Édition du 20 octobre 2020

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Planète

40% des espèces végétales sont en danger d’extinction

Un risque pour la sécurité alimentaire mondiale

Un récent rapport international montre comment la perte croissante de biodiversité pourrait affecter la sécurité alimentaire. A tel point que 30% des plantes qui servent à l’alimentation figurent sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les causes ? L’essor des monocultures, le réchauffement climatique et le développement urbain et commercial.

photo et article tirés de NPA 29

La perte de biodiversité est de plus en plus grave. A tel point que l’action humaine sur la Terre a déjà provoqué l’extinction de 40% des espèces végétales et fongiques, selon la macroétude L’état des plantes dans le monde en 2020, préparée par plus de deux cents chercheurs de 47 pays différents et publiée par la Fondation des nouveaux phytologistes. La menace qui pèse sur la végétation mondiale pourrait avoir des conséquences sur la sécurité alimentaire, puisque 30 % des espèces comestibles figurent sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Ce chiffre – deux plantes sur cinq sont en danger de disparition – met en alerte les scientifiques impliqués dans la publication. Car la végétation est le pilier de la vie sur Terre. Non seulement en termes d’alimentation, mais aussi en termes de santé des écosystèmes, tandis que la biodiver-sité génétique sert de barrière à l’émergence des maladies. Cela devient important si l’on consi-dère le contexte de la pandémie dans lequel les recherches ont été publiées. En fait, la publica-tion met en garde contre la relation directe entre l’augmentation des taux de déforestation et l’émergence de nouveaux agents pathogènes.

En tout cas, les conséquences de cette perte naissante de biodiversité mettent en péril l’avenir de l’alimentation mondiale, car la disparition d’espèces végétales a des répercussions directes sur la façon dont l’homme se nourrit. Selon le rapport, la pénurie d’espèces végétales destinées à la consommation humaine est de plus en plus pressante, alors que seulement 15 plantes fournissent 90% du total des calories mondiales, avec une forte dépendance à l’égard des monocultures de riz, de maïs et de blé.

Seules 15 plantes fournissent 90 % des calories totales du monde, avec une forte dépendance à l’égard des monocultures de riz, de maïs et de blé


La situation, avertissent les experts, est encore plus inquiétante si l’on considère que les estimations démographiques parlent d’une croissance démographique importante face à l’année 2050, où la population de la planète pourrait atteindre 10 milliards d’habitants. Autrement dit, plus de gens et moins de nourriture.

Alors que le rapport souligne qu’il existe actuellement un total de 7 039 espèces végétales qui pourraient être destinées à la consommation humaine, seules 417 pourraient être adaptées aux cultures. En outre, 30 % des plantes comestibles figurent sur la liste rouge de l’Union interna-tionale pour la conservation de la nature (UICN), ce qui les met en danger d’extinction.

La recherche indique directement que le modèle de production agricole industrialisé est la principale source de cette perte de diversité alimentaire végétale. Depuis les années 1960, avec la « révolution verte », le monde rural s’est tourné vers un modèle intensif dominé par les monocultures, les nouveaux systèmes d’irrigation et l’utilisation d’engrais, qui visent à tirer le meilleur parti de la terre.

Cela a permis de satisfaire une demande accrue et de lutter contre la faim dans le monde, mais a également entraîné une diminution de la variété génétique des aliments. En fait, les agricul-teurs locaux eux-mêmes ont été progressivement conduits, par le biais de subventions, vers ce modèle, de sorte que de nombreux produits traditionnels ont fini par disparaître ou par réduire leur variété.

S’il est vrai que la Révolution verte a réussi à réduire le pourcentage de personnes touchées par la famine, le processus a fini par affecter directement la nutrition alimentaire des populations les plus pauvres, qui sont celles qui peuvent consommer le moins d’aliments variés. Les scientifi-ques expliquent dans le rapport que les cultures traditionnelles d’autoconsommation qui ont été abandonnées en raison de l’arrivée des monocultures « étaient des sources importantes de micronutriments tels que le fer, la provitamine A et le zinc ».

« L’extinction est reportée mais pas empêchée.

Le rapport souligne directement que le développement de systèmes agricoles modernes est l’une des principales menaces. Il n’est pas surprenant qu’il existe d’autres causes, toutes liées à la manière dont les humains interagissent avec les écosystèmes, comme l’introduction d’espè-ces envahissantes, l’urbanisme et le développement commercial ou le changement climatique lui-même. Tout cela génère de grandes altérations dans la nature et réduit la diversité des espèces animales et végétales.

Cette publication – qui intervient quelques jours après que l’ONU ait appelé les gouvernements à mettre fin à la guerre contre la nature – met en lumière les conséquences qu’un si grand nombre de plantes pourrait avoir pour l’humanité.

Cela dynamite les possibilités de nourrir la population dans un avenir marqué par l’incertitude, mais mine également la capacité des scientifiques eux-mêmes à découvrir de nouvelles espèces, puisque de nombreuses plantes et champignons menacés ne sont même pas connus ou étudiés par les humains. Il s’agit, selon les biologistes eux-mêmes, d’un « coffre aux trésors » qui pourrait fournir à l’humanité de la nourriture, des médicaments ou des biocarburants.

Il précise également que la manière dont les écosystèmes sont détruits, laissant de petites parcelles vierges, ne génère pas la disparition immédiate des espèces, mais il les condamne : « Imaginez une catastrophe soudaine qui détruirait 90% d’une forêt.

Si certaines plantes vont immédiatement disparaître localement, la plupart des espèces se trouveront encore dans les 10 % de forêt qui restent. Toutefois, la réduction de la superficie signifie que certaines d’entre elles, en particulier les plantes plus rares, seront exposées en permanence à des niveaux de population dangereusement bas. De cette façon, l’extinction est retardée mais pas empêchée », explique John Halley, professeur d’écologie à l’université de Ioannina (Grèce) qui fait partie de la recherche.

Enfin, la recherche couvre également les impacts de la perte de biodiversité sur le domaine médical, puisque la disparition d’espèces touche des centaines de plantes utilisées à des fins médicinales. Le déclin des variétés végétales concerne la recherche pharmacologique, mais aussi des milliers de communautés locales qui n’ont pas accès aux médicaments industriels et dépendent de la médecine traditionnelle.

Les données recueillies par les chercheurs montrent que 20% des plantes médicinales sont menacées et 2% sont en danger d’extinction.

madrid 02/10/2020 alexander tena

https://www.publico.es/

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