Édition du 18 juin 2019

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Le blogue de la présidente de la CSQ

L’urgence d’agir maintenant pour contrer les changements climatiques

Le 22 avril, c’est le Jour de la Terre. Cette année cependant, cette journée marque le début d’une véritable semaine de mobilisation qui va culminer le samedi 27 avril 2019 par une grande marche pour le climat à Montréal. Cette mobilisation s’inscrit dans la foulée des manifestations étudiantes du printemps qui ont elles-mêmes emboîté le pas au mouvement initié par la jeune Suédoise Greta Thunberg. Le message est clair : les jeunes en ont assez de notre inaction et nous devons nous bouger pour forcer nos gouvernements à changer les choses.

On ne fera pas l’autruche, les changements climatiques sont bien réels, leurs conséquences se font déjà sentir et le système auquel nous participons en est une des causes importantes. L’avenir de nos enfants et de nos petits enfants sera affecté, que nous agissions ou pas. Le mieux que nous pouvons espérer faire en ce moment, c’est de limiter les dégâts. N’avons-nous pas là une certaine forme d’obligation morale d’essayer ?

Encore trop peu de citoyennes et citoyens ont pris conscience de l’ampleur du défi auquel nous faisons face et du peu de temps que nous avons pour renverser la vapeur. Pire encore, nos gouvernements opposent continuellement lutte aux changements climatiques et création d’emplois alors qu’au contraire, une transition écologique de notre économie et une révision de nos façons de faire pourraient permettre de créer des emplois durables et ce, partout sur le territoire ! Une telle transition ne s’effectue pas en temps de crise. Elle doit se planifier et plus tôt que tard, parce que plus tard, il sera trop tard !

Un combat syndical

Pour le mouvement syndical, l’urgence d’agir est évidente. La dégradation des conditions de travail procède de la même logique que la dégradation de l’environnement : elles sont toutes deux le fruit d’une idéologie qui privilégie le rendement maximal à court terme, sans égard aux conséquences engendrées à plus long terme. Comme le dit si bien la Confédération syndicale internationale : « il n’y a pas d’emplois sur une planète morte ».

En ce sens, les solutions à ces deux enjeux sont complémentaires. Plus encore, cette convergence des luttes constitue une occasion unique pour rompre avec le modèle dominant et proposer collectivement un projet de société écologiquement soutenable et socialement équitable. D’autant plus que les effets des changements climatiques vont ajouter une pression certaine sur les finances publiques et donc sur nos services publics.

Et tout cela, sans compter sur les effets des changements climatiques sur la santé et sécurité des travailleuses et travailleurs. La vétusté des édifices publics fait en sorte qu’ils ne sont pas adaptés à la nouvelle réalité climatique, ce qui commence déjà à poser certains problèmes en matière de santé et sécurité au travail. Cela affecte non seulement le personnel, mais aussi les usagères et usagers. Pensons à tous nos établissements publics (écoles, CHSLD, hôpitaux, etc.) mal (ou pas du tout) climatisés ! Quand on sait que les épisodes climatiques extrêmes nuisent en plus à la qualité de l’air intérieur, on a de quoi s’inquiéter.

L’action collective au cœur de la lutte pour le climat

La mise en œuvre d’une transition écologique juste s’impose pour bien identifier, puis de limiter les risques en matière de santé et de sécurité, mais aussi servir d’amorce permettant de contrer l’individualisme ambiant renforcé actuellement par des modes de gestion en droite ligne avec le néolibéralisme.

Cette transition ne pourra se faire qu’en agissant collectivement, au sein de nos milieux de travail comme dans la société en général, pour concevoir puis implanter un mode de vie et de travail plus soutenable à notre échelle, tout en se réappropriant au passage notre pouvoir d’agir collectif et individuel.

Cela est d’autant plus vrai chez les plus jeunes qui se mobilisent actuellement de façon massive pour le climat, puisqu’ils appréhendent avec beaucoup de lucidité ce que la société de demain leur réserve. Ne trouvant plus de sens dans la recherche du profit individuel, ils cherchent à s’investir dans un mouvement collectif qui les dépasse, le seul à même de nourrir l’espoir que tout peut encore changer. Donnons-leur raison d’avoir espoir et rejoignons-les dans les rues de Montréal ce 27 avril !

Sonia Éthier

Présidente de la CSQ (2018-...)

Elle siégeait sur l’exécutif de la CSQ depuis 2015 à titre de première vice-présidente. Enseignante en adaptation scolaire auprès d’élèves en difficulté d’apprentissage, elle a été présidente du Syndicat de l’enseignement du Bas-Richelieu durant neuf ans. Elle milite au sein du mouvement syndical depuis plus de 30 ans.

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