Édition du 31 janvier 2023

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

À bord du bateau vers Gaza

"Dans quelques jours, je monterai à bord du Tahrir, le bateau de la délégation canadienne qui se joindra pour la première fois à la Flottille de la liberté II. Il s’agit de la deuxième édition d’un convoi humanitaire international composé d’une douzaine d’embarcations qui mettra le cap sur Gaza afin de défier le blocus israélien."

Chaque navire partira d’un lieu différent. Par exemple, les Français embarqueront à Marseille, et le navire canadien appareillera de Grèce. La traversée devrait durer environ 48 heures. Une fois en mer, nous ferons d’abord cavalier seul, puis, le jour J, tous les bateaux convergeront vers un même point GPS tenu secret. L’idée est de créer un effet de surprise.

L’entreprise est tout de même risquée. L’année dernière, la flottille avait été interceptée par la marine israélienne. Un commando spécial avait arraisonné le navire de la délégation turc, le Mavi Marmara, et tué neuf personnes. Il n’y avait aucune arme à bord. Récemment, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a menacé, encore une fois, d’« agir fermement » en ayant recours à « la force ».

Pourtant, il s’agit d’une mission pacifique visant à venir en aide à la population. À notre départ, les cales des bateaux pourront être ins­­pectées sans problème et tous les passagers de la flottille s’engagent à résister de manière non violente. D’ailleurs, cet aspect n’est pas pris à la légère. Une fois en Grèce, la quarantaine de délégués canadiens qui prendra part à la grande traversée devra suivre un atelier de deux jours sur la désobéissance civile pacifique.

Avec ce convoi, et s’il arrive à bon port, les organisateurs comptent faire entrer du matériel humanitaire et souhaitent aussi pouvoir se procurer des produits locaux pour les vendre sur le marché extérieur. Il s’agit de gestes symboliques afin de rappeler que le blocus agit dans les deux sens : il réduit au minimum l’importation et l’exportation des marchandises.

Dans un rapport de l’ONU publié il y a quelques se­maines, on apprenait que près de la moitié des Gazaouis sont sans travail. On parle d’un taux de chômage avoisinant les 50 %, l’un des plus élevés au monde. Il y aura cinq délégués québécois à bord du bateau, dont Manon Massé, de Québec solidaire, et Marie-Ève Rancourt, de la Ligue des droits et libertés. Pour ma part, je participe au projet à titre de cinéaste, de reporter et de militant des droits humains.

Je vous invite, au cours des prochaines semaines, à me suivre sur ce blogue. On ne sait pas si on se rendra jusqu’à Gaza, mais « pour sûr », c’est une saga à suivre !

Blogue tiré du journal Métro

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