Édition du 29 septembre 2020

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Le blogue de Donald Cuccioletta : « La Gauche américaine en 2020 - Stratégies et perspectives »

« Le caucus de l’état de l’Iowa un désastre pour le Parti démocrate »

Le 3 février jour clé pour le début du processus électoral étatsunien, avec le caucus de l’état d’Iowa. Tous les yeux étaient rivés via, les téléviseurs et les ordinateurs sur les résultats du premier scrutin populaire qui aura un effet important sur le reste des consultations dans le processus d’investiture appelé les primaires. Une fois le caucus fini et le vote pris, tout le monde se demandait : « Où sont les résultats ? » Deux jours avant le 3 février, les sondages donnaient Bernie Sanders en avance sur Pete Buttigieg par 4% avec Mme Elizabeth Warren en troisième position et Joe BIden en quatrième.

Coup d’éclat : les organisateurs du caucus démocrate de l’état d’Iowa annonçait dans la soirée, pendant que l’ensemble des Étatsuniens et Étatsuniennes attendait avec anxiété la personne qui avait gagné cet important caucus, que le système du contage des votes ne fonctionnait plus et que nous devrions attendre les résultats le lendemain. Tout le monde se disait : « Sommes-nous retourné.e.s en Floride durant l’élection présidentielle de 2000 entre George W Bush et Al Gore ? ». Mais non nous étions bel et bien en Iowa en 2020.

Attendre un autre journée envoyait un message clair, soit que le déroulement de ce caucus était devenu un désastre pour le Parti démocrate. Certains travailleurs et travailleuses dans le camp de Sanders commençaient à dire que c’était un coup monté pour battre Bernie le socialiste. Ile et elles savaient que depuis la veille du caucus que certaines rumeurs circulaient dans l’Iowa, qui éventuellement confirmées par un article publié le 2 février dans le site web de Politico selon lesquelles la direction nationale du Parti démocrate travaillait très fort pour changer les règlements pour la convention des démocrates à la fin de juillet pour empêcher Sanders de gagner la nomination. Pour l’équipe Sanders, la fraude avait déjà commencé. Souvenons-nous de l’attaque contre les courriels de Sanders par l’équipe Clinton à deux semaines du scrutin en 2016.

Nous savons maintenant que Sanders et Pette Buttigieg sont à égalité, avec dix délégués chacun, mais le vote populaire a été gagné par Sanders pour l’instant. Ce dernier détail est important, parce qu’il signifié que Sanders, si jamais il emport l’investiture, aura déjà une assise pour être victorieux en Iowa durant l’élection présidentielle.

Mais la lutte n’est pas finie pour Bernie Sanders. Les attaques font juste commencer. Certaines attaques ont circulé dans différents journaux locaux, pas les plus importants comme le New York Times ou le Washington Post, qui accusent Sanders d’être antisémite.
Cette stratégie a été utilisée contre Jeremy Corbyn, comme je l’avais écrit dans un bloque précédent, et elle fait maintenant parti de la stratégie contre Sanders. La logique dans les deux cas est la même : Sanders soutient la cause palestinienne, donc il est anti-Israël et par conséquent antisémite. Nous voyons maintenant l’importance du travail mené par différents groupes, et notamment Voix les Juifs indépendantes, pour forcer l’administration de la ville de Montréal de retirer la résolution sur l’antisémitisme, qui amalgamait antisémitisme et les critiques contre l’État d’Israël. Nous pouvons également souligner que Sanders est Juif et fils d’un rescapé de du juidéocide.

Même dans son discours adressé à la nation mardi soir, le Président Trump s’est attaqué, d’une manière voilée, à ceux et celles qui se disent ouvertement socialistes comme Samders et Ocasio-Cortez, en disant que le socialisme était étranger à la grande société américaine. Déjà le dimanche après-midi avant le Super Bowl, dans une entrevue à FOX News (diffuseur du Super Bowl) avec l’animateur Sean Hannatty, Donald Trump est intervenu sur la question des socialistes, quand Hannatty lui a demandé ce qu’il pensait de Bernie Sanders. Sa réponse évoquait le péril rouge dans l’histoire récente. Il a effectivement affirmé, à propos de Sanders : « Non, non il est un communiste, mais les démocrates semblent s’accommoder de sa présence ». Il a continué dans sa réponse en disant que Mme Pelosi était aussi une gauchiste.

Dans un bloque précédent, j’avais émis l’opinion que éventuellement, la lune de miel pour ceux et celles qui se présentent ouvertement comme socialistes, tire à sa fin.

Depuis dimanche, la lune de miel pour les socialistes aux États-Unis est finie. La volonté de Trump d’associer le Parti démocrate et surtout son ennemie jurée Nancy Pelosi avec la montée du socialisme aux États-Unis est une attaque, certes envers Sanders et compagnie, mais avant tout contre le Parti démocrate qui accepte ces socialistes en son sein. Cette association mis de l’avant par Trump, peu import qu’elle soit vrai ou fausse, visait à convaincre son électorat que les démocrates n’ont pas à cœur les vrais intérêts des Américains et les États-Unis, sinon ils éxpulseraient les socialistes de leur parti.

Par ce discours antidémocratique, il a dit aux démocrates que la balle était dans leur camp. Les républicains sont alors présentés comme des vrais Américains parce qu’ils et elles rejettent l’idée du socialisme, puisque ce système est mauvais pour l’économie, la liberté et la grande démocratie américaine tandis eux les démocrates accueillent dans leur parti ces destructeurs de la grande société américaine. Tout ceci repose sur des généralités, la peur et des références plus ou subtiles au passé. Il est certain que la clientèle de Trump comprend très bien ces sortes de discours.

Les démocrates, surtout avec la piètre performance de Joe Biden, le candidat de préférence pour la direction du parti, qui a été battu par un socialiste et un néophyte, savent qu’ils sont en difficulté. Ils savent très bien aussi qu’une des stratégies des républicains est de démontrer la division au sein des démocrates entre cette nouvelle cohorte d’élu.e.s qui se déclarent socialistes, avec Sanders en tête. Un parti divisé ne pourrait pas battre Trump le 3 novembre.

Il faut donc s’attendre à ce que les démocrates, pour solidifier leur unité, s’acharnent sur les socialistes au sein du parti et en particulier Sanders. Il est au cœur de cette élection présidentielle. Il même par 10% au New Hampshire, la primaire prévue pour mardi le 11 février, et tous les sondages qui mettent Sanders contre Trump donne à 60% la victoire à Sanders comme les sondages en 2016.

Que feront les démocrates ? Comment vont-ils se distancer de Sanders et d’Ocasio-Cortez ? Les socialistes et surtout l’équipe de Sandrs ont été témoins en 2016 de l’ingérence du clan Clinton dans la campagne et les courriels de Sanders. C’est la raison pour laquelle le désastre de l’Iowa a très vite interprété par l’équipe Sanders comme une conspiration de la part des démocrates.

Iowa a été une défait pour les démocrates, mais ça été aussi une leçon pour les candidats et candidates qui se présentent sous la bannière socialiste. Les démocrates, avec leur stratégie entièrement centrée sur la vengeance contre Trump et dictée par les Clinton peuvent aussi facilement diriger cette vengeance contre Sanders et compagnie. Mme Pelosi , le Sénateur Charles Sumer , les Clintons qui supportent tous la candidature de Joe Biden, utiliseront tous les actions nécessaires pour écarter Sanders et les Ocasio-Contez de la victoire et le parti.

Les résultats du primaire du New Hampshire en diront long sur toutes ses stratégies. Évidemment, le parcours de Sanders et les Ocasio-Cortez deviendra plus difficile. Maintenir une stratégie de « ni les démocrates ni les républicains » est très difficile, surtout quand l’éveil du mouvement socialiste est encore fragile et embryonnaire. Ce mouvement cherche une troisième voie pour les travailleurs et travailleuses américaines, et nous savons que l’histoire des États-Unis est ponctuée par plusieurs actes d‘oppressions, d’assassinats et des sabotages qui avaient pour but de détruire et d’éradiquer le socialisme aux États-Unis.
Nos camarades socialistes états-uniens connaissent très bien cette histoire aussi.

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