Édition du 24 mars 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

L’amour a un prix

Le 14 février, c’est connu c’est la fête de l’amour ! Sauf quand on est un couple à l’aide sociale. Prenons un exemple, Marie et Joseph sont reconnus conjoints de fait à l’aide sociale. Ils demeurent sous le même toit. Les deux sont reconnus par l’État comme ayant des contraintes sévères à l’emploi. Ils ne reçoivent mensuellement que 1 648$.

Le couple demeure en HLM depuis peu de temps (en 2019, une moyenne de 23% des personnes assistées sociales vivaient en HLM). Avant d’obtenir leur HLM, ils devaient payer pour un logement privé qui était dispendieux pour leur revenu respectif. Marie dit qu’ils avaient de la difficulté à se nourrir. Ils devaient se contenter de peu de nourriture. De plus, Marie et Joseph se sentaient et se sentent encore isolés socialement. Marie dit ne pas avoir de réseau social et affirme que la pauvreté dans laquelle elle et son conjoint vivent crée de la honte chez leur famille. Étant deux artistes, le couple s’exprime à travers le dessin et l’écriture. Malheureusement, en raison de leur situation financière ils ne peuvent acquérir de matériel artistique qui leur permettrait de s’épanouir davantage, et probablement de retourner sur le marché du travail. Marie dit avoir également dû mettre un trait sur sa passion pour la photo, faute de moyen.

Si la vie maritale n’était pas appliquée, ces deux personnes auraient 2 420$ par mois (1 210$ pour une personne ayant une contrainte sévère à l’emploi) au lieu de 1 648$. Il y a un manque à gagner de 772$ par mois. Il semble évident qu’ils ne font pas d’économie en vivant ensemble.

De nos jours un revenu de travail par famille ne suffit plus pour subvenir aux besoins des personnes. On comprend la nécessité d’une famille d’avoir deux salaires pour faire face au coût de la vie. Par contre, on ne reconnaît plus ce besoin auprès des prestataires à l’aide sociale. Comme si les besoins de base étaient différents d’une personne à l’autre.

Cette situation empire lorsque deux individus en couple sont jugés par l’État sans contraintes à l’emploi. Elles ne recevront que 1 049$ par mois, au lieu de 1 380$ (690$ pour une personne sans contrainte à l’emploi). Nous profitons de la Saint-Valentin pour dénoncer cette situation injuste et demander à l’État québécois de faire preuve d’un peu plus d’humanité en permettant à tous et toutes d’être en couple s’en devoir s’appauvrir.

Kasandra Boivin, Linda Laprise, Véronique Salmon et Monique Toutant
Comité femmes de l’Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain

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