Édition du 17 mai 2022

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Analyse politique

Il n’est pas trop tard

Selon des sondages récents, il est manifeste que le chef du parti québécois Paul St-Pierre Plamondon (PSP) n’est pas perçu comme un futur premier ministre crédible, et ce, même par les membres de son propre parti. De plus sous sa gouverne, la popularité du PQ stagne autour de 10% dans les sondages. À six mois de la prochaine élection, d’aucuns prédisent que l’on pourrait assister à la débandade du PQ, voire à sa disparition, ce qui à mon avis constituerait une catastrophe politique.

On ne peut évidemment pas tenir PSP pour seul responsable de cette situation périlleuse du PQ. Toutefois, malgré ses qualités personnelles indéniables, il est improbable qu’il puisse présider à un renversement de la situation. Alors, face à ce que le chroniqueur du Devoir Michel David nomme une crise de leadership, est-il trop tard pour effectuer un changement à la direction du parti ?

Le même genre de question s’est posé en Nouvelle-Zélande en 2017 à deux mois d’une échéance électorale. Le leader du parti travailliste Andrew Little a alors démissionné de son poste en assumant sa responsabilité dansla dégringolade de son parti dans les sondages.

Jacinda Ardern a été choisie pour le remplacer et deviendra lors de cette élection leader de l’opposition et, éventuellement, première ministre. Cet exemple illustre bien qu’en politique il n’est jamais trop tard pour changer de cap.

Un renversement semblable de situation pourrait survenir si PSP se désistait et que l’on élisait à la tête du PQ une personne qui a la crédibilité pour devenir premier ou première ministre et la popularité nécessaire pour propulser le PQ au sein de l’électorat. Il appartient évidement aux membres du parti de choisir cette personne, mais, me semble-t-il, au sein de la députation actuelle on en retrouvait jusqu’à tout récemment au moins deux qui correspondent à ce profil : Véronique Hivon et Pascal Bérubé. On se souviendra enfin qu’il y a quelques années le Bloc Québécois en crise était lui aussi considéré comme un parti moribond. Or, en 2019, huit mois après que Yves-François Blanchet en ait pris la direction, il renaitra à la vie et fera élire 32 députés à l’élection d’octobre, devenant ainsi la seconde opposition officielle au parlement canadien. Manifestement, il n’est pas trop tard.

Jacques Désautels, Québec

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