Édition du 13 avril 2021

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Planète

La production de l’humanité pèse désormais plus lourd que la nature

L’empreinte des humains sur la planète a franchi un nouveau palier en 2020.

L’équivalent de huit villes semblables à New York est ajouté chaque année dans le monde. C’est une bascule vertigineuse : le poids des produits fabriqués par les êtres humains vient de dépasser celui de l’ensemble du monde naturel. Ce changement a été atteint cette année, en 2020, selon une étude publiée le 9 décembre dans la revue Nature.

Les scientifiques ont calculé la masse totale des routes, des bâtiments en tout genre ainsi que de l’ensemble des produits manufacturés, et l’ont ensuite comparée à celle de la biomasse vivante, c’est-à-dire des arbres, des plantes, du milieu marin et des animaux.

Résultat, alors que la totalité des formes de vie sur Terre pèse environ 1 tératonne (mille milliards de tonnes), le poids des produits fabriqués par l’humanité se situe aujourd’hui aux alentours des 1,1 tératonne, soit 100 milliards de tonnes de plus.

Le déclin de la biomasse

Ce qui interpelle le plus dans cette étude, c’est l’inquiétant contraste entre l’évolution effrénée des productions de l’être humain et la disparition progressive de la biomasse.

Au début du 20è siècle, la masse des infrastructures des humains ne représentait que 3% du poids total de la biomasse, rapporte The Straits Times. Avec le développement mondial, la modernisation et l’apparition de nouveaux matériaux, notamment le béton, cette masse a explosé en quelques années, jusqu’à doubler tous les vingt ans, ajoute le quotidien singapourien.

L’une des principales sources de poids chez les humains reste la construction des routes et des bâtiments. Les buildings sortent de terre à une vitesse folle et, chaque année, l’équivalent de huit villes semblables à New York est ajouté dans le monde. Un poids lourd dans la balance de l’humanité. ​

De son côté, le poids de la biomasse, c’est-à-dire l’ensemble de la matière organique végétale ou animale, est en chute libre. L’agriculture intensive et la déforestation ont, entre autres, contribué a réduire de moitié cette masse depuis la période néolithique (environ dix siècles avant notre ère). Ces deux dernières décennies, la planète a par exemple perdu près de 100 millions d’hectares de forêts.

À l’avenir, rien n’indique que cette tendance s’inversera. Pire, le poids des constructions des êtres humains pourrait atteindre les 3 tératonnes en 2040 si l’humanité poursuit ce rythme de production et de construction.

Robin Tutenges 10 décembre 2020

http://www.slate.fr/

The Straits Times

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