Édition du 19 octobre 2021

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Amérique centrale et du sud

Brésil. A propos des « dialogues politiques » voulus par des dirigeants du PT

Dans un article précédent, nous avons indiqué que les affirmations ayant trait à la nécessité d’organiser des « dialogues politiques » pour résoudre les problèmes qui affectent la vie des Brésiliens semblaient issues d’un mouvement de bonne volonté. Nous avons rappelé que même certains membres du Parti des travailleurs (PT) ont fait valoir que le gouvernement Bolsonaro pourrait être convaincu que le Brésil devrait adopter une politique qui renforcerait l’économie, créerait des emplois et des revenus, protégerait l’environnement et les régions amérindiennes, et contrôlerait la vente d’armes.

13 septembre 2021 | tiré du site alencontre.org

Pour les partisans du « dialogue politique », il faudrait surmonter la « banalisation » de la lutte pour la destitution de Bolsonaro. Il n’y aurait pas de « preuves suffisantes » pour une action de destitution du président, bien que personne ne puisse nier la tragédie qui a frappé le Brésil. Malgré cela, il serait possible de faire avancer le « dialogue politique », sans « banaliser l’instrument de la destitution » car, dans le « cas de Bolsonaro », il n’y aurait toujours pas de preuves permettant de le condamner.

Nous avons également souligné que, aussi incroyable que cela puisse paraître, ces thèses favorables au « dialogue politique » ont émergé au moment critique où le Brésil était poussé à adopter plusieurs procédures violentes affaiblissant son économie et où il était évident que, outre le négationnisme gouvernemental criminel [face au covid], le gouvernement était également impliqué dans des actes de corruption et dans des actions visant à rompre tout processus démocratique.

Dans un pays sérieux, ces « preuves » seraient suffisantes pour une procédure de destitution, puisque les atrocités pratiquées par le président depuis son investiture étaient publiquement évidentes et démontrables. Dans ces conditions, ajouterions-nous, les prosélytes de la nécessité du « dialogue » et de la « non-banalisation de l’instrument d’impeachment », vivraient peut-être dans un autre pays, ou sur la lune, en supposant l’inexistence de preuves des actions criminelles du gouvernement.

Maintenant, par une ironie de l’histoire, nous devons remercier les déclarations du président lui-même [1], à Brasilia et à São Paulo, le jour de l’indépendance [le 7 septembre], pour avoir prouvé que les défenseurs du « dialogue » étaient, ou réside toujours, vraiment, sur la lune. Ils ignorent la réalité brésilienne, ainsi que la nature fasciste du président et de son gouvernement. Et ils n’ont pas compris que le seul moyen d’empêcher le Brésil d’être entraîné dans un gouffre sans fond est précisément l’impeachment, le plus rapidement possible.

Si même les politiciens du centre-droit sont enclins à envisager sérieusement une procédure de destitution, il est honteux que certains dirigeants du PT maintiennent encore l’hypothèse que le « dialogue » avec Bolsonaro et son gouvernement est possible. Les « données » pour assurer le retour des régions lunaires sur les terres brésiliennes ont été fournies par les discours du président lui-même.

Bon voyage pour la terra brasilis et la bataille d’impeachment contre la figure de proue du gouvernement responsable de l’un des taux de mortalité les plus désastreux du monde en cas de pandémie de Covid-19. (Article publié sur le site Correio da Cidadania, 10 septembre 2021 ; traduction rédaction A l’Encontre)


[1] Voici quelques déclarations faites le 7 septembre par Jair Bolsonaro ; elles visent le juge du Tribunal suprême fédéral, Alexandre de Moraes : « Nous n’accepterons plus que des gens comme Alexandre de Moraes continuent à saboter notre démocratie. » « A quelque décision de ce monsieur Alexandre de Moraes, ce président (Bolsonaro) ne s’y conformera plus. La patience de notre peuple est déjà à bout. »

Les institutions qui mettent en question des actions du gouvernement Bolsonaro sont qualifiées de dictature et il faut s’en débarrasser : « Il fallait attendre un peu plus longtemps pour que la population prenne lentement, ou de plus en plus, conscience de ce qu’est un régime dictatorial. Le moment est venu pour nous de dire à ceux qui abusent de la force du pouvoir pour nous soumettre, de dire à ces quelques personnes que depuis maintenant tout sera différent. » (Réd. A l’Encontre)

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