Édition du 19 février 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 12 février 2019

La nécessaire résistance aux attaques contre les minorités opprimées

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Le débat sur la laïcité est au coeur de la période actuelle, grand merci à la CAQ pour cette diversion des problèmes fondamentaux tels les changements climatiques, les sombres perspectives économiques, la violence faite aux femmes et j’en passe. Il demeure que la gauche sociale et politique ne peut faire l’impasse sur ce débat. Québec solidaire a ainsi amorcé sa réflexion qui doit mener à une décision lors du prochain conseil national en mars prochain. André Frappier fait écho à ces premiers échanges, notamment grâce à différentes captations vidéos.

Par ailleurs la Ligue des droits et liberté revient sur la définition de ce que devrait être la laïcité, « une transformation selon laquelle l’État tire sa légitimité du peuple et non de Dieu ». Rabah Moulla plaide pour un « compromis sur le compromis », soit « accepter un compromis national pour préserver le vivre ensemble et qui donne du temps à l’éducation populaire de faire son œuvre », une acceptation des recomandations de la commission Bouchard-Taylor à condition que les quatre grands partis acceptent de bannir la stigmatisation de la communauté musulmane.

Pierre Beaudet annonce ses couleurs en misant sur la jeunesse, celle pour qui cette « bataille autour de signes religieux semblent un truc d’hallucinés. » Il invite à « s’opposer à l’arnaque, celle qui est immédiate avec la loi islamophobe que propose la CAQ, et celle qui s’en vient et qui sera sans doute encore plus violente » et invite à une convergence humaniste. Enfin, Benoit Renaud analyse la situation actuelle dominée par ce débat dans la perspective de la prise du pouvoir par Québec solidaire lors de la prochaine élection en 2022. Il se prononce en faveur de l’absence d’interdiction de signes religieux, seule option capable de « rallier plus de 3 millions de Québécoises et de Québécois de toutes origines et de toutes les convictions spirituelles à notre projet. » Cette jeunesse en mouvement poursuit-il, « celle qui vote majoritairement pour QS, est en amour avec la liberté et les droits. Elle ne veut rien savoir de ceux qui leur disent comment ils doivent penser. »

Par ailleurs, un mouvement gréviste en faveur du climat se construit et les jeunes des Cegeps et universités sont de plus en plus nombreux.euses à rejoindre le mouvement. Daniel Tanuro souligne cette évidence lancé par ces jeunes en Belgique :« À quoi bon aller à l’école si demain notre monde est détruit. » Partageant leurs craintes, l’auteur explique l’urgence de la situation et propose un programme immédiat qui peut guider le mouvement vers une véritable révolution verte, écosocialiste. Rejetant à l’avance les épithètes d’utopiste, Tanuro rappelle que lors de la lutte contre les nazis, le gouvernement américain avait adopté une série de mesures contraignantes afin de favoriser l’effort de guerre faisant passer la production militaire de 4% à 40% du PIB. Si on peut le faire pour la guerre, on peut le faire pour sauver la planète.

Une section syndicale vous est aussi présentée. Elle couvre les enjeux du salaire minimum, combat mené unitairement. Le collectif des syndicats du secteur public dénonce l’affaire « Louis Robert » , cet agronome congédié suite à des révélations sur les pressions de l’industrie privée sur des organismes de recherches du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. La CSN souligne que ce n’est pas aux salarié.e.s de payer pour les inepties et la turpitude de la direction de la SQDC. Considérant que la SQDC a réduit ses heures d’ouverture suite à des défaut de fourniture et que la CAQ veut modifier l’âge légal pour consommer du cannabis, la société prévoit une diminution de son chiffre d’affaire. Et elle veut refiler la facture à ses employé.e.s.

Nous vous offrons enfin des articles expliquant les enjeux relatifs au projet Gazoduq qui doit relier l’Ontario et le Saguenay pour du transport de gaz naturel. Le collectif "Gazoduq, parlons-en" explique les enjeux, notamment pour la protection du beluga. Un collectif d’auteur.e.s qualifie le projet de « pure aberration à la lumière du contexte que nous venons de décrire. Sa réalisation favoriserait un accroissement de la production gazière albertaine et de la consommation de gaz au Québec C’est un projet pervers, dans un système économique devenu génocidaire » et souhaite que le projet ne voit jamais le jour.

Scène internationale

Répression dans le monde, pornographie et violences faites aux femmes, exemple de capitalisme vert et hause des inégalités complète le menu decette semaine pour la situation internationale.

RÉPRESSION DANS LE MONDE

La Catalogne a connu l’année dernière une répression sans précédent. Les procès des personnes accusées ont commencé cette semaine. C’est dans ce cadre que nous avons choisi cet article.

Pour la liberté des prisonniers politiques catalans L’article commence par mettre en doute les motifs d’accusation : « Ils sont accusés de sédition et de rébellion, « charges retenues qui sont sans fondement et doivent être abandonnées », selon Amnesty International. »et se poursuit en montrant l’ampleur de cette répression :« Sept autres dirigeants politiques sont aussi en détention provisoire » ;« Plusieurs autres élus et politiques catalans ont choisi l’exil » ;« 712 maires ont été mis en examen ».« Sont également inculpés des dizaines de militants républicains catalans pour avoir participé à l’organisation des manifestations pacifiques ». Il va s’en dire que le but de ce texte est d’exiger la libération de ces prisonnier-ère-s politiques.

Le deuxième article retenu recense les dépenses militaires en France dans le contexte de la crise des gilets jaunes. Acheter des armes, légiférer sécuritaire pour mieux dominer L’auteure a pour objectif de clairement faire des liens : « Le vote de la loi « anticasseurs » cache le surarmement de la France, concomitant au déni des inégalités femmes-hommes ».

Elle donne des chiffres a faire froid dans le dos, d’autant plus froid si on pense aux plus de 1000 personnes blessées durant les mobilisations des gilets jaunes : « Le ministère de l’Intérieur entend acquérir 450 lanceurs (de balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes ou explosives) en rafale (4 et 6 coups), fusils du fabricant américain Combined Systems, également appelés « Riot gun Penn Arms »et couramment utilisés par les polices des États-Unis, d’Israël, de Russie ou du Brésil.

Les Penn Arms coûtant entre 2 600 et 3 000 euros chacun, on peut estimer le budget alloué à 1,35 millions d’euros. Ce dernier appel concerne également l’achat, auprès d’un fabricant suisse, Brügger & Thomet, de 1 280 Lanceurs de balles de défense de 40 mm (LBD 40 ou GL06 en anglais) supplémentaires (plus spécifiquement pour la gendarmerie), pour un montant estimé à 2 millions d’euros (un LBD 40 est vendu 1 800 francs suisses pièce). Ces armes sont notamment prisées par l’Ukraine et le Kurdistan. »

La répression française ne s’arrête évidemment pas aux arrestations. Elle vise les médias.Liberté de la presse : Tentative de perquisition à Mediapart Le syndicat national des journalistes a protesté contre une perquisition chez Médiapart. Médiapart avait eu le malheur (le bonheur pour nous) de mener enquête sur le personnage Benalla en lien avec Vicent Case. Le gouvernment n’a pas aimé cet indiscrétion : « le président est très clair sur sa volonté de mettre le journalisme sous tutelle. Il souhaite mettre en place des structures pour « s’assurer de la neutralité et vérifier l’information » dans les médias financés par l’État, qui contrôleraient médias publics et privés. » Un affaire à suivre attentivement dans le climat de tensions sociales en France.

Enfin comme dernier texte sur la répression dans le monde, nous avons retenu la désinformation en Asie du sud-est. Plusieurs gouvernements, à la démocratie douteuse, utilisent systématiquement la désinformation pour conditionner les populations : « D’après le rapport Freedom in the World 2018 de l’organisation à but non lucratif Freedom House, basée à Washington, sept des huit pays d’Asie du Sud-Est (Cambodge, Indonésie, Laos, Birmanie, Philippines, Thaïlande, Malaisie et Singapour) ont connu une régression en matière de libertés civiles au cours de l’année dernière ». L’article se poursuit en donnant des exemples dans chacun des pays nommés et en montrant le rôle ou l’inaction des autorités gouvernementales. Mais la contestation existe : « Des efforts sont en cours pour combattre la désinformation dans des pays comme l’Indonésie, où des journalistes et des organisations à but non lucratif ont décidé de passer à l’action pour empêcher que la désinformation ne sabote l’issue des prochaines élections. » Mais la faiblesse des mesures et le peu de volonté gouvernementale laissent peu de place à des améliorations pour 2019.

MOUVEMENT DES FEMMES

Nous avons retenu cet article car en mots très simple, l’auteure nous démontre le lien porno et violences faites aux femmes et tolérance sociale. Nous sommes capables d’identifier la violence, sauf quand elle est infligée aux femmes. L’auteure part d’un fait divers : « David Dao a subi une commotion cérébrale, une fracture du nez et a perdu deux dents après avoir été violemment entraîné hors d’un avion de United. » Et à partir de l’empathie et de l’émoi de ce événement sur les réseaux sociaux, elle se demande comment et pourquoi cette violence crée indignation alors que les images pornographiques montrent bien pire sort réservé aux femmes sans rien créer : « Ce qui est étrange, cependant, c’est qu’il n’y a aucune protestation publique concernant la pornographie »

L’auteure poursuit en expliquant que la porno est une forme de torture des femmes. Ces violences dégradent les femmes et les humilient. Elle conclut en rêvant que les femmes puissent poursuivre l’industrie pornographique comme M. Dao à poursuivit United : « Nous allons devoir attendre encore très longtemps avant de voir une poursuite de plusieurs millions de dollars contre l’industrie pornographique, parce que nous croyons en tant que société que la douleur des femmes n’importe pas vraiment. En fait, dans le porno, la douleur des femmes rend les érections des hommes plus intenses et plus durables. » Une conclusion choc.

CAPITALISME VERT

Dans ce petit texte, est illustrer comment le capitalisme récupère parfois le mouvement écologiste. Le capitalisme vert utilise Greta Thunberg

Il y est fait mention de la lutte d’une jeune femme : « Depuis environ cinq mois, une jeune Suédoise de 16 ans souffrant du syndrome d’Asperger se retrouve sous les projecteurs médiatiques du monde entier. Elle fait la « grève de l’école » pour se faire entendre et son combat est juste. » Et ce combat vise la protection de la planète et l’urgence d’agir : « Je ne veux pas que vous soyez désespérés, je veux que vous paniquiez. Je veux que vous ressentiez la peur qui m’habite chaque jour et que vous agissiez, comme s’il y avait le feu, parce que c’est le cas. » Mais dans l’entourage de la jeune femme que décrit bien l’article, il y a capacité de récupération de ses actions : « Je résume. Nous avons d’un côté une plateforme numérique en construction, We Don’t Have Time, qui a pris un réel essor il y a quelques mois grâce à Greta Thunberg, « jeune conseillère » de la fondation dirigeant cette plateforme...Et de l’autre, nous avons une famille de milliardaires comptant une ex-ministre qui investit dans cette start-up, puis qui embauche Ingmar Rentzhog dans un think tank développant les thèmes de la croissance verte, de l’économie circulaire, bref, de l’écoblanchiment. » Un bel exemple de récupération.

INÉGALITÉS SOCIALES

Nous ne pouvions passé à côté de cet article analysant les inégalités sociales et la baisse des revenus des travailleurs et des travailleuses et particulièrement les plus démuni-e-s. Pour réduire les inégalités : améliorer la part…

L’article décrit au départ les pertes dans la rémunération des travailleurs et travailleuses : « Selon leurs calculs, entre 1991 et 2014, la part de la rémunération du travail aurait décliné dans 29 des 50 plus grandes économies du monde. »« Lorsque l’on compare l’évolution de la rémunération des salariés et celle des profits des entreprises, en pourcentage du PIB, au cours des 37 dernières années (1981-2017), on constate une tendance très claire à la baisse de la part de la rémunération du travail sur l’ensemble de la période. Entre le sommet de 1981 (58,4% du PIB) et le creux atteint en 1999 (50,4%), on mesure une baisse de 8 points de pourcentage, soit une diminution beaucoup plus importante (le double) que la moyenne des pays développés calculée par les chercheurs du FMI. En dollar de 1999, cette baisse de la rémunération équivalait à 16 milliards $ de revenus globaux. Pendant la même période, les profits des entreprises sont passés de 22,1% à 25,9% du PIB, une hausse de 3,8 points de % (l’équivalent de 7,6 G$). »

Si vous vous sentiez appauvri-e-s, vous avez maintenant confirmation de cette situation, d’autant plus si vous êtes un travailleur ou une travailleuse moins qualifié-e. L’article conclut en affirmant la nécessité pour les autorités gouvernementales d’agir en : « Le temps est donc venu d’améliorer de façon significative la part des revenus du travail en donnant un signal clair à tous les intervenants qu’il est important de redonner du pouvoir d’achat aux salariés, et en particulier de ceux au bas de l’échelle » Un petit 15 $ de l’heure avec ça ?

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