Édition du 19 mai 2020

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Canada

Un soutien d'un océan à l'autre pour les détenus qui entament leur cinquième jour de grève de la faim : les risques de la COVID-19 sont réels

Montréal, le 28 mars 2020 – Des professionnel.le.s de la santé, des militant.e.s pour les droits humains et des sympathisant.e.s de partout au pays s’unissent pour dénoncer les terribles conséquences légales, médicales et morales de la pandémie de COVID-19 sur les migrant.e.s incarcéré.e.s. Une conférence de presse a lieu pendant que les détenus entament leur cinquième jour de grève de la faim illimitée au Centre de prévention de l’immigration de Laval

« Je suis outrée par la situation actuelle. Les détenues sont à leur cinquième journée de grève et jusqu’à date, aucune autorité ne s’est indignée de la situation. Nous traversons une période de crise mondiale- nous recevons à tous les jours des mesures afin de nous préserver de ce virus. Les détenus du Centre de détention de Laval ne méritent-ils pas le même traitement que chacun d’entre nous ? Je lance encore un message aux autorités qu’ils réagissent afin de limiter les conséquences », affirme la soeur d’Abdoul.

Malgré d’importantes pressions exercées par l’Agence de services frontaliers du Canada (ASFC), les détenus refusent tous les repas qui leur sont offerts depuis mercredi. Confinés dans de petits espaces et exposés aux allées et venues des gardiens et du personnel d’entretien et d’alimentation, les détenus sont dans l’incapacité de respecter les mesures de distanciation sociale et les risques de transmission de la COVID-19 sont bien réels.

« Il est impossible d’adopter les mesures de santé publique nécessaires pour empêcher la propagation explosive des infections à la COVID-19 parmi les personnes détenues dans les centres et les prisons. Les autorités doivent libérer toutes les personnes détenues, partout au pays, y compris celles qui mènent une grève de la faim au Centre de prévention de l’immigration de Laval. Il s’agit d’une question de vie ou de mort, au beau milieu d’une pandémie mondiale sans précédent », affirme Nanky Rai, MD, MPH au Parkdale Queen West Community Health Centre.

Pendant que la grève suit son cours, les appels à libérer les prisonniers et prisonnières se multiplient. Mercredi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a encouragé les gouvernements à « travailler rapidement pour réduire le nombre de personnes en détention », soulignant le niveau de risque extrêmement élevé présenté par læes établissements de détention, où l’isolement social et la distanciation physique sont impossibles. Similairement, le Conseil européen a affirmé que les détentions administratives devaient cesser.

« La Ligue des droits et libertés est de plus en plus inquiète, autant pour la santé des détenu-e-s du Centre de surveillance de l’immigration de Laval que pour la santé publique. Pour éviter la catastrophe sanitaire, il faut les faire sortir et empêcher que d’autres entrent en détention », explique Alexandra Pierre, de la Ligue des droits et libertés. « Enfermer des personnes qui, par exemple, demandent refuge au Canada ou dont les papiers sont arrivés à échéance, est déjà une violation de leurs droits fondamentaux. Et en plus, dans le contexte de la pandémie, on bafoue leur droit à la sécurité, à la santé et même à la vie. C’est inacceptable ! »

Les sympathisant.e.s soulignent également l’implication du gouvernement canadien dans la création de conditions qui déplacent les gens à travers le monde et les forcent à migrer. Ils et elles ont également demandé la libération immédiate des détenus, un hébergement sécuritaire et de qualité pour toutes les personnes libérées, et la fin des nouvelles détentions

« L’État canadien offre un soutien indéfectible aux projets d’extraction, comme ceux du secteur minier canadien, ainsi qu’aux régimes répressifs de l’Amérique centrale, qui forcent les personnes à fuir vers le Nord. Pourtant, lorsque les personnes réfugiées et migrantes arrivent ici, elles se heurtent à des restrictions injustes et des abus aux frontières. Ces politiques néfastes doivent cesser », affirme Stacey Gomez, coordonnatrice pour les Maritimes du réseau Maritimes-Guatemala Breaking the Silence.

« Ces hommes ne voient pas d’autre option que d’arrêter de manger pour être traités avec les mêmes précautions que tout le monde : c’est inacceptable. Nous demandons au gouvernement du Canada d’agir immédiatement pour les protéger et pour protéger les autres personnes détenues, pour qu’ils puissent briser leur grève de la faim avant que leur santé ne se détériore », soutient Safa Chebbi, de Solidarité sans frontières.

Contact : detenuslaval@gmail.com

Source :

Solidarité sans frontières

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