Édition du 4 mai 2021

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États-Unis

Une dimension ignorée du "Trumpisme"

On a abondamment décrit et dénoncé le règne du président républicain battu Donald Trump. On s’est livré sur ce phénomène à toutes sortes d’analyses, contenant bien des parallèles et des comparaisons avec des dictateurs (il en admirait certains). On a affirmé qu’il menaçait la démocratie américaine et en résumé, des commentateurs ont suggéré qu’il représentait une anomalie dans le paysage historique des États-Unis, ce qui est en partie vrai.

Pourtant... il existe des équivalents de Donald Trump dans la tradition politique américaine, mais à un niveau plus local : des maires de grandes villes dont le prototype est Richard Daley, maire de Chicago réélu sans interruption de 1955 à 1976. Il a dirigé la "Cité des vents" d’une main de fer ; l’arbitraire, le favoritisme et la brutalité y ont régné en maître durant ces vingt ans.

D’autres maires aussi ont administré des villes sur ce modèle, avant et après Daley. Trump, même s’il n’a jamais géré d’agglomération urbaine partage le même esprit que ces potentats locaux. Au fond, ce qu’on nomme "le trumpisme" constitue du "bossisme" de type municipal américain mais cette fois porté au niveau national à la suite d’une conjoncture politique favorable, même si sa victoire semblait au début improbable et que peu de gens y croyaient.

Trump est un fort en gueule qui a réussi à séduire une partie de la classe ouvrière blanche et de la classe moyenne inférieure, des gens qui ont subi une démotion professionnelle et sociale.

Bien sûr, on ne peut opérer de comparaison trop étroite entre des maires autoritaristes comme Richard Daley et un président, même borné et brutal comme l’était Donald Trump. Il existe des différences importantes, qui résident pour l’essentiel dans la fonction occupée. Trump n’a évidemment pu gérer la République américaine et ses relations avec les autres pays comme les boss locaux leur ville Trump était un peu isoltionniste. Mais il subsiste tout de même certaines affinités entre Donald Trump et Richard Daley.

Rien n’illustre peut-être mieux le déclin américain que le recours "faute de mieux" d’une partie substantielle de l’électorat en 2016 à un leader comme Donald Trump Ce dernier est une caricature de la culture politique américaine.

Il promettait à ses électeurs et électrices de rendre aux États-Unis leur éclat d’antan, leur ancien rayonnement. Il a été plutôt un éteignoir. Comparaison n’est pas raison bien sûr, mais on ne peut éviter tout à fait un certain rapprochement entre le phénomène Trump et la montée de Hitler, qui promettait aux Allemands et Allemandes "une nouvelle Allemagne", plus forte et enfin respectée dans le
concert des nations. Hitler et les nazis détestaient les Juifs, Trump
et la plupart des politiciens américains haïssent les Palestiniens (
dont les combattants ont longtemps été présentés comme le prototype
des "terroristes internationaux"), même s’il n’est pas question dans
ce dernier exemple de les exterminer. 
 
Mais il existe et existera toujours des ressemblances dans le déclin
des puissances impériales : le recours à la force, les coups de gueule
et souvent, la recherche de boucs-émissaires.  

Jean-François Delisle 

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