Édition du 1er décembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Amérique centrale et du sud

Manifestation à Santiago du Chili

Plus de 100 000 personnes manifestent contre la corruption

Contre les attentes de certaines personnes et comblant celles du plus grand nombre, plus de 100 000 personnes ont défilé dans la avenue principale de Santiago du Chili, de la Plaza Italia jusqu’à l’intersection des rues Alameda et Ricardo Cumming, à partir de midi le 16 avril, motivées par l’indignation commune causée par la corruption du système politique dominant et des entreprises qui a marqué la réalité de ce pays andin en 2015.

(tiré de Rebelion - Traduction PTAG)

Douleurs et urgences

L’appel a été lancé par la Confédération des associations étudiantes de l’Université du Chili (CONFECH) ne se limitait pas à la seule revendication d’une éducation gratuite à tous les niveaux. Les élèves du secondaire et les étudiantEs des universités, les enseignantEs, les retraitéEs, les travailleurs de différentes régions exigeant un nouveau code du travail, le peuple mapuche en résistance, les écologistes conséquents, les sans-abri, les groupes anti-patriarcaux, les artistes, les intellectuelLEs et les organisations sociales et politiques engagées dans la lutte anticapitalistes et pour le vie bonne, ont rempli les rues trop longtemps vides face à la collusion entre le capital et les partis politiques défenseurs de leurs intérêts au sein du gouvernement, du Congrès et de l’appareil judiciaire.

Face à ce qui jusqu’à présent semblait être une possible crise liée à un accord scandaleux entre des mandarins pour sacrifier certains secteurs impliqués afin d’endormir la population et une catharsis pour l’opinion publique dans le dos de la grande majorité de la population dont seuls des sondages présentaient l’indignation, le 16 avril a mis fin à avec la stratégie du parti de l’ordre et de l’impunité. La protestation de la jeunesse et du peuple travailleur est devenue une variable concrète dans le premier tiers de cette année où la corruption s’est affichée au Chili (http://rebelion.org/noticia.php?id=196686).

Sur la scène principale de l’action, le porte-parole étudiant de l’Université privée Diego Portales a indiqué que "nous ne voulons pas d’universités privées : nous voulons des universités publiques, démocratiques, des universités réellement accessibles. Nous saluons tous les travailleurs présents d’une forte embrassade et particulièrement le Mouvement des pobladores Ukamau (http://mp-ukamau.blogspot.com/) qui, aujourd’hui, ont marché avec nous ".

Le représentant de travailleurs de l’éducation, Johanna Salinas, a déclaré : « nous sommes ici parce que l’année dernière, nous avons présenté une proposition globale pour l’éducation dont le pays a besoin, mais elle a été mise sur les tablettes par les autorités." Pour sa part, Gloria Arevalo de l’Assemblée de coordination des élèves du secondaire (ACES) a déclaré que que l’éducation ne doit plus être dans les mains des riches, des puissants et des corrompus. L’éducation est un thème transversal : aujourd’hui, nous nous préparons pour que les écoles de demain soient accessibles. Qu’ils s’en ailleurs tous !".

Le porte-parole de la communauté de l’Université Arcis, Manuel Erazo (http://rebelion.org/noticia.php?id=193371), a déclaré que "les travailleurs d’Arcis ont été 6 mois et demi sans salaire. Ils sont réprimés. Les critiques faites sont rejetées Les enseignantEs et les étudianEts mobilisés sont appelés à comparaître devant les tribunaux. Où sont ceux qui parlaient de réformes ? Qu’advient-il des ministres de l’éducation, du travail, ou du secrétaire adjoint à la protection sociale ? La crise de l’Université d’Arcis est de la responsabilité des hommes politiques qui sont maintenant au gouvernement. Comment est-il possible que le Parti communiste qui a pillé notre université puisse parler au Congrès de réforme ? Les affaires Penta, celle de Caval, de Soquimich,celle d’Arcis sont une seule et même affaire (de corruption)".

La nécessaire désobéissance

Ainsi, le Mouvement pour la défense de l’eau, de la protection des terres et du respect de l’environnement a exprimé par la voix Rodrigo Mundacale le même sentiment. (MODATIMA, http://modatimapetorca.wix.com/wwwwixcommodatimapetorca) : « Nous faisons partie d’une organisation d’hommes et de femmes ordinaires de la province de Petorca. Nous voulons présenter le conflit sur l’eau qui existe dans le pays. Il n’est pas possible qu’après 33 années, l’eau soit l’objet d’usure, d’enrichissement et d’exclusion. D’Arica et Parinacota jusqu’à Magallanes, les groupes socio-environnementaux luttent pour la récupération des ressources naturelles et protestons contre les responsables politiques et financiers du Chili parce que la politique a été corrompue par l’argent qui sert à acheter des députés, des sénateurs et des ministres. Vous devez désobéir à chaque fois qu’on vous donne un ordre qui va à l’encontre du bon sens et de la conscience la plus fondamentale des êtres humains. Notre message est subversif et révolutionnaire. Le 22 avril prochain, la région de Valparaíso initiera la troisième marche nationale pour l’eau. Nous vous invitons à construire un seul front pour changer l’ordre actuel des choses ".

La coordination du 8 Mars a lancé un appel à un "enseignement gratuit, laïque et non-sexiste. Nous ne voulons pas que les corrompus décident pour l’éducation, pour nos corps et pour nos vies. La démocratie est redevable aux femmes, à toutes et à tous".

Le représentant des Pêcheurs artisans du Chili a déclaré : « nous portons une douleur dans l’âme parce que nous n’étions que quelques-uns qui ont lutté contre Pablo Longueira (http://es.wikipedia.org/wiki/Pablo_Longueira) quand une loi a été adoptée par le parlement en faveur de la grande industrie de la pêche. « Monsieur » Longueira ne peut rester impuni. C’est un scélérat de première grandeur. Donc, les pêcheurs artisanaux sont debout. Dans ma ville de Valdivia, les universitaires marchent à nos côtés et maintenant nous tenons le pont traversant de la rivière Calle-Calle, le pont de la victoire ".

Enfin, la présidente de la Fédération des étudiants de l’Université du Chili, Valentina Saavedra, a souligné l’importance de l’unité et du caractère massif de la protestation populaire et elle a dit « nous ne devons rien à l’entreprise, nous comptons uniquement sur notre unité et notre conviction. La majorité de la société doit maintenant s’occuper de politique ».

(…) Cette ouverture du cycle des luttes populaires non seulement a révélé l’émergence de ceux d’en bas pour des raisons historiques contre la corruption structurelle du système politique chilien en particulier, mais il a aussi démontré le besoin d’unité dans l’action directe, de l’unité politique travailleurs et du peuple. Le mouvement réel de la majorité sociale, avec ses moyens et son projet ,dans l’actuel rapport de force entre le capitalisme et l’humanité, chemine démocratiquement vers des formes de direction politique originale capables de fournir une armature, une stratégie, des objectifs indépendants des intérêts de la minorité au pouvoir.

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