Édition du 22 septembre 2020

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Argent : ne pas en parler pour les médecins spécialistes et en parler pour les préposéEs aux bénéficiaires en mettant la faute sur le dos des syndicats

Monsieur Legault doit envisager la voie du compromis négocié avec les syndicats des secteurs public et parapublic et non pas la voie du décret ou de la loi spéciale

Nous sommes aux prises avec une crise aux conséquences funestes pour un nombre trop élevé de la population du Québec et d’ailleurs dans le monde. Il n’y a pas matière à rire avec la COVID-19 et ses conséquences létales des personnes vulnérables. Jusqu’à cette semaine, malgré des circonstances pénibles et difficilement acceptables pour quiconque, tout allait relativement bien pour le premier ministre du Québec monsieur François Legault qui obtenait des résultats intéressants dans les sondages.

Puis, le nombre de décès au Québec s’est mis à croître, surtout chez les personnes âgées résidant dans des CHSLD et les résidences privées. Devant ces faits, le premier ministre François Legault s’est lancé à la recherche de boucs émissaires. Il en a identifié deux : d’abord les médecins et les médecins spécialistes et ensuite les syndicats des secteurs public et parapublic.

S’il existe une espèce de professionnelLEs qu’un premier ministre n’a pas le droit de critiquer, c’est bien le groupe des médecins et des médecins spécialistes. C’est professionnelLEs ont une formation qui se monnayent à un taux élevé (10% du budget de la province de Québec ou 20% du budget du ministère de la Santé et des Services sociaux[1]). Il s’agit de personnes hautement qualifiées et seulEs les charlatanNEs ou les imposteurEs peuvent prétendre pouvoir rivaliser ou concurrencer avec ces personnes qui ont une formation professionnelle dispensée par des universités accréditées.

Lors de sa conférence de presse de mercredi le 15 avril 2020, le premier ministre François Legault n’y est pas allé avec l’endos de la cuiller. Il les a ciblés et vilipendés publiquement. Il les a tout simplement accusés de ne pas en faire assez dans le présent contexte de crise sociosanitaire. Il leur a reproché de manquer de solidarité avec les infirmières, infirmiers et les préposéEs aux bénéficiaires des CHSLD qui sont à bout de souffle. Je me permets de reproduire ici un long extrait de la conférence de presse de monsieur Legault et de madame McCann du 15 avril 2020. Extrait qui commence avec une question du journaliste Hugo Lavallée

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour. Je voudrais être certain de bien comprendre le problème de manque de personnel parce qu’il y a aussi près de 40 000 personnes qui avaient signalé un intérêt sur le site Je contribue !, je crois. On nous dit qu’il y a des gens normalement qui sont affectés à des soins à domicile et qui se sont portés volontaires qui n’ont toujours pas été rappelés. Même chose aussi, tout à l’heure, la ministre fédérale de la Santé indiquait qu’ils avaient une banque avec, je pense, un millier de noms de gens qui parlent français et qui seraient prêts à venir donner un coup de main ici au Québec. Donc, de part et d’autre, on entend des échos de gens qui nous disent qu’ils sont prêts à venir contribuer, mais, d’autre part, vous nous dites qu’il y a un problème, visiblement, sur le terrain. Alors, comment se fait-il qu’on ait tant de difficulté à faire atterrir tous ces gens-là qui veulent aider et qui n’arrivent pas à le faire, visiblement ?

M. Legault : O.K. Bon, effectivement on réussit à aller chercher un peu de personnes à gauche, à droite, soit qu’ils n’ont pas fini tout à fait leur formation, soit qu’ils étaient retraités puis que, là, via le site Je contribue !, sont maintenant disponibles, mais on va continuer à regarder ceux qui donnent des soins dans des entreprises d’économie sociale. Donc, on regarde tout ça, mais là on a besoin de 2000 personnes, puis on pense, entre autres chez les spécialistes, là, qu’il y en a au moins 2000 qui, actuellement, à cause du report des chirurgies, seraient disponibles pour venir régler le problème rapidement le temps qu’on mette ça en place.

Concernant le fédéral, on a demandé effectivement au fédéral combien il y a de personnes qualifiées parce qu’on ne veut pas non plus entrer du monde qui n’ont pas de qualifications. Et je viens de voir en même temps que vous, là, il y a quelques minutes, sur Twitter, la ministre qui dit : On aurait peut-être 1000 personnes qualifiées à envoyer. Donc, si c’était le cas, là, bien, il serait le bienvenu effectivement. Donc, on a demandé au fédéral combien il pouvait nous envoyer de personnes qualifiées qui pourraient aller dans les CHSLD donner un coup de main. Puis, évidemment, ils sont les bienvenus.

M. Lavallée (Hugo) : Puis je veux être certain aussi de bien comprendre puis de bien décoder ce que vous nous dites sur les médecins. Vous parlez d’un côté des médecins omnipraticiens, de l’autre part, des médecins spécialistes. Est-ce qu’on doit comprendre qu’en ce moment il y a comme une espèce de chicane de docteurs qui fait en sorte qu’on n’arrive pas à avoir les gens sur le terrain ? Puis, vous parliez d’une entente, est-ce qu’on peut avoir des détails sur ce que ça prévoit l’entente signée hier soir ?

M. Legault : .Oui, bien, j’écoutais ce matin les deux présidents de syndicat. Le président des médecins de famille disait : Bien, tous les médecins de famille qu’on a besoin dans les CHSLD, on les a envoyés. Mais il y a un manque d’infirmières puis de préposés. Puis là la présidente du syndicat des spécialistes disait : Bien, nous, les spécialistes, on est prêts à aller remplacer les médecins de famille. Mais, pour l’instant, il y a assez de médecins de famille. Ce n’est pas ça qu’on dit, là. On demande autant aux spécialistes puis aux médecins de famille de venir nous aider à faire du travail d’infirmière parce qu’on n’en trouve pas, des infirmières.

Donc, je comprends qu’ils sont surqualifiés pour faire ça, là, mais ce n’est pas vrai, là, comme dit la présidente du syndicat, là, qu’on veut leur faire laver des planchers, là. On veut avoir des bras, mais des gens qui ont quand même une formation de base. Je pense que les médecins spécialistes puis les médecins de famille ont une formation de base où ils sont capables de faire pas mal ce qu’une infirmière habituellement fait. Mais il nous manque d’infirmières. Donc, c’est peut-être là qu’on s’est mal compris, là. En tout cas, moi, je pense, je suis un gars habituellement clair, là, mais peut-être que je n’ai pas été assez clair dans les derniers jours.

Pour juguler cette situation de manque d’effectifs qui s’élève à 2000 personnes, il a même été question d’une entente avec les fédérations syndicales des omnipraticiens et des médecins spécialistes au sujet de leur rémunération durant la période de la COVID-19. La ministre madame McCann a même précisé que : l’entente correspondait à un simple déplacement d’argent dans les enveloppes déjà convenues entre les parties.

Le Modérateur : Est-ce que Mme McCann voulait répondre à la dernière partie de sa sous-question ?

M. Legault : Oui, bien, l’entente, qu’est-ce que ça dit, l’entente ?

Mme McCann : Oui. Ah bien, l’entente... Écoutez, on a une entente avec les spécialistes puis on a une entente aussi avec les généralistes, les médecins généralistes. Alors, ces ententes-là prévoient des rémunérations adaptées, dans le contexte de la COVID-19, à l’intérieur de leur enveloppe. Ce n’est pas une rémunération additionnelle, là, c’est une rémunération qui est ajustée à l’intérieur de l’enveloppe de la FMSQ et de la FMOQ.

À une question plus précise du journaliste Louis Lacroix le premier ministre a été plus explicite sur la nature du travail qui serait effectué par les médecins spécialistes et leur rémunération :

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. le premier ministre, Mme McCann, M. Arruda. Justement sur cette rémunération-là, c’est parce que je veux juste... parce que je pense que ça va rejoindre un peu les questionnements de mes deux collègues, là. Vous demandez à ces médecins-là de rentrer dans les CHSLD et faire le travail que font normalement les préposés aux bénéficiaires, les infirmières, etc. Est-ce que ça pourrait arriver que ces gens-là gagnent un salaire démesuré par rapport à leurs fonctions ? C’est-à-dire qu’on ne veut pas avoir quelqu’un, une infirmière par exemple, qui gagne un montant d’argent, puis à côté tu as un médecin spécialiste qui fait le même travail qu’elle puis qui gagne 15 fois plus, là. Est-ce que c’est ça que ça veut dire ? Est-ce qu’il va y avoir une rémunération comme ça pour les médecins spécialistes, les médecins qui vont aller faire un travail dans les CHSLD ?

M. Legault : Bon, d’abord, l’enveloppe qui est prévue pour les spécialistes puis les omnis devrait être dépensée, pas plus, pas moins. Maintenant, est-ce qu’on demande à certains médecins spécialistes d’aller faire du travail d’infirmière, d’être payés plus cher qu’une infirmière pendant qu’ils font le travail d’une infirmière ? Bien oui, parce qu’il y a une urgence nationale. L’urgence nationale, là, c’est qu’il nous manque d’infirmières puis de préposés dans les CHSLD.

Puis moi, j’aime mieux avoir des médecins qui viennent faire du travail d’infirmières dans les CHSLD que d’avoir des médecins spécialistes qui sont à l’hôpital devant des lits vides parce qu’on a reporté des chirurgies. Puis je comprends qu’on ne pourra pas les reporter indéfiniment, mais on peut peut-être... on les a reportés depuis quatre semaines, on peut peut-être les reporter encore pendant quelques semaines, le temps qu’on règle l’urgence nationale qu’il y a dans les CHSLD.

Lors de sa conférence de presse du 17 avril 2020, François Legault s’est senti dans l’obligation d’effectuer, dans les termes qui suivent, une mise au point concernant les médecins spécialistes :

« Je veux aussi apporter une précision. J’ai parlé hier (le jeudi 16 avril 2020 Y.P.) avec la présidente de la Fédération des médecins spécialistes, Diane Francoeur, puis il y a eu comme un mauvais hasard qu’il y avait une autre négociation, qui datait depuis le mois de février, concernant certaines activités dans les hôpitaux, le fameux 211 $ de l’heure, là. C’est sûr, quand on lit cette entente-là, la question se pose : Ça s’appliquerait-u (sic) dans ce qui va maintenant se faire dans les CHSLD ? Ce n’était pas clair. Mais on a convenu, là, Diane Francoeur, donc la présidente de la Fédération des médecins spécialistes et moi, que ça ne s’applique pas dans les CHSLD. Donc, ça ne s’applique pas, ce montant-là. »

« Puis ce n’est pas le temps de négocier combien les médecins seront payés pour le travail qu’ils viennent nous aider à faire dans les CHSLD. Ce n’est pas le temps de parler de salaire. Puis je pense que la grande, grande majorité des médecins, là, ils ne veulent pas faire ça pour le salaire, ils veulent faire ça pour aider. Donc, ce n’est pas le temps de parler d’argent, c’est le temps de sauver des vies, sauver des vies de nos aînés. Puis c’est tous ensemble, là. »

[…]

« M. Legault : Bien, je me suis posé des questions. Vous m’avez fait réfléchir. Beaucoup de gens posent la question. Moi, je me la pose depuis plusieurs jours.

C’est sûr que la priorité, là, l’urgence, là, c’est de régler la crise, là, tu sais. Puis comme je le disais tantôt pour les médecins, puis comme je le disais, puis on se le disait avec Diane Francoeur, ce n’est pas le temps de parler d’argent, c’est le temps de réduire le nombre de morts dans les CHSLD, là. C’est ça qui est la priorité. »

De ces deux extraits de la conférence de presse de monsieur Legault du 17 avril 2020, il se dégage : 1) que l’entente conclue avec la Fédération des médecins spécialistes au sujet du 211$ de l’heure ne s’applique pas au travail qui sera effectué dans le cadre de la campagne COVID-19 ; 2) que « ce n’est pas le temps de parler d’argent c’est le temps de sauver des vies ». La paix et le climat de confiance entre monsieur François Legault et la présidente de la Fédération des médecins spécialistes semblent revenus au beau fixe. Retenons que « ce n’est pas le temps de parler d’argent, c’est le temps de réduire le nombre de morts dans les CHSLD, là ».

Bon, passons maintenant aux préposées aux bénéficiaires, ces « gagne-petit » du secteur parapublic. Celles et ceux qui gagnent moins que certains commis dans certaines sociétés d’État. Alors là, le premier ministre François Legault a adopté, toujours le vendredi 17 avril 2020, un discours complètement opposé à celui qu’il a tenu à l’endroit de la présidente de la Fédération des médecins spécialistes et des membres qu’elle représente. Ici, il a abondamment été question d’argent et aussi, venin oblige, d’accusations mesquines à l’endroit des syndicats. Qu’on en juge par ce qui suit :

« Dans les budgets qui ont été déposés, depuis que je suis premier ministre, par le ministre des Finances, il y a eu des augmentations importantes des budgets dans les CHSLD. Par contre, malgré les augmentations de budgets, beaucoup de postes ont été affichés, mais n’ont pas été comblés. Donc, vous m’avez entendu souvent, depuis un an, dire : Il faudrait augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires pour être plus attirant puis pour combler ces postes. Bon, je me suis dit : Les conventions collectives se terminent toutes le 31 mars 2020, donc il y a quelques jours. Donc, je me suis dit : On va attendre la négociation avec les syndicats pour augmenter les préposés aux bénéficiaires.

Aujourd’hui, je l’avoue, puis je prends la pleine responsabilité, je pense que, si c’était à refaire, il aurait fallu que j’augmente plus vite les salaires des préposés aux bénéficiaires, même sans l’accord des syndicats. On le sait, habituellement, on donne toute la même augmentation de salaire à tous les employés. Ce n’est pas simple tout le temps, négocier avec les syndicats. Mais honnêtement, là, si c’était à refaire, j’aurais augmenté plus vite les salaires des préposés aux bénéficiaires, même sans l’accord des syndicats. »

« Mme Martin (Andrée) : Oui, bonjour à vous trois. M. Legault, vous dites que vous auriez dû augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires bien avant, même sans l’accord des syndicats. Vous nous dites que vous en prenez l’entière responsabilité, mais est-ce que les syndicats devraient prendre, selon vous, une part de cette responsabilité également ?

M. Legault : Regardez, là, moi, je suis ici pour prendre ma part de responsabilité, là. On peut tout faire, au gouvernement, par décret ou par une loi spéciale. Donc, je prends toute la responsabilité. »

« M. Legault : Bien là, on a mis des primes temporaires. Bon, évidemment, dans un monde idéal, on aimerait s’entendre avec les syndicats. Ça fait partie des discussions qu’on a déjà depuis des mois avec les syndicats. Ce n’est pas simple. Je le disais tantôt, il y a des syndicats qui représentent plusieurs groupes d’employés, donc ils doivent avoir une certaine équité dans leurs demandes pour l’ensemble de leurs membres. Ça n’a jamais été fait, là. Nous, quand on a dit, depuis un an, là : On veut augmenter plus les préposés puis plus les enseignants, il n’y a pas eu, nécessairement, une réaction très positive de la part des syndicats parce que, dans l’histoire du Québec, là, que ce soient les libéraux ou les péquistes, bien, ça se négocie dans une nuit, dans le bureau du premier ministre, puis là on décide que c’est deux, un et demi, là, les augmentations, tout le monde, la même augmentation.

Donc, d’arriver puis de dire : Non, nous on veut des plus grosses augmentations pour certains groupes, ça ne sera pas nécessairement facile. Moi, ce n’est pas mon premier choix d’être en guerre avec les syndicats. Bien, mais là il y a des primes temporaires, là. Il y a des primes de quatre piastres de l’heure au privé, de 8 % au public, donc, déjà, il y a une partie, mais il faut envoyer un signal permanent, là. Pour que des jeunes choisissent d’étudier pour devenir préposés aux bénéficiaires, ils ne peuvent pas juste se fier à une prime temporaire pendant la crise de la COVID-19. Il faut que ça soit mis dans les conventions collectives de façon permanente. »

Bref, selon la logique implacable de monsieur François Legault, s’il y a un problème de pénurie de préposées aux bénéficiaires dans le réseau de la santé, c’est à cause des bas salaires qui leur sont versés. Si les salaires sont bas, c’est la faute aux syndicats qui ne savent pas négocier. Les représentantEs syndicaux semblent négocier, toujours selon François Legault, avec une vision uniformisatrice (un pourcentage identique et universel) qui a eu pour effet de maintenir trop bas les salaires des préposéEs aux bénéficiaires.

Ainsi donc, par rapport aux médecins spécialistes, le premier ministre précise qu’il ne faut pas parler d’argent (alors qu’il l’a fait lui-même le 15 avril 2020). Face aux préposéEs aux bénéficiaires, ici il ne se gêne pas pour parler d’argent et profite de l’occasion pour stigmatiser les syndicats. Manifestement, monsieur Legault ne connaît pas l’historique des négociations dans les secteurs public et parapublic. Ses connaissances en matière d’équité et de relativité salariales semblent comporter des lacunes majeures.

Le premier ministre Legault est-il au courant des travaux qui ont été effectués, lors de la ronde de négociation de 2015, dans les secteurs public et parapublic, en lien avec l’équité et la relativité salariales ? Est-il au courant que chaque catégorie d’emploi, dans ces secteurs, a maintenant son rangement ? Sait-il qu’il existe-t-il des plaintes devant la Commission des normes, de l’équité, de la santé et la sécurité au travail concernant les préposées aux bénéficiaires et que ces plaintes peuvent être réglées dans le cadre d’une démarche de conciliation entre l’employeur (c’est-à-dire son gouvernement) et les représentantEs des salariéEs (les syndicats) ? Est-il au courant qu’en procédant à un changement de rangement, pour le titre d’emploi des préposéEs aux bénéficiaires, il est possible de valoriser la rémunération des personnes affectées à ce poste de travail ?

Par les temps qui courent, le premier ministre Legault, nous montre qu’il n’a rien perdu de ses réflexes anti-syndicaux. En prétendant assumer l’entière responsabilité des échecs des CHSLD, il profite d’un raccourci selon lequel augmenter unilatéralement les salaires des préposéEs aux bénéficiaires, en passant par-dessus la tête des négociatrices syndicales et des négociateurs syndicaux, aurait réglé, comme par enchantement, le problème de la pénurie de main-d’œuvre qu’on observe aujourd’hui dans les Centres ci-haut mentionnés ? Selon nous, monsieur Legault n’a rien prouvé à ce sujet.

Après s’être excusé auprès des spécialistes et de la Fédération qui les représente, il appartient à monsieur Legault de décider à qui d’autres il doit adresser ses excuses. Une chose est certaine, les offres de son gouvernement, qui ont été rendues publiques, le 14 décembre 2019, comportent un pourcentage fixe et ridiculement bas pour les 550 000 salariées syndiquées et s’inscrivent dans une période de temps qui ne peut, à terme, qu’appauvrir davantage les salariéEs syndiquéEs des secteurs public et parapublic. Pour régler les problèmes qu’il rencontre en ce moment, il doit s’en prendre à lui-même et aux gouvernements qui l’ont précédé depuis le début des années quatre-vingt du siècle dernier. Il doit impérativement réviser à la hausse ses offres de telles manières que la rémunération des salariées des secteurs public et parapublic cesse d’accuser un retard constant et répété avec ce qui est versé dans la fonction publique fédérale et municipale. À lui de régler ce problème dans le cadre prévu par la loi et la jurisprudence : c’est-à-dire la voie du compromis négocié et non pas du décret ou de la loi spéciale.

Yvan Perrier

yvan_perrier@hotmail.com

18 avril 2020

14h10

http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-59389.html . Consulté le 18 avril 2020.

http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-59461.html . Consulté le 18 avril 2020.

https://www.pressegauche.org/La-condition-salariale-des-preposeEs-aux-beneficiaires-dans-le-reseau-de-la . Consulté le 18 avril 2020.

[1] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1083550/medecins-specialistes-entente-gouvernement-quebec-remuneration-bonification . Consulté le 18 avril 2020.

Zone contenant les pièces jointes

Yvan Perrier

Yvan Perrier est professeur de science politique depuis 1979. Il détient une maîtrise en science politique de l’Université Laval (Québec), un diplôme d’études approfondies (DEA) en sociologie politique de l’École des hautes études en sciences sociales (Paris) et un doctorat (Ph. D.) en science politique de l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur au département des Sciences sociales du Cégep du Vieux Montréal (depuis 1990). Il a été chargé de cours en Relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais (de 2008 à 2016). Il a également été chercheur-associé au Centre de recherche en droit public à l’Université de Montréal.
Il est l’auteur de textes portant sur les sujets suivants : la question des jeunes ; la méthodologie du travail intellectuel et les méthodes de recherche en sciences sociales ; les Codes d’éthique dans les établissements de santé et de services sociaux ; la laïcité et la constitution canadienne ; les rapports collectifs de travail dans les secteurs public et parapublic au Québec ; l’État ; l’effectivité du droit et l’État de droit ; la constitutionnalisation de la liberté d’association ; l’historiographie ; la société moderne et finalement les arts (les arts visuels, le cinéma et la littérature).
Vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante : yvan_perrier@hotmail.com

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