Édition du 16 juin 2020

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L'immigration centro-américaine et mexicaine aux États-Unis et la luttes pour le territoire

El Zenzontle août 2010

Dans leurs luttes contre les mesures discriminatoires initiées par les politiques conservatrices, les immigré-e-s doivent faire face à de nombreux autres systèmes sociaux visant à les marginaliser. Dans les grands médias américains, le immigrants sont dépeints comme des criminels ou des habitants d’un monde souterrain marqué par la violence et comme un fardeau pour l’économie américaine. On parle très peu de l’immigration comme un phénomène économique, social et culturel lié aux politiques néolibérales de libre-échange mises en œuvre sur le continent depuis les années 90.
(traduction : Presse-toi à gauche !)

Dans une entrevue à Democracy Now ! en avril, Isabel Garcia, co-présidente de la Coalition pour les droits de l’homme de Tucson en Arizona a parlé de l’état de la politique d’immigration du gouvernement actuel d’Obama. Isabel Garcia : « Malheureusement, sous le gouvernement Obama,nous avons vu plus de déportations que durant tout autre administration. Non pas que ce gouvernement soit plus anti-immigré, mais les administrations démocrates et républicaines ont continué de renforcer la police et, par conséquent, il n’est pas surprenant que les déportations aient augmenté. 

Malheureusement, ce gouvernement est responsable des attaques contre notre communauté. Ce gouvernement continue de défendre le concept erroné que l’immigration est en quelque sorte un problème de police ou une question de sécurité nationale. Et ce n’est pas le cas ! Il s’agit d’un phénomène économique, social et politique. Parlons donc des fondements de cette question. Par exemple, les dommages que l’ALENA a causé à l’agriculture mexicaine provoquant le déplacement de millions de travailleurs qui, bien sûr, ont émigré en masse aux États-Unis. On savait qu’ils déménageraient aux États-Unis. Donc, on a commencé la construction du mur en 1994. Ils n’ont pas commencé la construction du mur, comme certains le pensent le 12 septembre 2001. Ils ont commencé à construire le mur en 1994. Donc nous sommes très déçus de ce gouvernement. " 

L’ALENA est un régime néolibéral mise de l’avant par le gouvernement américain qui a été rejeté par les travailleurs, les écologistes et les organisations citoyennes qui ont averti que l’ALENA affecterait les salaires, détruirait des centaines de milliers d’emplois provoquant la recherche du travail aux États-Unis et saperait le contrôle démocratique de la politique nationale. 

L’ONG américaine Public Citizen a enquêté sur le libre-échange et son impact sur la société. Pour cette organisation, l’ALENA est défini comme un accord de libre-échange et comme "un accord d’investissement." Ses principales conséquences sont de donner aux investisseurs étrangers des droits et des privilèges qui favorisent la délocalisation des usines et des emplois, le transfert du travail d’un pays vers l’autre, la privatisation et la déréglementation des services essentiels comme l’eau, l’énergie et la santé. En 2008, Public Citizen a publié un rapport qui lie les phénomènes migratoires avec les politiques néolibérales découlant de l’ALENA. 

Selon le rapport, annuel, l’immigration mexicaine aux États-Unis a augmenté de 60% entre 1994 et 2000, les six premières années de l’ALENA. Dans la période 1992-2005, le nombre des immigrants sans papiers aux États-Unis (en provenance principalement du Mexique et du de l’Amérique centrale) a augmenté de 185 pour cent. Malgré ces chiffres, différentes administrations des États-Unis persistent à vouloir élargir ce type de traité à d’autres pays.
 
À l’heure actuelle, les sociétés minières, de production d’électricité, d’exploitation des ressources hydriques se disputent les territoires et la riche biodiversité des régions mexicaines et centro-américaines, mais maintenant, elles rencontrent la résistance active, plus informée et organisée des peuples et des communautés dans ce qui est devenu conflit territorial. 

En 2004, le Congrès a approuvé l’ Accord de libre-échange des États-Unis avec l’Amérique centrale et, aujourd’hui, Obama continue d’insister auprès du Congrès pour faire adopter des ententes de libre-échange avec la Corée du Sud, Panama et la Colombie. Pendant ce temps, les travailleurs et les immigrants sans-papiers subissent les conséquences de la précarité et de l’exclusion d’un côté ou de l’autre la frontière, et doivent faire face à de vastes programmes de persécutions policières et paramilitaires racistes et faire face à la loi de l’Arizona (Nazizona comme l’appelle les groupes d’immigrants résistants).

La réponse à la loi et au harcèlement des immigrants 

La réponse de la population à la loi et aux arrestations démontre aux racistes au pouvoir à Phoenix en Arizona que la population se remet de la peur et de la terreur causées par la loi de la haine. Les médias commerciaux ont décrit les réjouissances face au jugement remettant cette loi en cause, loi qui profite aux entreprises et aux gouvernements conservateurs. . Mais il est certain que les stratégies pour survivre aux États-Unis comme sans-papiers va conduire à fuir vers les états ou la persécution est moins forte (Oregon’ Washington, New York entre autres, ou des réseaux de défense et des espaces de lutte et de travail ont créé de nouveaux territoires, qui peuvent être défendus juridiquement et politiquement. La lutte pour une loi non raciste est une mesure intermédiaire mais l’autre c’est l’unité binationale et multinationale qui se forge dans les mobilisations d’en bas et de gauche.

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