Édition du 21 décembre 2021

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Environnement

Le pétrole des oléoducs sera plus polluant que la majorité du pétrole consommé en ce moment au Québec (IRIS)

MONTRÉAL, le 9 sept. 2013 - Les projets d’oléoduc à l’étude fourniront un pétrole plus polluant que la majorité du pétrole importé d’outre-mer. C’est ce que révèle une note socio-économique de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) publiée aujourd’hui. Cette note montre également qu’à cause de la production supplémentaire causée par l’ouverture de ces nouvelles voies de transport, le Québec participera activement au dépassement des limites « sécuritaires » de réchauffement climatique.

« On pourrait croire qu’en faisant venir du pétrole d’Alberta ce sera plus écologique parce que c’est plus près que l’Algérie ou en Europe, là où nous nous approvisionnons habituellement. Nos recherches démontrent que ce préjugé est entièrement faux. Si l’on considère l’ensemble de son cycle de vie, le pétrole albertain transporté jusqu’ici par oléoduc sera l’un des plus polluants du monde, 67% plus polluant que celui que nous importons d’Algérie, pays duquel nous importons le plus de pétrole », souligne Renaud Gignac, chercheur-associé à l’IRIS et auteur de la note.

« Non seulement nous ferions un choix plus polluant en optant pour les oléoducs, mais en plus ce serait pour des bénéfices économiques pratiquement imperceptibles. Par exemple, dans le cas du projet de la Ligne 9B d’Enbridge, on parle d’à peine une centaine d’emplois créés à long terme. Pour l’État, cela représente des revenus d’impôt de 6,3M$ par année, soit 0,01% de ses revenus totaux. Rappelons que le réseau d’oléoducs d’Enbridge est responsable de 73 déversements en moyenne par année. C’est très peu de bénéfices pour un prix très lourd », constate Bertrand Schepper, chercheur à l’IRIS et auteur de la note.

La note présente aussi les données de l’Agence internationale de l’énergie à propos de la production énergétique mondiale et de son impact sur les changements climatiques. Les projets d’exploitation des sables bitumineux déjà en construction nous portent à la limite sécuritaire à ne pas franchir de 2°C.

« Alors que nous sommes déjà à cette frontière, l’ouverture d’une nouvelle voie de transport pour le pétrole des sables bitumineux augmentera la production de 300 000 barils par jour. C’est le chemin inverse qu’il faut parcourir si nous voulons éviter les scénarios catastrophiques en matière de changements climatiques. Le Québec, qui en est à préparer sa stratégie énergétique, devrait tout faire pour trouver des alternatives au pétrole, plutôt que d’encourager la production des sables bitumineux. Nous avons une responsabilité collective à prendre ici », rappelle Renaud Gignac.

L’étude Projet d’oléoduc de sables bitumineux « Ligne 9B » : le Québec à l’heure des choix est disponible gratuitement sur : www.iris-recherche.qc.ca.

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