Édition du 18 juin 2019

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Québec

Rémunération dans la fonction publique : Au sujet d’un courriel envoyé au président du Conseil du trésor du gouvernement du Québec

La hausse à venir (pour les salarié.e.s de l’Etat) pour 2019 est égale à un famélique 0% + un montant forfaitaire de 250,00$. Pour ce qui est de la relativité salariale, qui sera accordée à une partie des salariéEs, mentionnons que cette relativité ne correspond pas à une hausse de salaire.

Le 25 février dernier j’envoyais le courriel suivant à monsieur Christian Dubé, président du Conseil du trésor du gouvernement du Québec.

« Monsieur le ministre,

Je viens d’écouter (samedi le 23 février 2019) "Faut pas croire tout ce que l’on dit" à la Première chaîne de Radio-Canada. Il a été question des surplus budgétaires du Gouvernement du Québec. Hélas, parmi les invités, personne n’a mentionné que ces surplus existent aussi en raison de la faible rémunération des salariéEs syndiquéEs des secteurs public et parapublic. La hausse à venir pour 2019 est égale à un famélique 0% + un montant forfaitaire de 250,00$. Pour ce qui est de la relativité salariale, qui sera accordée à une partie des salariéEs, mentionnons que cette relativité ne correspond pas à une hausse de salaire. Il s’agit plutôt d’une correction qui vise à atténuer la sous-rémunération des salariéEs des secteurs public et parapublic.

Il me semble qu’avec de tels surplus, le Gouvernement du Québec a les moyens de rémunérer les stages, d’éliminer les frais de scolarité à l’université et de redresser les salaires de l’ensemble de son personnel syndiqué (et pas uniquement le salaire de celles et ceux qui sont aux échelons en début de carrière). Qu’en pensez-vous ?

Lors de l’émission « Tout le monde en parle » (dimanche 24 février 2019) Guy Rocher nous rappelait que l’enseignement collégial appartient au niveau d’enseignement supérieur. Je pose les questions suivantes : n’y a-t-il que celles et ceux en début de carrière, avec un baccalauréat ou moins en poche, qui méritent un redressement salarial lors de la prochaine négociation ? Qu’en est-il des titulaires de maîtrise ou de doctorat. Leur diplôme est-il réellement reconnu dans la détermination de leur rémunération ? Que vaut une maîtrise ou un doctorat dans les autres corps d’emploi du gouvernement du Québec ? Qu’en est-il ailleurs au Canada ? Qui se penche sur ces questions, en ce moment, au Conseil du trésor ?

Yvan Perrier »

Je viens tout juste de recevoir, aujourd’hui le 2 mai (mieux vaut tard que jamais) la réponse suivante de son Cabinet :

Bonjour Monsieur Perrier,
 
La présente fait suite à votre correspondance du 25 février dernier transmise au ministre responsable de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor, monsieur Christian Dubé, et vous en remercie.
 
Soyez assuré que votre correspondance a été portée à la connaissance du ministre et que nous prenons note de vos commentaires.
 
Je vous prie d’agréer, Monsieur Perrier, l’expression de mes sentiments distingués.
 
N.B. : Confidentialité oblige, il m’est interdit de mentionner le nom de la personne qui a rédigé la lettre.

 
Cabinet du ministre responsable de l’Administration
gouvernementale et président du Conseil du trésor,
ministre responsable de la région de la Montérégie
875, Grande-Allée Est, 4e étage, section 100
Québec (Québec) G1R 5R8

*

L’avenir nous dira jusqu’à quel point le gouvernement Legault est réellement prêt à rémunérer à sa juste valeur la prestation de travail des salariÉes syndiquéEs des secteurs public et parapublic au Québec.

À suivre…

Yvan Perrier

Yvan Perrier

Yvan Perrier est professeur de science politique depuis 1979. Il détient une maîtrise en science politique de l’Université Laval (Québec), un diplôme d’études approfondies (DEA) en sociologie politique de l’École des hautes études en sciences sociales (Paris) et un doctorat (Ph. D.) en science politique de l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur au département des Sciences sociales du Cégep du Vieux Montréal (depuis 1990). Il a été chargé de cours en Relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais (de 2008 à 2016). Il a également été chercheur-associé au Centre de recherche en droit public à l’Université de Montréal.
Il est l’auteur de textes portant sur les sujets suivants : la question des jeunes ; la méthodologie du travail intellectuel et les méthodes de recherche en sciences sociales ; les Codes d’éthique dans les établissements de santé et de services sociaux ; la laïcité et la constitution canadienne ; les rapports collectifs de travail dans les secteurs public et parapublic au Québec ; l’État ; l’effectivité du droit et l’État de droit ; la constitutionnalisation de la liberté d’association ; l’historiographie ; la société moderne et finalement les arts (les arts visuels, le cinéma et la littérature).

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