitumineux que le pétrole conventionnel. Juste pour produire 1,1 million de barils, c’est l’équivalent en termes d’émissions de gaz à effet de serre, d’augmenter sur les routes 7 millions de voitures au Canada. Un pipeline, 7 millions de véhicules. Cela veut dire que l’ensemble des initiatives provinciales, tous vos petits gestes quotidiens que vous avez faits, cela va être annulé clairement juste par un projet parce qu’en terme de pollution c’est sept millions de véhicules de plus. Il est sur qu’il faut qu’on se serve de ces éléments là pour bloquer les projets qui n’ont pas de bon sens parce que sinon, on n’y arrivera pas. Ils l’ont fait aux États-Unis. Ils l’ont fait en Colombie-Britannique.

Keystone-XL aux États-Unis c’est un projet similaire. Il n’y a jamais eu de mobilisations si importantes aux États-Unis. Il n’y a jamais eu 1 200 personnes qui se font arrêter de façon volontaire : des scientifiques, des acteurs, des syndicalistes, des citoyens pour dire non, on n’en veut pas de ce projet de pipeline. Il y a eu la plus grande manifestation (sur la question) de l’histoire des États-Unis, 50 000 personnes pour bloquer ce projet. Il y a eu la même chose en Colombie-Britannique, vous l’avez vu, sur la côte ouest, Northern Gateway qui est bloqué. 130 communautés des Premières nations se sont opposées. Et ces projets permettent de sensibiliser les gens, nous permettent d’aller chercher des gens qui ne sont pas sensibilisés à la question climatique. Ce qui a dans un premier temps sensibilisé les gens, c’est le risque local de déversement. C’est cela qui a permis de sensibiliser. Évidemment, il y en a d’autres qui parlent de changements climatiques. Face à cette menace-là, les gens ont pris conscience du problème.

Ils ont été sensibilisés à la question climatique et c’est devenu l’enjeu majeur pour le climat aux États-Unis. On s’est servi de sensibilisation des gens pour qu’ils comprennent également les autres enjeux. Et c’est rendu que le président Barak Obama ne peut plus donner son accord à ce projet de pipeline s’il n’est pas certain que d’un point de vue climatique c’est acceptable. D’où l’idée de bloquer les projets, de s’en servir également parce que ça rejoint les gens pour amener la mobilisation plus loin.

Ça amène à comprendre et prendre les bonnes cibles parce que si on est en train de perdre la guerre dans la lutte aux changements climatiques, qu’on est en train de s’éparpiller et que vous passez votre journée à cogner aux vitres des gens qui laissent leur véhicule rouler - je ne dis pas que c’est une mauvaise chose à faire - vous n’êtes pas en train de faire d’autre chose. Et comme organisation, il faut être en mesure de cibler et de travailler sur les plus grandes menaces. Il faut travailler avec les autres organisations pour voir si les autres organisations travaillent sur ces enjeux-là. Est-ce que le matériel est déjà disponible, je n’ai pas à le refaire, pour ne pas dédoubler, on ne peut se permettre d’être compétitif dans le but qui doit être commun à tout le monde.

Il y a un enjeu incontournable, c’est celui des investissements financiers dans les compagnies d’hydrocarbures, pétrolières, gazières, charbon. Au moment, où on sait qu’on ne peut brûler tous les hydrocarbures que les deux tiers voire les trois quarts des hydrocarbures doivent rester sous terre, il est sûr d’un point de vue personnel, vos investissements - commencez à vous poser la question - où est votre argent et est-ce que vous encouragez ce mode-là. Posez la question, est-ce qu’il a des investissements qui sont faits actuellement par vos employeurs, par vos fonds de retraite, par vos gouvernements, par la Caisse de dépôt et placement qui sont en train d’encourager cette industrie-là alors que l’argent devrait aller ailleurs, alors qu’on a besoin d’une transition, alors qu’on a tout à gagner dans cette transition énergétique. (...)

L’éducation c’est central, c’est la base. C’est inconcevable que les étudiants et les élèves n’aient pas dans leur curriculum, de manière formelle, la question des changements climatiques. Les enseignants doivent être formés sur cette question là ou du moins être éduqués parce que l’enjeu est majeur et que cela se passe sur le dos des générations futures actuellement. Le système d’éducation formel et informel doit absolument intégrer ça parce que c’est aussi important de bloquer des projets que de travailler à long terme. Et la question de l’éducation, la compréhension de ce pourquoi on est face à cette situation , il faut rejoindre les gens avec ça. Je vous dirais qu’il y a plusieurs choses qui se passent. Ne réinventez pas la roue. Il y a déjà plusieurs organisations citoyennes qui sont très actives. Sur la question dss pipelines, il y a des Coules pas chez nous, des Stop-Oléoducs qui ont été créés au Québec, des organisations environnementales qui sont déjà là. Vous pouvez construire vos propres organisations, je suis loin d’être contre ça. Tentez de vous impliquer de la manière dont vous pouvez le faire et supportez les organisations qui sont capables de le faire. Je vous dirais qu’il faut être prêt à choquer dans peu de temps. Vous savez Greenpeace, on a la vilaine tendance de faire de la désobéissance civile. Vilaine c’est une blague. Mais il y a des moments dans l’histoire de l’humanité où on doit être prêt à s’opposer lorsque les lois sont complètement illégitimes, lorsque les gouvernements ne sont plus là pour faire le travail qu’ils doivent faire. D’un point de vue climatique, c’est là qu’on est rendu. Les 1 200 personnes qui se sont fait arrêter sur le projet de Keystone XL, c’est là qu’ils étaient rendus. Je crois que sur la côte ouest, les gens qui étaient prêts à se faire arrêter pour bloquer le projet de pipeline, c’est là qu’ils étaient rendus. Il faut qu’on commence à envisager une panoplie de moyens toujours non violents parce qu’on commence à manquer de temps et aussi parce qu’il faut être capable d’ouvrir cette brèche-là et faire comprendre aux gens que la situation est alarmante, que des solutions existent et que les alternatives sont là et qu’actuellement on a un gouvernement qui est en train de nous amener dans le mur, j’entends les Conservateurs. Mais regardez également du côté provincial, c’est préoccupant ce qui se passe au niveau du Québec. Les autres partis fédéraux sont préoccupants à plusieurs niveaux.

Je pense qu’on peut faire autant dans la mobilisation que ce qui s’est passé aux États-Unis que sur la côte ouest qu’au Québec sur le Suroît ou sur les gaz de schiste ett que la situation le commande avec énergie .

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