tiré de la page web de la CQMMF
https://cqmmf.org/tour-du-monde-de-resistances-feministes.html?utm_source=Cyberimpact&utm_medium=email&utm_campaign=Infolettre-large--fevrier-2025#MENA
Afrique
Le deuxième webinaire a eu lieu le 21 février 2024 avec des représentantes de l’Afrique, de la Côte d’Ivoire et du Kenya, webinaire ayant comme thème la souveraineté alimentaire (avec l’interprétation français-anglais et de la langue des signes du Québec (LSQ)).
Solange Sanogo Kone de la Côte d’Ivoire est une militante de la société civile et de la Marche mondiale des femmes. Elle est très impliquée dans les luttes citoyennes sur l’accès à l’eau, à la terre et aux semences. Elle est aussi très active dans la lutte pour l’annulation des dettes illégitimes (CADTM) en Belgique.
Sophie D. Ogutu, du Kenya, est une artiste féministe qui fait de l’éducation populaire et de l’art pour la transformation sociale. Elle est une militante de la Marche mondiale des femmes depuis de nombreuses années. L’accès à la nourriture et à l’eau est une clé importante pour assurer la souveraineté alimentaire aux femmes et aux familles.
Qu’Est-ce que la souveraineté alimentaire ?
Pour introduire la thématique, l’animatrice a présenté brièvement les importants défis à relever concernant l’agriculture au Québec : les terres agricoles représentent 2% des sols au Québec d’où l’importance de les préserver ; il y a actuellement un danger d’accaparement des terres agricoles avec le développement de parcs éoliens dans plusieurs régions du Québec ; l’exploitation industrielle des terres diminuent l’accès aux terres à la relève agricole ; l’urbanisation des régions au dépend des terres agricoles ; etc.
Somme toute, au Québec, il n’y a pas de plan d’ensemble pour convenir des prochains développements, et ce, dans une perspective de transition écologique durable.
Lors des actions en 2020, la CQMMF a d’ailleurs revendiqué l’importance de développer tous les prochains développements au Québec avec un plan de transition écologique conséquent, avec des mesures pour donner l’accès à l’eau, à l’alimentation et pour une agriculture de proximité basée sur l’agroécologie et l’économie circulaire.
Après avoir présenté brièvement la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF) et les deux conférencières invitées, nous avons diffusé une brève vidéo pour expliquer ce qu’on entend par la souveraineté alimentaire (vidéo produite par l’Association québécoise des organisations de coopération internationale -AQOCI).
luttes et résistances
Solange et Sophie ont présenté les grands défis et problématiques sur lesquels elles travaillent pour « faire changer les choses ».
Solange provient de l’Afrique de l’ouest, d’un pays agricole qui produisait traditionnellement la production de céréales et de riz. Mais le gouvernement a décidé d’imposer la culture du café et du cacao. Cette situation a provoqué des tensions sur la production traditionnelle avec l’arrivée de produits importés de l’Asie et de l’Ukraine et avec l’accaparement des terres agricoles par les plus riches (qui ont des pratiques causant l’épuisement des sols !).
La lutte pour que les femmes aient accès à la propriété des terres est très importante. En effet, les femmes n’ont pas le droit d’hériter des terres même si elles y travaillent depuis fort longtemps. Bref, ce sont les hommes qui touchent les bénéfices du travail des femmes. Un groupe a été créé pour revendiquer le droit et l’accès aux revenus et à la justice pour les femmes ivoiriennes.
Et, Sophie a expliqué le rôle des femmes du Kenya. Le sujet « femme » est invisible malheureusement, c’est une question très politisée, et ce, en lien avec la crise climatique et économique qui touche spécifiquement la production agricole. D’ailleurs, le manque de pluie provoque d’importants problèmes auxquels les femmes doivent faire face.
Cette situation empêche le travail des femmes tout en créant de la famine.
Les alternatives à développer
Mais les femmes s’organisent, elles sont en alliance le groupe Via Campesina, groupe qui défend le « droit de produire leur propre nourriture sur leur propre territoire » en préservant l’environnement et les valeurs culturelles des peuples. Elles luttent pour développer l’agroécologie, pour protéger les petits producteurs agricoles, pour préserver les semences ancestrales de même que pour le développement d’alternatives, que soit par le déploiement de la formation politique, la mise en place de coopératives, etc.
Nous précisons que la « souveraineté alimentaire » n’a pas la même signification que la « sécurité alimentaire » tel que définie par l’ONU car les femmes ne veulent pas de solutions fragmentaires. Tout en faisant face aux entreprises transnationales qui exercent une forte concurrence à la production locale, elles développent des alternatives, dans le respect de la « terre » et des façons de faire traditionnelles.
Bref, elles mettent de l’avant une approche féministe en s’inspirant des avancées développées dans les Amériques et en Afrique. Elles créent des alliances pour développer le « projet politique » de l’accès à la terre. C’est pourquoi la formation politique est centrale pour partager les savoirs tout en s’appuyant sur les expériences des femmes qui sont responsables du soutien et de la protection des familles.
Elles s’organisent pour produire des aliment sains (lutte contre les pesticides) et pour faire reconnaître les femmes agricultrices.
Pour conclure ce webinaire, nous avons présenté une synthèse de ces échanges fort pertinents où ressortent les défis suivants :
– l’importance de la production de la nourriture saine et de l’accès à la propriété des terres par les femmes et les petits producteurs ;
– l’importance de développer l’agroécologie (dont la défense des cultures et semences ancestrales) ;
– l’importance de développer des alliances pour renforcer le rapport de force face aux décideurs politiques ;
– l’importance de prendre en compte l’expérience et la prise de parole des femmes qui résistent et développent des initiatives nouvelles ;
– l’importance d’offrir de la formation politique pour mieux outiller les femmes dans la défense de leurs droits et pour faciliter la mise en place d’initiatives et d’alternatives économiques.
*****
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre
Le programme PAFI, vous connaissez ? PAFI pour programme d’aide financière à l’investissement.











Un message, un commentaire ?