Édition du 24 mars 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Syndicalisme

La négociation dans les secteurs public et parapublic

Des nouvelles du côté des enseignantEs syndiquéEs affiliéEs à la CSQ

La CSQ vient de publier un communiqué dans lequel elle annonce avoir rencontré les représentantEs du Conseil du trésor le 25 mars 2020. Lors de cette rencontre, les négociatrices et les négociateurs de la CSQ ont présenté leur contre-proposition en réponse au cadre de négociation « que le gouvernement souhaite imposer » aux salariéEs syndiquéEs des secteurs public et parapublic.


De quoi est fait ce fameux « cadre » de négociation du gouvernement ?

Selon une source, généralement très bien informé du côté de la CSQ, le cadre du Conseil du trésor comporte les éléments suivants :

La fin de la négociation le 29 mars 2020 ;

Un contrat de travail de trois ans ;

Des hausses de salaire à la hauteur de l’inflation pour la durée de la convention collective ;

Et finalement, des primes pour les anges gardiennes et les anges gardiens.

Cette offre du gouvernement ne comporte, à première vue, aucun élément substantiel digne de ce nom pour les enseignantEs des niveaux élémentaire et secondaire. Autrement dit, il n’y a rien qui améliore véritablement les conditions d’exercice de la pratique enseignante.

À cette offre du gouvernement qui semble, toujours à première vue, inférieure à ce qui a été annoncé en décembre dernier par le président du Conseil du trésor, monsieur Dubé,

(voir à ce sujet l’article suivant :

https://www.pressegauche.org/La-negociation-des-rapports-collectifs-de-travail-dans-les-secteurs-public-et ) les représentantEs de la CSQ ont soumis la contre-proposition suivante :

« 1. Paramètres salariaux :

Des ajustements salariaux correspondant à :
2,2 % (1er avril 2020),
2,2 % (1er avril 2021),
2 % (31 mars 2022) ;
Une clause de protection du pouvoir d’achat si l’inflation est supérieure à 2,2 % pour chacune des années ;
Un mécanisme d’ajustement pour les augmentations de 2021 et de 2022, si l’économie se redresse rapidement (avec indicateurs économiques) ;
Le maintien de toutes les primes (ouvriers spécialisés, psychologues, personnel relié à une clientèle aux prises avec des TGC1, personnel travaillant en CHSLD, etc.) et des enveloppes venant à échéance après le 30 mars 2020.

2. Un espace de négociation pour des enjeux sectoriels prioritaires avec une enveloppe budgétaire qui y est consacrée, à négocier jusqu’au 30 juin 2020 ou plus tard, selon la conjoncture. Les enveloppes sont garanties.

3. Des mesures temporaires pour les personnes salariées qui travaillent dans les services essentiels (réseau de la santé, services de garde et services afférents).

Une prime « ange gardien » ou « COVID-19 » de 10 % (d’un minimum de 3 dollars de l’heure) pour tous ceux et celles qui doivent se déplacer pour travailler en lien avec les services essentiels ou dans le cadre des mesures d’urgence. Des primes additionnelles pouvant aller jusqu’à 2 dollars de l’heure (ou 8 %, selon le cas) pour ces travailleuses et travailleurs impliqués dans les services directs en contact avec les personnes infectées ou dont la disponibilité est accrue.
Le maintien du traitement et des primes normalement versées en cas de déplacement ou de changement de poste, de secteur, d’unité, etc.
La majoration à temps double du temps supplémentaire.
La mise en place d’un comité mixte de santé et sécurité au travail qui détient une réelle capacité à modifier les conditions d’exercice et de pratique afin qu’elles soient sécuritaires en tout temps, et à déterminer les interventions prioritaires. »
L’ensemble de ces mesures temporaires seraient en vigueur pour une période de « 12 mois ou durant toute la durée de la situation d’urgence sanitaire. »

Conclusion provisoire

Et dire que le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, monsieur Jean-Fraçois Roberge, clame depuis son entrée en poste qu’il présenterait des offres emballantes pour les enseignantEs. Chez les politiciennes et les politiciens, c’est toujours pareil, entre la parole et l’acte, il y a souvent un écart béant qui est observé. Quoi qu’il en soit, à ce moment-ci, le gouvernement semble sonder les organisations syndicales les unes après les autres avant de soumettre, à la dernière minute, son offre de règlement final qui sera possiblement, si le premier ministre du Québec agit conformément à sa manière de négocier depuis qu’il est en poste, « à prendre ou à décréter ». C’est à suivre

Yvan Perrier

26 mars 2020, 18h20

Ajout
27 mars 2020
13h41

Au sujet du « Cadre de règlement » du président du Conseil du trésor, une dirigeante d’une organisation syndicale nous a précisé ce matin que ce cadre est « très en-déca des attentes de (ses) membres » et qu’il porte sur des sujets « limités ». Élément nouveau, les porte-parole du gouvernement veulent s’immiscer dans le processus de consultation des membres une fois une entente convenue et conclue entre les parties négociantes. Intrusion en lien avec « la démarche de la consultation et le temps de consultation ».

Ajout
27 mars 2020
14h40
Du côté du SFPQ.

Il y a eu une rencontre, le jeudi 26 mars 2020, entre les membres du Comité de négociation du SFPQ et les représentantEs du Conseil du trésor.

Le gouvernement a présenté son cadre de règlement :

Contrat de travail d’une durée de trois ans ;
Offre salariale dont les paramètres doivent rester pour le moment « secret » ;
La négociation doit être terminée le dimanche 29 mars 2020.

L’offre salariale du gouvernement est, selon la porte-parole du SFPQ, « décevante » et inférieure « au budget Girard ».

La contre-proposition du SFPQ, présentée aux représentantEs du Conseil du trésor, est disponible sur You tube à l’adresse suivante :

https://www.youtube.com/watch?v=QTMaFVKMf90

Yvan Perrier

Yvan Perrier est professeur de science politique depuis 1979. Il détient une maîtrise en science politique de l’Université Laval (Québec), un diplôme d’études approfondies (DEA) en sociologie politique de l’École des hautes études en sciences sociales (Paris) et un doctorat (Ph. D.) en science politique de l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur au département des Sciences sociales du Cégep du Vieux Montréal (depuis 1990). Il a été chargé de cours en Relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais (de 2008 à 2016). Il a également été chercheur-associé au Centre de recherche en droit public à l’Université de Montréal.
Il est l’auteur de textes portant sur les sujets suivants : la question des jeunes ; la méthodologie du travail intellectuel et les méthodes de recherche en sciences sociales ; les Codes d’éthique dans les établissements de santé et de services sociaux ; la laïcité et la constitution canadienne ; les rapports collectifs de travail dans les secteurs public et parapublic au Québec ; l’État ; l’effectivité du droit et l’État de droit ; la constitutionnalisation de la liberté d’association ; l’historiographie ; la société moderne et finalement les arts (les arts visuels, le cinéma et la littérature).

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