Édition du 15 décembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Opinion

Je voterai QS

et le Bloc vient de me perdre

À 18 ans, j’ai voté pour la première fois à une élection provinciale. C’était en 1973. Issue d’un milieu populaire, conscientisée et politisée, jeune et désirant changer le monde, j’ai évidemment opté pour le seul parti nationaliste et de gauche de l’époque : le PQ.

Aux prochaines élections provinciales, 34 ans plus tard, je voterai pour le seul parti souverainiste, de gauche, environnementaliste, écologiste, féministe et altermondialiste : QS. Seul parti défendant mes valeurs et mes principes de gauche et non plus faussement de « centre-gauche ». On ne pourra pas dire que je suis jeune ou obscurément attachée au passé !

Il n’est pas besoin de longue démonstration pour affirmer que le PQ, et au premier chef son chef est maintenant un parti qui s’aligne résolument à droite. Pas nécessaire non plus de démontrer que le discours portant sur la dramatique division du vote souverainiste ne tient pas la route.

Québec solidaire s’affirme de plus en plus, et de façon convaincante, comme un parti national. Fort de 22 % du vote à l’élection partielle de Ste-Marie-St-Jacques, où se présentait notre première candidate Manon Massé, présent déjà dans 60 comtés, Québec solidaire demeure pour plusieurs d’entre nous le seul parti du bien commun et le seul parti de gauche au Québec.

Auparavant, lorsqu’on votait PQ à Québec, on votait BQ à Ottawa. Maintenant, lorsqu’on votera QS à Québec on aura de sérieuses difficultés à voter BQ à Ottawa. Solidaires au Québec et réactionnaires à Ottawa ? Inconciliable.

Un appui au budget de Stephen Harper, un appui à la présence du Canada en Afganistan malgré l’opposition du Québec, un net recul face au protocole de Kyoto et un rêve éveillé de rééquilibrage fiscal, voilà d’évidentes raisons qui nous verront refuser un appui au Bloc. Un vote pour le Bloc nous apparaîtrait dans ce contexte un choix hasardeux.

Le % de voix nécessaire imposé par les Européens à l’indépendance du Monténégro nous a fait songer à la loi sur la supposée clarté référendaire. De plus, une majorité de 0,5 % nous a rappelé de douloureux souvenirs.

Les temps changent, l’échiquier politique aussi. Nos choix « obligés » doivent être revus et corrigés.

Louise Larocque

Mots-clés : Opinion Québec

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