Édition du 26 octobre 2021

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Élections fédérales 2021

Fin de campagne électorale : des vides significatifs

Lundi 20 septembre, nous exercerons notre droit de vote, mais à partir de quel contenu au juste. Plusieurs personnes disent se baser sur les impressions que dégagent les chefs des partis, en somme sur une perception très générale. D’autres utilisent la « boussole électorale » pour tenter de prendre une décision éclairée. Dans certains cas, c’est le nihilisme : ça ne m’intéresse pas, disent les citoyens et citoyennes désabusés.

Et la liste des façons d’envisager le vote s’allonge à l’infini. Pourtant, les positions des partis politiques sur des enjeux cruciaux nous concernent tous et toutes et finissent par nous rejoindre dans notre vie quotidienne ; cependant, la difficulté de prendre une décision éclairée provient souvent du flou des discours ronflants, des promesses d’un bonheur artificiel assuré, mais surtout du vide au sujet d’enjeux pourtant fondamentaux comme le réchauffement climatique, les droits des Premières Nations, l’immigration, l’accueil des réfugié.e.s, le développement des services de santé, les conditions de vie des personnes âgées, le développement agricole, la protection des forêts et, bien sûr, les questions relatives aux dépenses militaires et, par le fait même, les enjeux liés aux guerres et surtout à la paix. Je ne retiens que ce dernier aspect comme illustration du vide sur des questions fondamentales. Quelques dimensions suffisent à elles seules à montrer le vide abyssal de cette campagne électorale artificielle.

1) Le département de la défense nationale s’avère le plus imposant département du gouvernement fédéral, lequel absorbe 7,3 % du budget, soit 21,9 milliards de dollars canadiens (
https://www.canada.ca/en/department-national-defence/corporate/reports-publications/transition-materials/defence-101/2020/03/defence-101/defence-budget.html).

2) Rien sur les questions fondamentales relatives aux affaires extérieures et à la défense. Rappelons que le Canada est un allié indéfectible des États-Unis et de l’OTAN et ses prises de position suivent trop souvent à la lettre les dictées du Pentagone.

3) Ainsi, le Canada fait partie des quelques pays qui n’ont pas signé le Traité d’interdiction des armes nucléaires parce que les Américains refusent de le faire.

4) Le Canada poursuit la vente d’armes à l’Arabie Saoudite, pays qui n’a cure du respect des droits et libertés des personnes et qui soutient une guerre atroce au Yémen. Le Canada poursuit sa montée vertigineuse comme fabricant et exportateur d’armes dans le monde ; selon Ploughshares Canada, le pays a atteint un pic en 2019 avec des ventes astronomiques d’une valeur de 37 milliards de dollars canadiens (
https://ploughshares.ca/2021/09/an-analysis-of-canadian-arms-export-data-for-2020/).

5) Le Canada ne fait rien pour soutenir le droit à l’autodétermination
de la Palestine.

La liste exhaustive des enjeux aurait dû faire l’objet de débats cruciaux et intéressants.

Ces principaux enjeux parmi de nombreux autres auraient dû mériter au moins une petite place dans les débats, car il s’agit d’enjeux cruciaux pour la sécurité et l’indépendance du pays, la répartition équitable de nos impôts et surtout la promotion de la culture de la paix au lieu d’une culture militariste et guerrière.

André Jacob

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