Édition du 19 octobre 2021

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Opinion

La mairesse Boucher, mentor d'André Boisclair

« Les gens de la capitale nationale vont découvrir chez moi quelqu’un qui parle franc, inspiré de la mairesse Boucher, qui dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit »- André Boisclair.

Le 30 mai dernier, André Boisclair venait dans la capitale nationale faire un pélerinage auprès de la mairesse Boucher. Après une rencontre de plus d’une heure avec celle-ci, il devenait un partisan de la manière de faire de Mme Boucher.

Quelqu’un inspiré de la mairesse Boucher

Qu’André Boisclair se dise inspiré de la mairesse Boucher devrait inquiéter. Les progressistes et les environnementalistes de la ville de Québec, qui connaissent bien la mairesse Boucher, savent qu’elle n’est pas un exemple à suivre. En effet, celle-ci sévit dans la région depuis 1985. À l’époque, elle était dans la ville de Ste-Foy.

C’est quand elle est devenue mairesse de Ste-Foy qu’elle a commencé à montrer son vrai visage. D’abord, c’est une politicienne qui a la tête dure. Elle n’écoute ni les protestations de la population ni les opinions de l’opposition au conseil municipal. « C’est une dictatrice qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez » selon Pierre Champagne, qui écrivait cette phrase dans Le Soleil en 2001.

Ainsi, malgré une opposition importante, la mairesse Boucher est allée de l’avant avec la construction d’un immense hôtel de Ville de 43 millions de $ qui fut surnommé le « Taj Mahal de Ste-Foy ». Elle a aussi fermé plusieurs équipements municipaux dans les domaines du sport et du loisir et mené une guerre contre les squeegees (qui se continue encore aujourd’hui). Sous son règne à Ste-Foy, les conflits avec les employés municipaux étaient réguliers.

Comparé à la mairesse Boucher, Jean Charest passe pour un grand démocrate. Alors, si la mairesse Boucher est vraiment une inspiration pour André Boisclair, il est difficile de croire que ce dernier soit très différent de Jean Charest.

Quelqu’un qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit

C’est le plus bizarre dans la déclaration d’André Boisclair à la sortie de sa rencontre avec Mme Boucher. On se rappellera que celle-ci a été élue sans avoir fait campagne. En effet, aux dernières élections, elle n’avait ni pancartes ni programme.

André Boisclair n’en est pas à une contradiction près : il y a un mois, il critiquait le fait que Québec Solidaire n’avait pas de programme ; aujourd’hui, il prend la mairesse Boucher comme un exemple pour le respect de ses promesses.

Le chef du PQ ferait mieux de s’inspirer des mouvements sociaux qui s’organisent autour de Québec solidaire ou de manière autonome plutôt que de prendre exemple sur une politicienne qui, depuis trop longtemps déjà, utilise son pouvoir de manière dictatoriale contre les intérêts et les désirs de la population.

Mots-clés : Opinion Québec

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