Édition du 24 mars 2020

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Le blogue de Pierre Beaudet du 27 août

Dernier tournant

La belle rencontre organisée à Montréal par Québec Solidaire samedi dernier pour rappeler l’importance de combiner la lutte pour l’émancipation nationale aux grandes batailles sociales a été un autre indicateur de la montée d’une nouvelle force. La foule composée de toutes les générations reflétait bien la composition populaire du projet. Dans plusieurs circonscriptions, des militants et des militantes convergent pour donner un coup de main et exprimer un autre projet de société. En attendant, il est prévisible de voir une montée de QS dans plusieurs circonscriptions.

Certes, la nature anti-démocratique du système électoral désavantage ce parti-mouvement à la pluri identité progressiste, en polarisant le vote autour de grandes forces qui ont l’avantage, aux yeux des dominants, de se ressembler beaucoup sur le fond. Il faut compter aussi sur la couverture haineuse et le boycottage des médias-poubelles de Québécor, ce qui fait que l’appel de QS est entendu par des milliers de personnes au lieu de millions.

Qu’est-ce qu’on observe d’autre à une semaine des élections ? Le PQ qu’on donne gagnant est égal à lui-même depuis sa conversion « lucide » néolibérale au tournant des années 1990. On ne voit pas comment ni même pourquoi Pauline Marois ferait autre chose que la bonne « gouvernance provinciale » des Bouchard, Landry et compagnie. Pour l’élection, le petit cercle à la tête du PQ a décidé de jouer simplement la carte de l’alternance devant le gouvernement le plus impopulaire de l’histoire du Québec. Mais malgré cet avantage indéniable, Marois a réussi le tour de force de mettre le PQ dans le pétrin avec un discours en zig-zag qui dit tout et son contraire. Plusieurs au sein de l’élite péquiste préparent déjà l’après-Marois, qu’elle parvienne au pouvoir ou qu’elle le perde. Cette interminable descente du PQ est consternante.

Entre-temps, la CAQ se place comme le nouveau pôle de la droite en rassemblant une coalition bric-à brac : les couches moyennes déclassées des régions (l’ancien électorat de l’ADQ), les jeunes familles « fâchées » de la couronne nord, la bourgeoisie québécoise (Québec inc), sans compter les élites liées à l’État fédéral. Joyeux mélange, qui pourrait prendre la place d’un PLQ disloqué et refoulé dans ses traditionnels fiefs ethnicisés. Le pari est très risqué, car comment gouverner sans programme ni vision sinon que celle de « mettre la hache » dans les services publics ?!? Legault pour sa part entend surmonter cela par la bonne vieille tactique de l’autoritarisme. Petit problème pour lui, on est au Québec et pas en Alberta, et on sait que des centaines de milliers de carrés rouges vont remettre cela !

Il est donc difficile de prédire ce qui viendra avec et après l’élection du 4 septembre. On est peut être certains que le Québec turbulent des carrés rouges, du féminisme, du syndicalisme et de l’écologisme sera sollicité encore et plus encore ! Quoiqu’il en soit, une avancée de QS serait un atout pour revitaliser le débat et remettre au premier plan les objectifs fondamentaux de la lutte pour la justice sociale et l’émancipation nationale.

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