Édition du 31 janvier 2023

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Les CLSC étouffent, et les travailleurs.ses sociales aussi !

Depuis plus de 30 ans, le Québec s’est donné des services de proximité dans chaque quartier en créant les Centre locaux de services communautaires. L’investissement financier et l’investissement professionnel ont permis le développement des services de première ligne au Québec

A ses débuts,chaque CLSC au Québec a fait son travail de concertation afin de connaître la population de son quartier. Un long travail s’amorce de concertation avec les partenaires des quartiers et développe les services qui répondent le mieux à sa population. C’est forte de ces connaissances, que le développement des services par territoire se construit.

Lors de la première fusion en 2004 une phrase échappe à beaucoup de monde. Il est inscrit dans la loi 25 (http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-25-37-1.html) « ….quel que soit le producteur ou le lieu de production... » de services. L’imputabilité des futurs Centre de Santé et de Services Sociaux (CSSS) vient radicalement de changer. Les CSSS ne sont plus obligés d’offrir tous les services mais ils doivent s’assurer que les services se donnent. Cela peut-être les organismes communautaires ou des entreprises privées ou encore des aidants.es naturels.

Avec les CSSS la mission des CLSC se retrouve « empêtrée » dans une approche hospitalocentriste qui au fil des coupures de postes finissent par avoir raison de notre capacité de bien rendre les services. En y ajoutant le modèle de gestion Lean Management où tout est formaté, calculé le résultat est effroyable.

La deuxième fusion par la Loi 10, a été celle qui a grandement ouvert la porte au privé. Les CSSS n’étant plus imputable d’offrir les services mais plutôt que les services se donnent. Le privé a maintenant toute latitude pour offrir les services alors qu’ils coupent des postes depuis 12 ans.

Et là arrivent en sauveurs les GMF, gérés par des médecins. Le ministre Barette, sans aucune consultation, ordonne que les travailleurs.ses sociales du réseaux publics travaillent dans les GMF. Mais que fait-on de toute la population vulnérable, qui est notre premier mandat en CLSC ? Intervenir de toutes les façons possibles pour les rejoindre ? Qu’en est-il des interventions de « reaching out » ?

Je travaille dans un CLSC depuis 28 ans. Tout n’est pas parfait dans la vie mais là c’est la destruction des CLSC. C’est la mise à mort des services psychosociaux de première ligne. Depuis 11 ans qu’ils coupent des postes et là les travailleurs.ses sociales irons sous la gestion privée des GMF offrir des services. La clientèle la plus vulnérable demande que l’on travaille là où ils et elles sont, soit a leur domicile, à l’accompagnement dans leurs démarches, dans la rue..mais pas en GMF !

Marjolaine Goudreau
travailleuse sociale
présidente du RÉCIFS (Regroupement Échange Concertation des Intervenant.e.s et formatrice en Social )

https://www.youtube.com/watch?v=AwD1gNco9gg

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