Édition du 20 août 2019

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Élections québécoises 2012

Résultats électoraux au Québec : Quel sens donner à ce gouvernement péquiste minoritaire ?

rabble.ca 5 septembre 2012,

Duncan Cameroni,
rabble.ca 5 septembre 2012,

Les résultats de l’élection d’hier au Québec sont une mauvaise nouvelle pour les gagnants. Pauline Marois et son parti espéraient une majorité, 63 sièges sur 125. Mais ils n’en gagnent que 55 avec 32% du vote, leur deuxième pire part du vote populaire en neuf élections, depuis qu’ils ont formé leur premier gouvernement en 1976 avec 41% des voix.

Le pourcentage du vote exprimé se situe à 73%, largement au-dessus des 60% de la dernière fois.

Pendant la campagne le PQ pensait avoir une majorité. Cela l’a mené à faire une erreur stratégique. Le discours a été centré sur sa capacité à diriger l’option souverainiste croyant qu’un tel message le renforcerait face à Ottawa dans de futures négociations. L’analyse voulait que si le parti faisait campagne en n’insistant pas sur ce message, le premier ministre Harper serait en position d’ignorer les demandes pour de nouveaux pouvoirs (pour le Québec).

Pauline Marois et son parti avaient le programme et l’expérience pour se poser comme alternative à l’impopulaire parti Libéral. Mais en se centrant sur la souveraineté, dès le début de la campagne ils ont semé le doute. Veulent-ils gouverner ou promouvoir la souveraineté ? Cela a permis à ceux et celles qui ne cherchaient qu’un changement de gouvernement une raison de voter pour la toute nouvelle CAQ. Cette formation s’en sort, à la fin de sa première campagne, avec 27% du vote et 20 éluEs.

La surprise de la soirée vient de la force du parti Libéral ; il recueille 31% des suffrages exprimés. La plupart des observateurs voyaient le gouvernement sortant au troisième rang pas au deuxième. Jean Charest a perdu son siège mais son parti en gagne 46 et se situe à un seul point de pourcentage de différence avec le gagnant, le PQ.

L’élection de Françoise David est la nouvelle la plus excitante de cette élection. Elle est une féministe renommée, une militante sociale dont la réputation est faite dans le monde. Elle rejoint Amir Khadir en étant la deuxième députée de QS à l’Assemblée nationale. Elle a souligné que son parti soutiendrait le gouvernement péquiste s’il voulait introduire des politiques progressistes et elle a salué Mme Marois qui devient la première femme première ministre de la province.

Jean-François Lisée, éminent stratège politique et nouveau député (élu hier soir) a comparé la situation actuelle de P. Marois à celle de Stephen Harper et de son gouvernement minoritaire en 2008. Pour lui, dans la mesure où les députéEs libéraux et de la CAQ ne s’entendront pas pour défaire ce gouvernement, P. Marois pourra faire adopter son programme. Comme les Libéraux fédéraux n’étaient pas intéressés à se lier au NPD pour défaire le gouvernement Harper, ceux du Québec ne voudront pas déclencher une nouvelle élection du moins tant que la question de leur direction ne sera pas réglée. Le dirigeant sortant a déjà dit qu’il voulait réfléchir aux résultats et se prononcerait plus tard sur son avenir politique.

Les assistéEs sociaux-ales et les travailleurs et travailleuses du secteur de la santé qui méritent une meilleure compréhension de leur situation, devraient trouver plus d’écoute de la part de P. Marois et du PQ ; elle a une formation en travail social et a été ministre de la santé.

Les fonctionnaires peuvent s’attendre à une attitude respectueuse de la part d’un gouvernement dirigé par une des personnes les plus expérimentée de tous et toutes les premiers-ères ministres en poste au Canada. Il ne devrait pas y avoir de soulèvement syndical avec ce nouveau gouvernement.

Les objectifs de la Caisse de dépôt avec l’argent de la Régie des rentes devraient être révisés pour donner la priorité au développement économique du Québec plutôt qu’au seul rendement.

Le mouvement étudiant se retrouve sans son principal opposant, Jean Charest et avec le parti qui a appuyé le port du carré rouge, au pouvoir. L’augmentation des droits de scolarité telle que décidée par les Libéraux est morte de même que la loi 78. Cela fera parti de l’histoire. Et « cerise sur le Sunday » l’élection de Léo Bureau-Blouin a tout juste 20 ans.

Pauline Marois et le PQ sont entrés en campagne alors qu’elle était sérieusement critiquée à l’intérieur du parti avec des défections notoires dont celle de celui qui est allé jusqu’à former un nouveau parti, Option Nationale. Il a subit la défaite. Elle doit unir son caucus et convaincre la population que son parti et elle méritent une majorité la prochaine fois. Sans aucun doute que cela arrivera plus tôt que plus tard.

Son élection crée des tensions au Québec. Son discours a été interrompu par un incident sécuritaire, juste au moment où elle demandait à ses partisanEs de maintenir leur foi en la souveraineté.

Cette élection résout peu de choses mais elle laisse l’avenir ouvert.

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