Plastique : le grand emballement
Nathalie Gontard avec Hélène Seingier
Je me suis beaucoup inspiré de ce livre pour la rédaction de ma chronique d’octobre sur l’environnement dans le mensuel Ski-se-Dit. La chercheuse Nathalie Gontard nous y raconte comment ce matériau, dont l’usage n’a cessé de croître depuis les années 1960 et particulièrement au cours des dernières décennies, pose aujourd’hui et pour les générations à venir d’immenses problèmes aux niveaux de l’environnement et de la santé. Elle nous éclaire sur les différents types de plastique, leur dissémination en infimes particules dans l’environnement, et l’inefficacité - sinon l’impraticabilité - de leur recyclage. Les seules solutions viables et nécessaires : passer de ce plastique à base de pétrole, persistant dans l’environnement, à un plastique facilement biodégradable à partir de résidus organiques et à la réutilisation d’autres matériaux et la réintégration d’autres pratiques. Un livre dont je vous recommande chaudement la lecture et qui, je le souligne, se termine sur une note très positive.
Extrait :
Le mécanisme est implacable : le plastique se charge en substances potentiellement toxiques, se dégrade jusqu’à une échelle infime, se multiplie s’invite dans notre environnement, nos aliments et s’installe ensuite dans nos organes pour interférer avec leur fonctionnement.
Démocratie - Histoire politique d’un mot
On nous tuera doucement
Frédéric Bérard
Je ne connaissais pas encore Frédéric Bérard il y a peu, même s’il est très présent dans certains médias. Je l’ai connu, ces derniers mois, à partir de ses courtes capsules vidéo dans lesquelles il défend avec verve l’état de droit en vilipendant Donald Trump et ses comparses et, chez nous, Mathieu Bock-Côté, personnages qu’il ne craint pas, à juste titre, de traiter de fascistes. Ces « chroniques sur nos dérives médiatiques, politiques et environnementales », écrites dans un style presque parlé, sont très instructives en matière de droit, à la lumière de la politique américaine et de la politique québécoise et canadienne. J’ai bien aimé, même si son interprétation de la guerre en Ukraine m’a semblé particulièrement manichéenne, en omettant complètement le rôle des États-Unis dans le conflit.
Extrait :
Mais il a fait quoi, depuis sa nomination à l’Environnement, Guilbeault ? Interdiction des pailles en plastique. Ou encore, des vidéos où on le voit nettoyant ses ustensiles, habitude, confesse-t-il, prise chez Équiterre. Bref, au diapason de son gouvernement, obsédé par l’image.
La Scouine
Albert Laberge
Ce fut le premier roman québécois à s’inscrire en faux contre le roman du terroir destiné depuis 1846 à promouvoir la vie paysanne et l’agriculture chez les Canadiens-Français. Il ressemble en cela d’une certaine façon, mais de manière beaucoup moins descriptive, au roman « La Terre » d’Émile Zola, qui donnait lui aussi, mais pour la France, une image beaucoup moins idyllique de la vie paysanne. « La Scouine » fut le seul roman d’Albert Laberge. Il mettra 18 ans à sa rédaction, de 1899 à 1917, et le publiera à compte d’auteur en 1918. C’est un roman réaliste et sombre qui décrit les scènes de la vie rurale de l’époque en jetant un regard dur et pessimiste sur les mœurs et coutumes des « habitants ». J’ai aimé.
Extrait :
De son grand couteau pointu à manche de bois noir, Urgèle Deschamps, assis au haut bout de la table, traça rapidement une croix sur la miche que sa femme Mâço venait de sortir de la huche. Ayant ainsi marqué du signe de la rédemption le pain du souper, l’homme se mit à le couper par morceaux qu’il empilait devant lui. Son pouce laissait sur chaque tranche une large tache noire. C’était là un aliment massif, lourd comme du sable, au goût sur et amer. Lorsqu’il eut fini sa besogne, Deschamps ramassa soigneusement dans le creux de sa main, les miettes à côté de son assiette et les avala d’un coup de langue. Pour se désaltérer, il prit une terrine de lait posée là tout près, et se mit à boire à longs traits, en faisant entendre, de la gorge, un sonore glouglou. Après avoir remis le vaisseau à sa place, il s’essuya les lèvres du revers de sa main sale et calleuse. Une chandelle posée dans une soucoupe de faïence ébréchée, mettait un rayonnement à sa figure barbue et fruste de travailleur des champs. L’autre bout de la table était à peine éclairé, et le reste de la chambre disparaissait dans une ombre vague.
Hollywood et la politique
Claude Vaillancourt
Militant altermondialiste et cinéphile de longue date, Claude Vaillancourt nous explique, dans ce brillant essai de moins de deux cents pages, comment le cinéma hollywoodien contribue à nous transmettre les valeurs américaines d’individualisme et une vision manichéenne du monde. Forgé au coeur même de l’empire américain, ce cinéma, nous dit-il, représente une puissante industrie qui carbure essentiellement au capitalisme. Un bon petit essai à lire, surtout pour ceux qui s’intéressent au cinéma.
Extrait :
Qu’ils le veuillent ou non, les cinéastes donnent un sens aux sujets politiques et sociaux qu’ils abordent. les spectateurs peuvent ne pas y réfléchir, n’y voir qu’un pur divertissement, se laisser happer par l’histoire et ses revirements sans s’attarder aux détails de la trame politique ni même revenir sur leurs propres réactions devant certains épisodes critiques. un certain message parvient toutefois à passer, des idées qui s’incrustent en douceur, des préjugés peut-être ou, au contraire, une ouverture d’esprit, des opinions que l’on vient à formuler sans en connaître la source.
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