Édition du 4 octobre 2022

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Québec

Salaire minimum : il manque toujours 4 $

Chaque année, le 1er mai est l’occasion de souligner l’histoire des luttes et des solidarités ouvrières. Historiquement parlant, c’était une journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail à huit heures par jour. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de personnes descendront dans les rues afin de s’opposer aux politiques d’austérité qu’impose le gouvernement Couillard.

(ŧiré du site de l’IRIS)

Chaque année, le 1er mai est l’occasion de souligner l’histoire des luttes et des solidarités ouvrières. Historiquement parlant, c’était une journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail à huit heures par jour. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de personnes descendront dans les rues afin de s’opposer aux politiques d’austérité qu’impose le gouvernement Couillard.

Depuis quelques années, le 1er mai est aussi devenu la date où une hausse du salaire minimum entre en vigueur. Cette fois, il passera de 10,35$ par heure à 10,55$. Parlons-nous pour autant d’une grande avancée pour les travailleuses et les travailleurs pauvres ? Pas tout à fait. Bien que cette hausse du taux horaire soit la bienvenue, nous avons constaté dans une recherche récente un manque à gagner de 4$ par heure pour que le niveau du salaire minimum soit viable, pour qu’il ne soit plus synonyme d’exclusion économique et sociale.

Concrètement, qu’est-ce qu’un salaire viable ? C’est le taux horaire qui permettrait aux salarié.e.s de subvenir à leurs besoins de base – ainsi qu’à ceux de leurs enfants le cas échéant – tout en pouvant se dégager une marge de manœuvre supplémentaire pour mieux vivre et pour envisager une sortie de la pauvreté. Sous le seuil du salaire viable, des choix déchirants s’imposent. Il n’est plus question de vivre, mais d’être pris dans le cercle vicieux de la pauvreté. Le salaire minimum, en ce sens, confine à cette catégorie que l’on nomme les travailleurs et travailleuses pauvres. On parle ici de gens qui, malgré le fait qu’ils occupent un emploi, sont incapables de se sortir de la pauvreté.

Par ailleurs, les banques alimentaires ont remarqué, dans les dernières années, qu’une part croissante des demandes leur étant adressées venait de gens qui occupent un emploi à temps plein. Contrairement à la croyance populaire, avoir un emploi implique de moins en moins une sortie de la pauvreté. L’idée derrière le salaire viable est donc de briser ce cercle vicieux.

Augmenter le salaire minimum est donc une bonne chose. Il reste néanmoins que la hausse qui entre en vigueur aujourd’hui est insuffisante.

Minh Nguyen

Chercheur à l’IRIS.

Philippe Hurteau

Chercheur à l’IRIS

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