Édition du 16 avril 2019

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Environnement

La consigne de verre au Québec vue par le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets

Le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets s’exprime sur la consigne de verre. « Il fallait s’y attendre, voilà que des opposants à la consigne sur les bouteilles de la SAQ se manifestent. Loin de rehausser les débats, ils ressortent une litanie de demies-vérité mille fois entendues, à preuve : « Il est faux de croire que les bouteilles de vin consignées pourraient être retournées vers leurs destinations d’origine ».

Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) - Montréal

La consigne de verre au Québec vue par le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets

Le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets s’exprime sur la consigne de verre.

 » Il fallait s’y attendre, voilà que des opposants à la consigne sur les bouteilles de la SAQ se manifestent. Loin de rehausser les débats, ils ressortent une litanie de demies-vérité mille fois entendues, à preuve :
« Il est faux de croire que les bouteilles de vin consignées pourraient être retournées vers leurs destinations d’origine ».

Qui a parlé de consigner les bouteilles de vin pour les retourner chez leurs producteurs à l’étranger ? Personne. Les opposants à la consigne mélangent intentionnellement le système de consigne privée sur les bouteilles de bière au Québec (géré par l’Association des brasseurs du Québec) et la consigne publique (celles sur les boissons gazeuses). Ils inventent un problème là où il n’y en a pas pour décourager les décideurs publics. Vieille tactique… Consigner un contenant veut dire récupérer un contenant dans un flux de récupération qui lui est dédié, point.

L’objectif de la consigne sur les bouteilles de la SAQ ne serait pas principalement le réemploi, mais bien le recyclage. Retourne-t-on les canettes de Coke que l’on met dans les gobeuses vers le siège social de la compagnie à Atlanta aux USA pour qu’elles se fassent re-remplir de cette boisson ? Non, bien sûr, l’aluminium de la canette est refondu pour faire un autre objet en aluminium. Ce serait la même chose avec les bouteilles de la SAQ. Les récupérer via une consigne pour être en mesure de les refondre afin de réintroduire le verre dans un système d’économie véritablement circulaire, ce que ne lui permet pas la collecte sélective.

« Quelques études planchent vers des frais d’implantation supérieurs au quart de milliard de dollars, sans compter les frais d’opération nécessaires au fonctionnement de plus de 400 nouveaux points de collecte de bouteilles vides ».

Oui, c’est vrai : des études commandées et payées par la SAQ elle-même et qui ne sont pas publiques…

Cette citation est intéressante pour illustrer la technique des opposants :
« Selon une caractérisation réalisée en 2015-2016 par RECYC-Québec et ÉEQ, 87% des bouteilles de vin sont récupérées par la collecte sélective. Pourquoi donc changer un système qui réussit si bien ? »

Ça fait des décennies qu’on nous bombarde de pourcentages de récupération élevés, quand ce n’est pas la SAQ avec ses 94 % de taux de récupération, c’est ce fameux 87 %. Ce que les opposants omettent de préciser, c’est que récupérer ne veut pas dire recycler. On peut récupérer une matière pour l’envoyer au dépotoir ou pour la recycler. Les taux de récupération ne sont pas un bon indicateur pour mesurer la performance environnementale. Il faut avoir les taux de recyclage, mais ça, ça n’existe pas, car il n’existe pas de traçabilité sur les matières récupérées au Québec.

« À eux seuls, ces cinq centres de tri valorisent près de 50 % du verre du Québec. »

Les 50 % évoqués dans le communiqué proviennent des opposants eux-mêmes, il n’a pas été validé par des sources externes ou gouvernementales. Ce pourcentage ne tient pas compte non plus des bouteilles de la SAQ vendues dans les restaurants (hors-foyer) et dont le nombre pourrait osciller autour de 50 millions. Ces contenants sont en grandes parties envoyés directement dans les dépotoirs par les restaurateurs et échappent aussi aux études de caractérisation qui ne considèrent que les matières recyclables résidentielles. Pour ce qui est des pots de cornichons aussi évoqués, le communiqué des centres de tri mentionne que la consigne sur les bouteilles de la SAQ n’éliminera pas les problèmes liés à ces derniers sur les lignes de tri. De facto, les signataires admettent implicitement qu’ils demeureront un problème. Alors, oui, il faudra trouver une façon de s’occuper de ces fameux pots de cornichons qui sont aussi devenus, au fil des ans, le symbole de ceux qui s’opposent à la consignation des bouteilles de la SAQ.

Ce qu’il faut retenir, c’est que certains centres de tri n’ont pas avantage à ce que le verre soit retiré du bac de récupération, car ils sont payés en fonction du poids des matières qu’ils reçoivent. Économiquement, c’est encore plus rentable comme ça, car ils n’ont pas à payer pour l’enfouissement du verre non plus, cette matière sert de recouvrement journalier dans les dépotoirs (ce que nous appelons du blanchiment de déchets) et que la redevance à l’élimination n’est ainsi pas perçue, nous privant collectivement de centaines de milliers de dollars – sinon des millions – en revenus annuellement.

Certains centres de tri militent même pour une abolition totale de la consigne publique, même si cela occasionnerait une baisse globale de la récupération des contenants de boissons gazeuses. Cela permettrait, selon eux, une augmentation de leurs revenus comme l’a déjà écrit un des signataires de ce communiqué : « L’abolition de la consigne sur les CRU permettrait à Tricentris d’accroitre ses revenus (…) L’arrivée des canettes d’aluminium et des contenants de boissons gazeuses au centre de tri représente une augmentation des revenus de près de 5 millions par année ! »

The proof is in the pudding, comme disent les Anglais. »

Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets

Les groupes et individus membres du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) participent activement à la mise sur pied d’alternatives aux méthodes traditionnelles de traitement des déchets (incinération et enfouissement pêle-mêle). Ces nouvelles méthodes sont fondées sur une approche écologique et démocratique, c’est-à-dire, dans l’ordre : la réduction à la source, la réutilisation, le recyclage/ compostage, et ce, à l’intérieur de processus démocratiques.

« La gestion écologique des déchets se fonde sur les 3R, c’est-à-dire, dans l’ordre : la réduction à la source, la réutilisation et le recyclage/compostage à l’intérieur de processus démocratiques favorisant le développement viable aux échelles locale et régionale. La population doit être directement et continuellement intégrée dans l’ensemble des processus de décisions impliquant la gestion des déchets » (Principe directeur du FCQGED, adopté à Carignan au mois d’août 1992).

Les 3R : La réduction à la source, la réutilisation et le recyclage/compostage devraient être pratiqués de façon intensive dans cet ordre de priorité, afin d’en arriver un jour au bannissement de l’enfouissement pêle-mêle et de l’incinération comme mode d’élimination.

La démocratisation : Les citoyens doivent prendre part activement à l’ensemble du processus décisionnel concernant la gestion des déchets, et ce, de l’élaboration des politiques à la fermeture des sites d’enfouissement.

La responsabilisation : Les fabricants devraient payer les coûts réels qu’occasionnent le traitement post-consommation des biens qu’ils mettent sur le marché. Le gouvernement et les citoyens devraient faire des choix responsables d’un point de vue environnemental.

La régionalisation : Les municipalités sont responsables de la gestion des déchets sur leur territoire. Ce pouvoir peut toutefois être délégué aux MRC. Il ne doit y avoir aucun import-export des déchets entre les régions, les provinces ou entre États.

http://www.fcqged.org

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