Édition du 6 avril 2021

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Québec

Le FRAPRU demande à la ministre Andrée Laforest de défendre le logement social en vue du prochain budget

Alors que les besoins de logements sociaux sont actuellement criants, le FRAPRU est déçu que Québec n’ait pas ajouté d’investissements, ni annoncé l’utilisation des sommes obtenues du fédéral dans sa mise à jour économique d’hier. « C’était le minimum espéré », souligne sa porte-parole, Véronique Laflamme.

Au terme d’une semaine d’actions au cours de laquelle des affiches surdimensionnées rappelant l’urgence d’investir dans le logement social ont été installées dans plusieurs ville par des membres du FRAPRU, les porte-parole des 3 partis d’opposition se verront confier dans les prochains jours un message à remettre en main propre à la ministre Andrée Laforest. Cela a été fait cet après-midi, pour Andres Fontecilla, de Québec solidaire, à l’occasion d’un rassemblement organisé par l’Association des locataires de Villeray sur le site de l’ancien Hôpital Chinois, un site réservé à un projet de logement social qui ne pourra pas voir le jour sans nouveaux investissements du gouvernement québécois. Lundi, le Comité logement Rimouski fera de même pour Harold Lebel, du Parti québécois, à Rimouski, et le Comité logement Rive-Sud pour Marie-Claude Nichols, du Parti libéral du Québec, à Vaudreuil-Dorion.

Rappelant que la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, affirmait encore récemment que l’habitation est une priorité pour son gouvernement, le regroupement pour le droit au logement souhaitait un signal clair en faveur du développement du logement social dans la mise à jour économique, puisque les retombées de la construction de logement sociaux dans l’économie locale sont connues.

Le FRAPRU compte notamment sur l’ajout de sommes qui pourraient permettre de compléter le financement des 12 500 logements sociaux budgétés par les gouvernements antérieurs, mais toujours pas construits, ce que la Coalition avenir Québec s’est engagée à faire à l’intérieur de son premier mandat.

Alors que la pénurie de logements, la hausse importante du coût des loyers, la spéculation et la pandémie ont fragilisé la situation de nombreux locataires, l’organisation demande aussi que de nouvelles unités soient annoncées dans le programme AccèsLogis. « Vu les contributions fédérales récemment obtenues pour les priorités du Québec en habitation, les ménages mal-logés sont en droit d’avoir enfin des réponses à leurs besoins », soutient Véronique Laflamme. Le FRAPRU rappelle que dans plusieurs municipalités, le développement de projets d’habitation sociale est freiné par le refus de Québec de lancer une nouvelle programmation. D’ailleurs, selon l’Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ), des projets totalisant 10 000 logements qui sont actuellement en attente de financement. Cette demande est également portée par les 227 municipalités ont adopté des résolutions à l’initiative de l’AGRTQ, demandant à Québec d’augmenter le financement dédié à la réalisation de nouveaux logement sociaux dans le cadre du programme AccèsLogis.

La porte-parole du FRAPRU rappelle qu’en absence d’alternatives, les locataires pauvres en recherche de logement se retrouve dans une situation intenable. « Dans plusieurs secteurs, les ménages qui ont dû signer un bail récemment ont vu les loyers exploser ; les logements familiaux sont particulièrement rares et de trop nombreuses familles doivent demeurer dans un logement surpeuplé ou insalubre », souligne-t-elle. « Au Québec, 195 000 ménages locataires paient plus de 50% de leurs revenus pour se loger, au détriment de leurs autres besoins essentiels ; 38 000 ménages locataires sont en attente pour un logement public subventionné et désespèrent de devoir attendre des mois, voire des années pour y avoir accès », ajoute la porte-parole. Cela illustre selon elle l’insuffisance du filet social en matière de logement.

Le FRAPRU réclame dans le prochain budget d’Éric Girard des sommes suffisantes, non seulement pour réaliser les logements sociaux déjà promis, mais également pour lancer une programmation pluriannuelle, ce qui permettrait au Québec de se doter d’une vision à long terme pour sortir définitivement de la crise du logement. Selon lui, il faut déjà prévoir au cours des cinq prochaines années un grand chantier de 50 000 logements sociaux. « Le Québec a les moyens de faire bien mieux et plus. La Colombie-Britannique s’est dotée en 2018 d’un plan de 114 000 logements en 10 ans, dont 25 000 seraient déjà réalisés ou en voie de l’être. Pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant ici ? », conclut Véronique Laflamme.

L’organisation invite par ailleurs la population à signer la pétition lancée hier par la Coalition Main rouge demandant des investissements pour renforcer le filet social et permettre à la population d’être mieux protégée contre les crises, non seulement celle du logement, mais sanitaire, climatique et économique. Avec la Coalition, le FRAPRU presse Québec d’adopter une fiscalité plus progressive en faisant contribuer davantage les plus riches et les grands entreprises et de mettre en œuvre une relance porteuse de plus de justice sociale.

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