Édition du 16 avril 2024

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Deux semaines avant la fermeture du parlement, les sans papiers lancent un cri du coeur à Ottawa : Nous ne pouvons plus attendre pour la régularisation

Deux semaines avant la fermeture du Parlement fédéral pour l’été, les sans-papiers de Montréal ont parlé de leurs vies dans la clandestinité à Montréal pour expliquer l’urgence d’un programme de régularisation.

Lors d’un rassemblement dans la circonscription du Premier ministre Trudeau, ils ont demandé la mise en place d’un programme de régularisation non plafonné donnant la résidence permanente à toutes les personnes sans-papiers, sans exception ni discrimination, ainsi que l’arrêt immédiat des déportations et des détentions.

“Le temps presse. Le parlement fédéral ferme dans deux semaines. C’est Ottawa qui a créé ce problème, c’est Ottawa qui doit le régler. Il est maintenant temps de régulariser la situation de toutes les personnes sans papiers, sans exception ni discrimination. Pour nous, chaque exclusion est une discrimination.” a lancé Samira Jasmin, porte-parole de Solidarité sans frontières.

J’ai demandé refuge, mais ça m’a été refusé. Je me suis donc retrouvée sans statut. Je ne peux pas retourner au Mexique. J’ai fui mon pays à cause de la violence de genre et parce que ma vie était en danger. Mais les femmes sans papiers sont souvent exposées à des risques d’abus aussi. Avec la résidence permanente, je pourrais vivre en sécurité. Je pourrais aussi voir mes enfants, que je n’ai pas vus depuis 2009,” a expliqué Mariana, un mère sans papiers.

Je suis mère monoparentale de cinq enfants. Je travaille ici comme préposé aux bénéficiaires depuis 2 ans. J’ai fui la guerre au Congo avec mes enfants en 2017. Je suis allée au Brésil, et j’ai fait 3 mois de route pour venir au Canada. Je pensais finalement avoir trouvé la sécurité ici, un endroit où mes enfants pourraient vivre en paix. Mais non : ma demande d’asile a été refusée en 2021. Mais le Canada ne peut pas me déporter car
il y a un moratoire sur les déportations au Congo ! Alors moi et mes enfants sommes devenus sans statut
”, raconte Nicolette, mère célibataire de cinq enfants.

J’ai eu une urgence médicale au niveau respiratoire, et j’avais besoin d’aide médicale immédiate. Un voisin a appelé une ambulance et les soins m’ont été refusés. Les ambulanciers n’ont pas pu faire leur travail parce que je n’avais pas la Ramq, que mon statut de sans papiers m’empêche d’avoir. Ma vie à donc clairement été mise en danger”, explique Sam, un ancien étudiant international arrivé au Canada en 2015, de l’Afrique du Nord, qui a perdu le statut par la suite.

J’ai été embauchée par une entreprise canadienne depuis mon pays pour venir travailler au Canada. Je suis donc arrivé avec un permis de travail qui devrait être approuvé à un point d’entrée. À ma grande surprise, j’ai appris sur place, à l’aéroport, que mon contrat avait été annulé. L’agent frontalier a produit un rapport m’ordonnant de quitter le territoire. Cette nouvelle m’a complètement démoli. Je suis arrivé plein d’espoir d’améliorer la situation de ma famille. Ils ne savent pas ce que c’est de s’investir dans un tel projet et de faire des sacrifices pour le réaliser. J’ai dû quitter mon ancien emploi, j’ai vendu des biens familiaux, j’ai laissé ma femme enceinte sous un toit hypothéqué. Je ne peux pas reculer, il est trop tard. Lorsque j’étais dans mon pays, on n’a jamais réussi à satisfaire tous les besoins de la famille, à un point tel qu’on avait parfois du mal à se nourrir. Aujourd’hui, on n’a absolument rien, même les oliviers ont été vendus pour pouvoir venir ici. Rester ici n’est pas un choix !” a expliqué Yasser, père de six enfants.

“Nous sommes arrivés il y a quatorze ans à Montréal, mon compagnon et moi. Nous avons demandé refuge à cause de l’insécurité au Mexique. Notre demande a été rejetée. Si on reste sans papiers, on risque d’être abusés par les employeurs. On ne peut même pas se défendre en dénonçant l’employeur, parce qu’on doit survivre et continuer à avancer. C’est très difficile de vivre ainsi, mais nous préférons rester ici plutôt que de retourner dans notre pays, avec tant d’insécurité, et à notre âge, il est très difficile de trouver un emploi.” a expliqué Maria, une femme de ménage sans papiers.

Compte tenu de la crise actuelle du logement et du coût de la vie, un programme de régularisation est nécessaire pour assurer la dignité de centaines de milliers de sans-papiers partout au Canada et répondre à leurs besoins de base.

Contexte : Régularisation au Canada
<https://www.solidarityacrossborders...>

Source : Solidarité sans frontières, www.solidarityacrossborders.org

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