Édition du 16 avril 2019

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Canada

Réactions syndicales et populaires au budget Morneau

Voici les réactions des organisations syndicales et populaires suite au dépôt du budget Morneau. Les communiquées les plus récents sont présentées en premier et par la suite en ordre chronologique3 décroissant.


Le gouvernement ne tient pas ses promesses concernant le programme d’assurance-médicaments universel, la protection en cas de faillite pour les retraités et plus, selon le Syndicat des Métallos

OTTAWA, le 19 mars 2019 - Le budget du gouvernement fédéral laisse en plan les Canadiens en abandonnant son engagement à adopter un programme d’assurance-médicaments à guichet unique à la fois universel, public, accessible, complet et adapté comme il l’avait promis, soutient le directeur national du Syndicat des Métallos, M. Ken Neumann.

« Le budget ne présente aucun engagement réel envers les Canadiens en ce qui concerne l’assurance-médicaments, a déclaré M. Neumann. Une fois de plus, on a droit à une proposition vague de remplissage. Le système disparate du passé se perpétue. »

M. Neumann souligne que le Canada est le seul pays au monde s’étant doté d’un système de santé publique universel qui exclut pour l’instant l’accès aux médicaments sur ordonnance.

« Pour qu’on le considère comme un régime de médicaments réellement complet à l’échelle nationale, il doit être universel et complet de sorte que tous les Canadiens, y compris les jeunes et les personnes vulnérables, puissent revendiquer leur droit à la santé. Une approche fragmentée ne convient pas au 21e siècle. »

Le gouvernement a également abandonné les travailleurs et les retraités canadiens en élaborant un budget ne prévoyant aucune réforme des lois canadiennes concernant la faillite et l’insolvabilité dans le but de protéger les régimes de retraite et les avantages sociaux, selon M. Neumann.

« Étant donné les dossiers médiatisés comme celui de Nortel à Ottawa, de Stelco à Hamilton et de Sears dans toutes les communautés du Canada, les travailleurs appréhendent de plus en plus leur départ à la retraite, explique M. Neumann. Ils savent que leur régime de retraite et leurs avantages sociaux peuvent être en péril si une entreprise effectue une restructuration en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (« LACC ») ou si elle fait faillite. »

« Les régimes de retraite sont des salaires versés en différé. Une fois les banques et les autres créditeurs payés, il ne reste plus rien pour les travailleurs. C’est du vol. »

M. Neumann croit que tous les Canadiens devraient être furieux de la manière dont les aînés du Canada sont traités en raison des lois qui protègent encore les entreprises et les cadres, en plus d’exposer les travailleurs aux difficultés et aux risques liés à l’insolvabilité.

« Cet enjeu était considéré comme une priorité pour les membres du Parti libéral lors du congrès du parti de l’an dernier. C’est une question d’ordre électoral pour les travailleurs plus âgés et vulnérables et les retraités. »

En parallèle, les communautés qui ont perdu des emplois dans le secteur des ressources ne profiteront pas des retombées du plan d’infrastructure et de diversification d’une valeur de 150 millions de dollars avant 2020-2021. Un autre plan d’innovation et de diversification en matière de foresterie, d’une valeur de 251 millions de dollars, est également mis sur la glace jusqu’en 2020-2021.

« Voilà un budget à saveur électorale. Les Canadiens ne peuvent toutefois pas attendre quatre autres années pour obtenir les changements dont ils ont besoin », avance M. Neumann.

« Les failles de ce budget sont fidèles aux habitudes de ce gouvernement. Les libéraux font des promesses qu’ils ne tiennent pas pendant quatre ans puis, juste avant la prochaine élection, ils promettent de les remplir si vous votez pour eux une fois de plus. »

De plus, M. Neumann souligne que le seul grand engagement présenté dans le budget - le soutien aux producteurs de lait, de volaille et d’œufs de 4 milliards de dollars - découle directement des compromis du gouvernement au profit des intérêts étrangers dans le cadre de multiples accords commerciaux au cours des dernières années.

« Les producteurs et les travailleurs canadiens méritent du soutien pour faire face à ces épreuves. Mais ces épreuves n’auraient jamais existé si le gouvernement libéral n’avait pas signé aussi rapidement ces accords commerciaux néfastes », conclut-il.


Le budget fédéral représente un pas dans la bonne direction, mais il faut aller encore plus loin, selon Unifor

OTTAWA, le 19 mars 2019 - Unifor accueille favorablement les nouvelles initiatives de formation liée à l’emploi du budget fédéral, mais d’autres mesures sont nécessaires pour aider les chômeurs à réintégrer le marché du travail, permettre aux travailleurs payés au salaire minimum de progresser vers des emplois spécialisés et mieux rémunérés ainsi qu’assurer une transition équitable pour les personnes déplacées en raison d’un changement environnemental ou technologique.

« Les fonds pour aider à financer la formation et le soutien du revenu de l’assurance-emploi additionnel vont procurer un avantage réel aux travailleurs au cours de leur vie professionnelle, alors qu’ils continuent à développer des compétences pertinentes, a déclaré Jerry Dias, président national d’Unifor. Il s’agit d’une bonne mesure qui doit être renforcée grâce à d’autres programmes pour améliorer les compétences des travailleurs dans un contexte mondial où la concurrence est de plus en plus forte. »

Le syndicat se réjouit de la création d’une nouvelle Agence canadienne des médicaments et d’un formulaire national pour les médicaments sur ordonnance, mais maintient son appel en faveur d’un programme d’assurance-médicaments national, universel et à payeur unique.

De plus, le budget a renouvelé des mesures afin d’appuyer les organismes de presse canadiens, initialement incluses dans l’Énoncé économique de l’automne dernier, mais il y a un manque d’empressement quant à la mise en œuvre de l’aide urgente dont ont besoin les services de nouvelles locales.

« Nous avons perdu 250 nouveaux médias d’information et des milliers de journalistes au cours des dix dernières années. Nous allons continuer à en perdre jusqu’à ce que nous trouvions un financement durable pour les nouvelles locales, a déclaré M. Dias. Il est nécessaire d’agir maintenant pour mettre sur pied l’agence indépendante dont nous avons besoin afin d’établir des règles de base définissant qui est un journaliste professionnel et qui ne l’est pas. »

Unifor déplore le fait que le budget n’ait pas saisi l’occasion de légaliser les paris sur une seule épreuve sportive afin d’égaliser les chances pour les installations de jeux canadiennes et qu’il ne comporte aucune mesure pour régler la crise du pétrole en Alberta ou stopper la migration d’emplois manufacturiers bien rémunérés.

Des mesures positives ont été prises dans le budget pour fournir l’accès à Internet haute vitesse dans les communautés rurales, éloignées et nordiques grâce à un engagement de 1,7 milliard de dollars afin de brancher 100 % des Canadiens d’ici 2030.

Parmi les autres mesures bénéfiques figurent les changements visant à rendre l’accès à la propriété plus abordable pour les premiers acheteurs, une réduction des taux d’intérêt des prêts d’études, un nouvel investissement dans les services pour les enfants des Premières Nations et inuits ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau potable.


Le manque d’envergure du budget fédéral déçoit la CSN

MONTRÉAL, le 19 mars 2019 - La CSN se montre déçue du peu d’envergure du budget fédéral dévoilé aujourd’hui par le ministre des Finances, Bill Morneau. Alors que de nombreux enjeux auraient dû être abordés afin de venir en aide aux citoyennes et aux citoyens canadiens, bien peu de mesures structurantes se retrouvent dans ce budget.

« Nous le savons, les problèmes reliés aux pénuries de main-d’œuvre menacent directement l’économie canadienne, souligne le président de la CSN, Jacques Létourneau. Plutôt que de prendre le taureau par les cornes, le gouvernement vient piger dans la caisse d’assurance-emploi pour financer des formations à très court terme, alors que le problème du trou noir des travailleurs saisonniers demeure entier. » La CSN approuve toutefois le retour au tripartisme lors de contestation des décisions au Tribunal de la sécurité sociale.

D’autre part, la CSN aurait attendu des mesures bien plus concrètes pour régler le problème de la croissance sans fin du prix des médicaments, qui vient miner le bien-être des familles canadiennes. « La volonté du gouvernement fédéral de contrôler le coût des médicaments est certes bienvenue. Mais ce n’est pas en créant une agence nationale pour tenter de négocier leur coût qui règlera les problèmes que nous vivons. Seul un programme d’assurance médicaments public et universel pourra à la fois régler les iniquités entre les différentes formes de couverture et réduire substantiellement les coûts pour l’ensemble de la société canadienne », rappelle Jacques Létourneau.

La CSN salue néanmoins la confirmation des mesures en appui à la presse écrite, telles qu’énoncées par le ministre Morneau en novembre dernier. Le crédit d’impôt sur la masse salariale des journalistes, que prévoit le budget d’aujourd’hui, figure parmi les nombreuses revendications portées par la CSN afin de venir en aide aux médias écrits dans la crise qu’ils traversent présentement.

Enfin, la CSN déplore qu’aucune mesure particulière visant à appuyer le chantier maritime de la Davie ne se trouve dans le budget fédéral dévoilé aujourd’hui et que ce chantier — le plus grand au Canada — ne figure toujours pas au centre de la stratégie nationale de construction navale.


Réactions au budget fédéral - La FTQ salue les mesures annoncées en formation et la volonté d’Ottawa de mieux contrôler les coûts des médicaments

MONTRÉAL, le 19 mars 2019 - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) accueille positivement la décision du gouvernement fédéral de répondre à une partie des revendications de la centrale en matière d’assurance-emploi. La FTQ se réjouit que le processus de révision soit modifié. La centrale souhaite également le rétablissement des conseils arbitraux pour les travailleuses et travailleurs touchés par le chômage et salue les investissements annoncés pour la formation des travailleurs et travailleuses.

« Ottawa se doit de donner un coup de barre en permettant aux travailleurs et travailleuses d’être bien représentés en cas de litige avec le régime d’assurance-emploi. Il faut aussi saluer l’injection d’argent neuf dans des programmes de formation et d’amélioration des compétences. La décision du gouvernement de réformer en profondeur le régime d’assurance-emploi est un autre élément positif », déclare le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Par ailleurs, la FTQ prend acte de la décision d’Ottawa de créer une agence canadienne du médicament. « Pour nous, il s’agit d’un début et non d’une fin. Mieux contrôler le coût des médicaments d’ordonnance c’est déjà une avancée, mais ce que nous réclamons, tant au fédéral qu’au Québec, c’est un véritable régime d’assurance médicaments public et universel afin de permettre à tous et à toutes d’avoir accès à sa médication sans contraintes financières. À ce sujet, Ottawa devra prendre soin de ne pas empiéter dans le champ de compétence des provinces, puisque la santé est de responsabilité provinciale », soutient le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

En environnement, les mesures de transition énergétique annoncées qui prévoient des subventions pour l’achat de véhicules électriques et les infrastructures sont jugées positivement. « Il faut planifier dès maintenant des programmes de soutien et de formation pour les travailleurs et travailleuses qui risquent de perdre leur emploi, ainsi que l’aide aux entreprises qui devront tôt ou tard modifier leurs procédés de production afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En ce domaine, la FTQ s’attend à ce que le fédéral fasse preuve de leadership », de poursuivre le secrétaire général.

La FTQ est particulièrement heureuse de souligner la volonté d’Ottawa de vouloir modifier la loi sur les faillites des entreprises afin de mieux protéger les rentes des travailleurs et travailleuses. Enfin, le Québec fait face à un important défi de rareté de la main-d’œuvre, c’est pourquoi la centrale salue l’augmentation du seuil de l’exemption du revenu de travail pour les bénéficiaires du Supplément de revenu garanti.


Budget Morneau : pas d’argent pour les aînés les plus vulnérables, déplore le Réseau FADOQ

MONTRÉAL, le 19 mars 2019 - « Le 4e budget Morneau ne change rien pour les aînés les plus démunis de notre société. C’est un rendez-vous manqué », critique le président du Réseau FADOQ, Maurice Dupont.

Le Réseau FADOQ avait pourtant insisté auprès du ministère des Finances sur l’importance de rehausser le Supplément de revenu garanti (SRG) d’au moins 50 $ par mois par aîné. Alors qu’il a fallu tant d’années avant que le SRG soit plus accessible avec l’inscription automatique, voilà que le plus récent budget du ministre Bill Morneau néglige de préserver de la pauvreté de nombreux Canadiens et Canadiennes.

« Un aîné ayant seulement la pension de la Sécurité de la vieillesse et le SRG continuera de croupir sous le seuil de la pauvreté avec un revenu annuel de moins de 18 000 $. Le Réseau FADOQ ne comprend pas pourquoi le gouvernement n’a proposé aucune solution pour remédier à la situation dans ce budget, critique M. Dupont. Après s’être battu pendant près de six ans pour obtenir l’inscription automatique au SRG, combien de temps le Réseau devra-t-il se battre afin que les prestataires reçoivent le minimum décent ? »

Des gains pour les travailleurs d’expérience

Le Réseau FADOQ se réjouit que le gouvernement ait suivi sa recommandation de rehausser l’exemption de gains associée au SRG afin de la faire passer de 3 500 $ à 5 000 $, tout en instaurant une exemption partielle de 50 % qui s’appliquera jusqu’à 15 000 $ en revenu d’emploi et de travail indépendant.

« C’est un gain majeur, affirme M. Dupont. Le gouvernement prend acte de la nécessité d’agir pour contrer la pénurie de main-d’œuvre qui touche actuellement le Québec. Cette exemption, que le Réseau demandait depuis longtemps, va favoriser la participation des travailleurs d’expérience au marché de l’emploi. »

Les proches aidants restent sur leur faim

Le Réseau FADOQ juge que le budget aurait dû inclure davantage de mesures pour soutenir les proches aidants, eux qui comblent quotidiennement le manque de ressources de notre système public.

« Dans ce budget, le gouvernement Trudeau envoie le signal qu’il est prêt à s’engager le printemps prochain en matière de lutte contre la démence, mais le fait est qu’actuellement, les proches aidants restent sur leur faim », analyse M. Dupont.

En somme, le Réseau se désole que sa demande de doubler le crédit d’impôt pour aidants naturels et d’en faire un crédit d’impôt remboursable ne se soit pas retrouvée dans le budget de M. Morneau. Cette mesure fiscale aurait permis de palier en partie leurs pertes de revenus dues à leurs responsabilités.

« Visiblement, le gouvernement sous-estime le fait que les proches aidants deviendront de plus en plus nombreux au cours des prochaines années, en raison du vieillissement de la population. Ils ont besoin d’aide dès maintenant », soutient M. Dupont.

Vers une meilleure protection des régimes de retraite

Nous sommes satisfaits que le gouvernement prennent en considération les démarches de sensibilisation du Réseau pour protéger les fonds de pension des Canadiens dans les cas de faillites de compagnies.

« Ce sont là des signaux positifs concernant une préoccupation de nombreux Canadiens et Canadiennes, mais le Réseau demeure prudent à ce sujet puisque ça va prendre des modifications législatives importantes avant que cela ne se concrétise », explique M. Dupont.


Budget Morneau - Le dernier budget d’un gouvernement qui a manqué d’ambition (IRIS)

OTTAWA, le 19 mars 2019 - À l’image des quatre ans du gouvernement Trudeau, les propositions contenues dans le budget soufflent le froid et le chaud, mais aucune ne permet d’appuyer l’ambition affichée à son arrivée au pouvoir. Alors que le ministre Morneau a été présenté par plusieurs comme dépensier, les dépenses de programmes continueront de diminuer d’ici 2023-2024 en proportion du produit intérieur brut (PIB).

« Les dépenses de programmes devraient passer de 14,7 % du PIB en 2019-2020 à moins de 14 % en 2023-2024, soit un niveau qui s’approche tranquillement du ratio de dépenses atteint par le gouvernement canadien à la suite des coupes sévères du ministre des Finances Paul Martin au milieu des années 1990. C’est très bas », observe Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS. Le ratio de la dette au PIB du Canada demeure le plus faible des pays du G7 et il continuera à baisser durant les cinq prochaines années, tandis que le service de la dette (1,0 %) est à son plus bas depuis 1965-1966.

« Les mesures de soutien pour l’achat de véhicules zéro émission vont participer à la croissance du parc automobile et contribuer à l’étalement urbain, qui n’a cessé de croître au pays depuis 10 ans. Cette approche sape les efforts mis par les municipalités dans le développement du transport en commun », plaide Julia Posca, chercheure à l’IRIS. D’importants investissements seront consacrés à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments résidentiels et commerciaux, or, il aurait été souhaitable d’étendre cette initiative aux bâtiments industriels, dont la dépense énergétique est considérable.

En matière d’accès à la propriété, le gouvernement occupe toujours une position contradictoire : d’un côté, en mettant en place un incitatif à l’achat d’une première propriété, il encourage le marché immobilier, qui commençait tout juste à se remettre de la surchauffe des dernières années. De l’autre, il doit veiller à la stabilité de l’économie du pays, fragilisée par le ratio d’endettement des ménages qui avoisinait les 178 % des revenus à la fin de 2018. « La croissance économique se fait sur le dos de la sécurité financière des ménages canadiens, qui pourraient être lourdement affectés advenant un ralentissement économique », affirme Mme Posca.

Le budget annonce également une bonification de l’exemption sur les revenus du Supplément du revenu garanti (SRG) pour les personnes âgées qui demeurent sur le marché du travail. « L’ennui avec ces mesures qui visent à maintenir les personnes âgées au travail, c’est qu’elles ne garantissent pas en premier lieu un revenu viable aux personnes qui souhaitent prendre leur retraite. Une indexation du SRG à l’évolution des revenus serait plus avisée pour lutter contre la pauvreté des aînés », soutient M. Hébert.


La FNC-CSN salue les mesures d’aide aux médias dans le budget fédéral

OTTAWA, le 19 mars 2019 - La Fédération nationale des communications (FNC-CSN) accueille favorablement les mesures d’aide aux médias annoncées aujourd’hui dans le budget fédéral. La FNC, qui regroupe la majorité des artisans et professionnels des médias écrits en milieu francophone au Canada, estime que cette aide financière de 600 millions de dollars permettra d’assurer la pérennité du journalisme professionnel au pays. Ces sommes sont assorties de critères clairs assurant une équité de financement à tous les médias écrits au pays, peu importe leur taille, l’identité des propriétaires ou la ligne éditoriale adoptée.

« Les mesures annoncées en novembre se concrétisent enfin, avec à la clé un programme qui définit les contours et l’échéancier de l’aide aux médias. Nous avons désormais l’assurance que les médias pourront toucher ces sommes rapidement. La presse écrite, qui vit la pire crise de son histoire, pourra continuer d’exister et de jouer son rôle de chien de garde de la démocratie », assure Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN. 

Rappelons que des dizaines de quotidiens et des centaines d’hebdomadaires ont fermé leurs portes au cours des dernières années, faisant craindre des conséquences importantes pour l’accès à l’information locale et pour la diversité de l’information journalistique. Les journaux canadiens, imprimés ou numériques, subissent actuellement une concurrence déloyale des géants du web dans la course aux revenus publicitaires.

« Par ces annonces, le gouvernement Trudeau reconnaît également l’importance d’un travail journalistique rigoureux encadré par des normes professionnelles, alors que la menace des fausses nouvelles va en s’accélérant », poursuit Pascale St-Onge. 


Le dernier budget libéral déçoit alors que les Canadiens ont grandement besoin d’aide (SCFP)

OTTAWA, le 19 mars 2019 - Le plus grand syndicat du Canada estime que le dernier budget du gouvernement libéral avant les élections d’octobre n’offre pas aux Canadiens l’aide dont ils ont grandement besoin. Le SCFP est particulièrement consterné par l’absence d’actions concrètes dans le dossier de l’assurance-médicaments, alors que des millions de Canadiens sont incapables de se payer les médicaments dont ils ont besoin. Le Canada est le troisième pays au monde où les coûts des médicaments sont les plus élevés.

« La moitié des Canadiens disent avoir de la difficulté à joindre les deux bouts à chaque fin de mois. La montée en flèche des coûts du logement, des services de garde d’enfants et des médicaments contribue à cette crise. Les Canadiens ont besoin d’actions concrètes de la part du présent gouvernement. Ils ne peuvent pas se permettre d’attendre. Pourtant, le premier ministre rate la cible », a déclaré le président national du SCFP, Mark Hancock.

Lors des consultations budgétaires en septembre, le SCFP avait demandé au gouvernement de faire du logement, des services de garde et de l’assurance-médicaments les éléments centraux de son budget 2019. Selon le SCFP, des investissements importants dans ces programmes de soutien permettraient aux familles et aux employeurs canadiens de réaliser des économies substantielles, tout en créant de bons emplois et en stimulant l’économie qui affiche des signes d’essoufflement.

À l’inverse, le budget préélectoral des libéraux propose bien peu d’aide immédiate pour les médicaments sur ordonnance, des mesures de soutien disparates inspirées du secteur privé pour le logement et rien du tout pour les services de garde. Pour le SCFP, le gouvernement a choisi les mauvaises priorités.

« Le premier ministre n’a eu aucune difficulté à trouver des milliards de dollars pour subventionner ses amis du secteur privé. Mais, lorsqu’il est temps de financer les véritables priorités des Canadiens, Justin Trudeau et Bill Morneau ne sont pas au rendez-vous », a affirmé le secrétaire-trésorier national du SCFP, Charles Fleury.

Le SCFP est aussi déçu que l’Allocation canadienne pour la formation proposée par le gouvernement libéral ne profitera pas à ceux qui ont le plus besoin, soit les chômeurs et les travailleurs à statut précaire.

Le SCFP s’inquiète également de la décision du gouvernement de continuer à promouvoir l’investissement privé — et motivé par la recherche de profits — dans les services publics par le biais du financement social. Le SCFP s’oppose au financement social qui ouvre la porte à la privatisation de services essentiels.


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