Édition du 24 mars 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 25 février 2020

Une situation internationale marquée par la multiplication des poudrières

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Cette semaine dans Presse toi à gauche, Michel Seymour parle d’un coup de force contre la nation Wet’suwet’en, 1000 scientifiques signent un appel à la désobéissance civile et Presse-toi à gauche vous offre des captations vidéos des interventions lors de la Journée pour la justice sociale et climatique à Québec le 20 février dernier.

Le philosophe Michel Seymour parle d’un véritable coup de force contre les Wet’suwet’en car le gouvernement Trudeau nie la légitimité des chefs héréditaires et que la compagnie impliquée dans le projet, Coastal GasLink, tord le droit en sa faveur. L’auteur croit que la recolonisation est en marche et que la pauvreté sert d’Argument pour que les nations autochtones cèdent le peu qu’elles possèdent. Il croit, comme plusieurs personnes que la crise actuelle met en cause « la gouvernance paternaliste de la loi sur les indiens ».

Un rassemblement pour la justice sociale avait lieu à Québec ce 20 février dernier et Presse toi à gauche était sur place et vous offre des captations vidéos des interventions des organisations syndicales, communautaires, environnementales et étudiantes présentes.

Mille scientifiques ont co-signé une déclaration que l’on reproduit ici et qui appelle à la rébellion, à prendre des actions plus radicales car les gouvernements font la sourde oreille quant aux avertissements de la gravité de la crise climatique. « Leur inertie ne peut être tolérée, clament-ils. Ils appellent à « participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvement écologistes. »

De plus, nous vous invitons à lire les textes d’analyse de la lutte des peuples autochtones contre le projet Coastal GasLink, particulièrement ceux d’André Belisle, d’Eve Torres et de Marc Bonhomme, celui de Frédéric Barriault portant sur la réforme du programme Éthique et culture religieuse, un texte de Mercedes Roberge portant sur la réforme du mode de scrutin, celui d’Yvan Perrier sur la capacité de payer du gouvernement Legault à la veille des négociations dans le secteur public, une traduction d’une entrevue qu’accordait André Frappier lors du récent congrès de Québec solidaire à une délégation des Democratic socialist of America et l’article de Maude Benoit et de Paul Treille qui montre que la cure minceur dans le secteur public a ouvert la porte à l’industrie des pesticides aux lendemains de la commission parlementaire qui a accouché d’un rapport à des lieux des enjeux soulevés.

Sur la scène internationale

Pour décortiquer la situation internationale, nous avons mis l’accent sur des analyses plus touffues de différentes parties du monde.
D’abord sur la crise économique et sociale et sur une approche Green New Deal. Puis sur toute la militarisation autour de la Méditerranée avec un accent porté sur l’Iran.

Concernant ls situation internationale

Ce premier article expose la crise mondiale actuelle.

Situation internationale et alternatives radicales

Éric Toussaint place immédiatement l’analyse du texte : la planète vit une crise multidimentionnelle. Il évoque les dimensions économique, écologique et sociale et souligne que c’est le système capitaliste qui est en crise. Il passe en revue les différentes mobilisations à travers le monde et précise que « Les peuples veulent des solutions radicales contre la profonde crise multidimensionnelle du système capitaliste. »

Dans un deuxième temps, il aborde la question de la dette en donnant une définition de dette illégitime. Il parle des effets négatifs sur les sociétés de ce type de dettes pour ensuite ouvrir une réflexion sur comment pourrait être utilisée la dette publique « La dette publique pourrait être utilisée pour financer d’ambitieux programmes de transition écologique plutôt que pour appliquer des politiques antisociales, extractivistes et productivistes qui favorisent la concurrence entre les nations. »

Ainsi pour l’auteur, tout dépends de à quoi et à qui sert l’argent emprunté. Et il conclut en faisant la boucle avec la crise multidimentionnelle du début « L’éco-socialisme doit être mis au cœur du débat et non laissé de côté. Des propositions immédiates et concrètes doivent émerger. Nous devons mener la lutte contre l’austérité et nous engager sur la voie d’une transition éco-socialiste. Il s’agit d’une nécessité absolue et immédiate »

Ce deuxième article amorce une réflexion économique sur le Green New Deal

Décroissance et Green New Deal : radical mais possible

L’auteur débute son texte avec une définition claire et avec référence historique « Le New Deal est l’expression qui désigne un ensemble de mesures économiques adopté pendant la première partie de l’administration Roosevelt : on pense à la fois aux réformes introduisant des réglementations économiques de grande ampleur [1] ainsi qu’aux mesures de soutien à l’activité économique et aux programmes sociaux mis en place à partir de 1935. »

Mais il l’actualise en liant cette définition aux nécessités actuelles de chômage, d’inégalités de développements entre pays et entre personnes et aux changements climatiques et à la dégradation de l’environnement. L’auteur développe une approche critique du Green New Deal actuel. Pour lui, d’un côté, il y a une approche qui affirme que « la croissance économique tirée par les investissements dans le secteur énergétique serait positive, les émissions de gaz à effet de serre ainsi que l’utilisation de ressources fossiles diminueraient »

L’auteur affirme : « S’il est nécessaire d’envisager des investissements importants afin d’engager une véritable transformation de la production énergétique et rendre possible le découplage absolu, ces investissements doivent s’articuler à l’arrêt immédiat des investissements dans les activités polluantes, et nous devons tourner le dos aux principes productivistes (ce point est une caractéristique de franche différenciation des principes défendus ici des objectifs de « croissance inclusive » promue par les institutions internationales). La politique économique adoptée doit néanmoins permettre le plein-emploi et garantir la satisfaction des besoins humains (comme l’éducation, la retraite ou l’accès aux soins) dans un contexte de croissance de la population mondiale au cours des prochaines décennies »

Il termine son article en insistant sur l’implication citoyenne comme essentielle et sur le contrôle du système bancaire comme une clé essentielle

Concernant la Méditerranée

Assassinat de Soleimani : la presse américaine révèle les mensonges de Trump

À travers ce court article, des questions sont posées qui mettent en évidence les mensonges de la presse américaine. Le premier fait mis en lumière « Tuer ouvertement quelqu’un qui appartient au gouvernement d’un pays avec lequel on n’est pas en guerre est pour le moins inhabituel. » Ensuite le complot et l’attaque armée en préparation et ourdit par le général iranien est aussi mis en doute :
« Il est rapidement apparu que Soleimani était en fait à Bagdad pour discuter avec le Premier ministre irakien Adel Abdul Mahdi d’un plan qui pourrait conduire à la désescalade du conflit en cours entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, »

Et enfin les auteurs identifiés par les Américains n’ont pas été vus dans la région depuis 2014 « Les responsables militaires et des renseignement irakiens ont émis des doutes quant à l’identité du groupe à l’origine des tirs de roquettes qui ont déclenché une spirale d’événements dangereuse. »

La vérité est encore à venir.

Le texte suivant est une analyse plus complexe de la situation en Iran partant de l’assassinat du général iranien.

Iran : L’assassinat du général Ghassem Soleimani, nouveau pallier dans l’affrontement avec les Etats-Unis

L’assassinat intervient dans un contexte de pressions incessantes de l’impérialisme américain qui n’a fait que conduire à une plus grande influence de l’Iran dans la région et d’une crise économique de grande ampleur en Iran. Les mobilisations des masses iraniennes ont été importantes. « Cet enchaînement, dont l’assassinat de Soleimani est à l’origine, s’inscrit dans un contexte interne marqué par une crise sociale et économique sans précédent et par une succession de mobilisations et de révoltes populaires sévèrement réprimées par le pouvoir et son bras armé qu’est le corps des Gardiens de la Révolution. » … « Le régime a d’ailleurs profité de la mort de Soleimani pour tenter de souder la population autour de ses dirigeants et autour de la République islamique. Les appels à l’unité nationale se sont succédé. L’organisation des funérailles de Soleimani, dont le corps a traversé le pays et principalement les villes qui avaient été les épicentres de la révolte populaire du mois de novembre dernier, témoigne de cette tentative »

Les dirigeants iraniens tentent de sauver la face en parlant de l’ingérence étrangère mais les masses sont bien conscientes de l’environnement régional et rejette le projet d’offensives militaires du régime iranien. Et l’auteur de poser la nécessité de continuer les mobilisations pour « construire un positionnement indépendant, lutte de classe et anti-impérialiste en Iran et dans la région. »

Militarisation en Méditerranée orientale

Dans cet article, nous découvrons le renforcement militaire en Méditerranée et principalement en Grèce. Ainsi la Grèce est devenue partenaire stratégique des Américains. L’État français tente aussi de faire bonne figure en s’installant à Chypre et fait partie d’exercices militaires avec la Grèce et les États-Unis.

« Deux facteurs sont à la base de ces développements :

1° Les tensions dans les relations entre le régime d’Erdogan en Turquie et les États-Unis ainsi que le camp occidental en général

2° Le réalignement des relations diplomatiques dans la région – avec la détérioration des relations américano-turques et israélo-turques et l’amélioration consécutive des relations militaires et économiques américano-grecques et israélo-grecques – a pris son envol lorsque la géopolitique des hydrocarbures est entrée en jeu. »

Et voilà la clé qui ouvre la boîte aux trésors : les hydrocarbures. Un projet d’oléoduc sous-marins entre Israël et l’Italie est en préparation. « Ces sociétés, en coopération avec Israël, l’Egypte, Chypre et la Grèce, ont conclu le plan de l’oléoduc EastMed (Eastern Mediterranean). Il s’agit d’un projet pharaonique. Il prévoit la construction d’un pipeline sous-marin de grande longueur, qui reliera Israël aux côtes italiennes, en contournant la Turquie tout en s’étendant dans des eaux très profondes et soumis à de forts risques sismiques. »

En fait cet extractivisme pose la question de la souveraineté des mers dont la Mer Égée. «  En outre, la stratégie extractiviste dans les mers, entrelacée avec les questions de souveraineté de l’État sur celles-ci, est directement liée à un renforcement du militarisme…..La Méditerranée orientale est redevenue une « poudrière ». Toute guerre « ici » peut avoir des conséquences négatives et imprévues en Europe et dans le monde ».

Bonne lecture

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