Édition du 3 décembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 26 novembre 2019

Les femmes, partout dans le monde, rejettent les diktats du patriarcat !

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Cette semaine dans Presse-toi à gauche, Bernard Rioux revient sur le débat portant sur l’écofiscalité qu’a connu le congrès récent de Québec solidaire tout comme Sébastien Barraud qui lui, critique la nouvelle approche de QS sur l’accession à la souveraineté alors qu’un collectif d’auteures lance la campagne des 12 jours d’action contre les violences faîtes aux femme par une déclaration contre le contrôle du corps des femmes.

Pour Bernard Rioux, QS a manqué une occasion de débattre en profondeur de son plan de transition économique. Jusqu’à tout récemment QS s’opposait aux bourses du carbone et à la taxe carbone à la consommation. Le congrès devant couronner la fusion entre Option nationale et QS fut plutôt l’occasion d’une régression en cette matière. Alors que l’auteur fait la démonstration que ces « outils » sont la dernière manœuvre des intérêts des industriels s’appuyant sur les énergies fossiles pour transformer la catastrophe climatique en occasions d’affaires, QS sombre dans le piège du capitalisme vert. L’auteur plaide plutôt pour une « une planification écologique définie démocratiquement par les citoyen-ne-s. »

Sébastien Barraud quant à lui qualifie d’ »optionationaliste » le virage opéré par QS lors de son 14e congrès. Il soulève les nombreuses contradictions que la nouvelle position de QS sur l’accession à la souveraineté, notamment en matière de droit à l’autodétermination des peuples autochtones présents au Québec. Il note aussi le silence sur plusieurs aspects de la question stratégique et la posture méprisante envers les militant.e.s de QS qui sont moins affirmatifs sur la question de l’indépendance.

À l’occasion du lancement des 12 jours contre les violences faites aux femmes, un collectif d’auteures des Centres de femmes de Québec dénonce le « contrôle du corps des femmes comme violence quotidienne. » Elles constatent que les volontés d’émancipation des femmes se heurte « aux normes sociales de sexe imposé par le patriarcat. » Elles se solidarisent « avec toutes ces femmes qui rejettent les diktats du patriarcat et affrontent les sarcasmes et les injures. »

Par ailleurs, Claude Vaillancourt décrit le lobby du pétrole comme hyperactif, Yvan Perrier poursuit la publication de ses articles relatant les négociations successives dans le secteur public avec les parties 17 et 18, Eve-Lyne Couturier met en doute les réelles intentions de la CAQ derrière l’abolition des commissions scolaires, une réduction budgétaire de l’ordre de 0,1% du budget des commissions scolaires et y voit plutôt une aggravation du déficit démocratique et Isabelle Boisclair souligne la place encore minoritaire des femmes dans la littérature québecoise.

Sur la scène internationale

En ce début des douze jours de lutte contre les violences faites aux femmes, nous avons choisi deux articles traitant de ce thème. Et comme la scène mondiale est toujours en effervescence, nous avons retenu trois articles issus de continent différent et développant une perspective originale de développement capitaliste effréné.

Concernant les violences faites aux femmes

La Via Campesina appelle à la participation à la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes

Cet article mobilisateur commence par situer le contexte et parle de violence structurelle, de fascisme et de perte d’acquis des droits des femmes y compris dans les droits au travail. Ce contexte pose les chiffres alarmants des violences faites aux femmes « les statistiques sur la violence physique et sexuelle contre les filles, les femmes et les diverses identités se multiplient à l’échelle mondiale, que les viols et les féminicides se produisent dans un climat d’impunité et d’injustice de la part du système macho et patriarcal. » Pour bien rendre compte d’une approche militante, la déclaration invite à des actions et à utiliser un slogan qualifié de politique Stop aux violences faites aux femmes

Actualités du féminisme

Comme deuxième article féministe, nous proposons cet article sur la situation française parce que la France est en pleine ébullition avec le mouvement des gilets jaunes et les différents appels à la grève. Mais aussi parce que l’on peut y voir aussi un renouveau des luttes féministes qui s’inscrit dans un contexte international des luttes des femmes « contre les inégalités écono-miques, contre les violences sexistes, ou encore pour le droit à l’avortement » L’article note un point important : « c’est que les femmes s’organisent ensemble de manière autonome, pour lutter pour leurs droits, leurs conditions de travail, leurs salaires, en somme leurs revendications propres. » Pour s’organiser de façon autonome, les femmes s’organisent en « collectifs spontanés de femmes qui parfois y font leur première expérience militante ». Les actions contre les violences faites aux femmes sont dans les actions et revendications prioritaires et « ont permis que la question des féminicides ne soit plus rangée à la page des faits divers mais au contraire soit un fait politique, une structure du système capitaliste ».

Et pour les prochains mois, les perspectives sont nombreuses « Il s’agit de se demander quelles revendications mettre en avant sur les questions des violences, de théoriser la grève des femmes comme outil stratégique, de déterminer comment articuler la question de classe à la question des oppressions, ou encore d’engager un angle féministe dans la bataille des retraites. »

Concernant l’Asie et le Proche-Orient

La Palestine est une question de justice climatique

L’actualité expose toutes les différentes formes de conflits entre Israël et la Palestine, à Gaza, en Cijordanie, à Jérusalem. L’agression impérialiste et coloniale d’Israël domine la situation.

Cet article attire notre attention sur cette agression mais en l’illustrant sous l’angle écologique. « Les autochtones palestiniens qui vivent sous occupation et apartheid israéliens, sans aucun contrôle sur leur terre et leurs ressources naturelles, sont extrêmement vulnérables face à la crise climatique. Israël monopolisant les cultures, la hausse des températures exacerbe la désertification et la raréfaction de l’eau et de la terre, et créé un apartheid climatique. » Les multinationales y sont aussi dénoncées pour soutenir l’énergie fossile, l’industrie d’armement et les agressions israéliennes. L’article se poursuit en faisant une nomenclature de faits qui sont des actes d’agressions antiécologiques « La prétention mensongère et raciste d’Israël de « faire fleurir le désert » est énoncée pour cacher sa violente destruction de la société palestinienne et ses pratiques non durables en agriculture et en utilisation de l’eau. » Et la conclusion demeure claire « Les luttes contre le colonialisme, le racisme et la militarisation, et pour le climat, la justice économique et sociale, sont profondément interconnectées. »

Pour l’Afrique

Alerte sur la sophistication des techniques d’endettement illégitime via la téléphonie mobile

L’auteur illustre son propos à partir d’un pays africain le Kénya. Il veut démontrer jusqu’où peuvent aller les capitalistes dans l’endettement illégitime. C’est le crédit par téléphone mobile. Et le Kénya est bien placé pour ce type de technologie « Au Kenya, pays de 50 millions d’habitants, »... « 40% des adultes auraient un compte bancaire c’est-à-dire beaucoup moins que les 70% qui utiliseraient l’argent mobile. En Tanzanie, le pays voisin, 18% des adultes auraient un compte bancaire et près de 20% utilisent l’argent mobile. Au Kenya, il y a au moins 49 plateformes internet de crédit. » Et évidemment ces crédits spéciaux ne sont pas assurés par le système bancaire et ces financiers n’ont de compte à rendre à personne. Ce type de crédit devient, comme le souligne l’auteur, une nouvelle forme d’esclavage et de servitude car cette demande de crédit c’est pour acheter des besoins de base nécessaires à la survie. Autre fait souligné dans l’article la différence ente les hommes et les femmes dans l’utilisation de ce type de crédit. « La population féminine représente la moitié de la base de clientèle potentielle sur tous les marchés. Les opérateurs d’argent mobile qui ignorent la répartition par sexe de leur base de clientèle prennent le risque de passer à côté d’un énorme segment de marché. Les femmes tendent plus souvent à recevoir de l’argent mobile qu’à en envoyer. Les entretiens avec les opérateurs d’argent mobile montrent que sur de nombreux marchés, les femmes reçoivent plus souvent de l’argent mobile qu’elles en envoient, alors que les émetteurs de transferts sont principalement de sexe masculin. Ces statistiques montrent que les femmes financièrement dépendantes constituent un segment de marché important car elles utilisent les services d’argent mobile pour recevoir des transferts en provenance de membres de leur famille et/ou des prestations sociales en provenance d’organismes gouvernementaux ou caritatifs. »

Enfin l’auteur propose des solutions pour éliminer ces dettes illégitimes : « il faut non seulement interdire les pratiques abusives mais il faut aussi appliquer des politiques radicales avec pour effet d’augmenter le revenu des classes populaires, améliorer et augmenter les services publics, assurer leur gratuité. Il faut aussi renforcer toutes les mesures concrètes nécessaires pour assurer l’émancipation des femmes et mettre fin aux mécanismes d’oppression capitaliste patriarcale. »« Il convient également de retirer des mains des capitalistes le secteur financier et le transformer en véritable service public sous contrôle citoyen. »

Quant aux Amériques

Le coup d’Etat bolivien sent le lithium

L’État bolivien est un pays vivant de ses ressources naturelles et en particuliers des produits miniers. « l’exploitation minière bolivienne reste le principal fournisseur d’étain, de tungstène, de fer et d’antimoine aux États-Unis et l’un des plus importants de cuivre, d’argent, d’or et de zinc. » C’est en fait le tiers du PIB bolivien et sa région la plus riche (80% de la Bolivie) en minéraux est le Potosie. Cette richesse a servi le gouvernement de gauche d’Evo Morales.« Morales a utilisé le secteur minier pour ses politiques sociales. Il a été essentiel puisque la pauvreté a diminué de 60,6% à 34,6% au cours de son mandat, avec une réduction de l’extrême pauvreté de 38,2% à 15,2%, parmi d’autres réalisations irréfutables. »

Mais Morales a tenté de sauver la chèvre et le chou en ne remettant pas en question ces multinationales extractivistes et en tentant de jouer la Chine contre les États-Unis. C’est dans le lithium que cela s’est joué. Le lithium est essentiel pour les batteries des futures voitures sans carburant fossile. Et c’est ce jeu entre les firmes chinoises TBEA et ACISA « L’entrée de TBEA, ainsi que celle d’autres sociétés chinoises, telles que China Machinery Engineering, déjà implantées dans l’industrie du lithium dans le pays, a démontré l’expertise nécessaire pour développer de nouvelles techniques d’extraction. ACISA, en plus d’offrir de bonnes perspectives sur les bénéfices, a été interprétée comme une menace pour les grandes sociétés minières transnationales. »

Là, comme par hasard, comme une coïncidence, les mobilisations de droite ont été mises en branle et ont réussi un coup d’état contre Morales. Et l’auteur de conclure « Cependant, s’il est vrai que, comme le disait Hugo Chávez, l’OEA laisse une forte odeur de pétrole, il semble chaque jour plus remarquable que ce coup pue également le lithium . »

Bonne lecture

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