Édition du 11 mai 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Canada

Plan vert du gouvernement Trudeau

Un autre plan libéral d’écoblanchiment

Les auteurs sont respectivement président de l’Association Québécoise de Lutte contre la Pollution Atmosphérique (AQLPA) et ancien analyste principal fédéral dédié au climat, aux politiques, à la législation, aux programmes et aux projets.

Un autre plan vert libéral a été annoncé le 11 décembre. Nous avons perdu la trace du nombre de plans verts que nous avons eus, mais pas un seul n’a atteint ses objectifs.

L’un des deux piliers du dernier plan est l’augmentation du prix du carbone. Mais il n’y a pas de solution miracle. Les mesures fragmentaires ne fonctionnent pas. Ailleurs où il y a des prix du carbone, l’Union européenne et la Chine en particulier, il existe une pléthore de mesures complémentaires, y compris des initiatives législatives strictes.

Il faut un budget annuel intégrant presque tous les aspects du développement économique avec le développement durable et vice-versa, accompagné d’initiatives politiques et législatives solides.

Deuxième pilier

L’autre pilier, ce sont les 15 milliards de dollars. Le Canada dépense presque autant chaque trimestre pour des subventions aux combustibles fossiles. Tout aussi insultant, Trudeau s’est vanté de son engagement envers les véhicules électriques (VE) en se référant à la contribution fédérale au projet de l’usine Ford d’Oakville pour convertir l’installation pour la production de VE. Mais le Canada soutient TOUJOURS les constructeurs automobiles de l’Ontario.

Cependant, il est choquant de constater que lorsque Lion Electric de Saint-Jérôme au Québec, fabricant de camions électriques et d’autobus scolaires électriques, a menacé de construire sa nouvelle usine de batteries aux États-Unis si le financement était insuffisant, pas un cent n’est venu d’Ottawa.

Lion a depuis conclu un accord avec Amazon pour livrer 10 000 camions tout électriques à l’entreprise d’ici 2030, 2 500 unités d’ici 2025. Inclus dans l’accord, Amazon acquerra 10 % du capital de Lion pour 8,6 millions de dollars, achètera 1,1 milliard de dollars américains de produits et services, et a la possibilité d’augmenter de 10 % la commande de production de camions Lion, soit au moins 2300 unités/an entre 2026 et 2030.

Et Lion a reçu une commande de 50 camions du Canadien National. Mais avant cette bonne nouvelle des ventes de Lion, pour renforcer ses finances, Lion a fusionné avec un partenaire financier, Northern Genesis, pour inscrire la société à la Bourse de New York. Ensemble, ces développements chez Lion ont assuré que l’usine de batteries sera située au Canada tandis que Lion a l’intention de construire une usine de camions électriques aux États-Unis.

Où était le gouvernement fédéral pour aider Lion alors qu’il luttait pour sa survie et assurer un maximum d’investissements au Canada ? Pourquoi les entreprises basées à l’étranger ont-elles la priorité ?

La société canadienne Magna International est également active dans le domaine des véhicules électriques, avec des coentreprises dans la fabrication de véhicules électriques (VE) et des groupes motopropulseurs de VE en Chine, en Autriche et ailleurs. Elle possède également un centre de véhicules autonomes aux États-Unis, mais rien de tel au Canada.

Un autre élément du plan vert à la pièce des libéraux est qu’il appelle à une stratégie nationale sur l’hydrogène. Ce que l’on ne dit généralement pas de l’hydrogène, c’est que les majors de l’industrie pétrolière et gazière font beaucoup de lobbying pour cette option, car 98% de cet hydrogène provient du reformage à la vapeur du gaz naturel et de la gazéification du charbon.

Cependant, la nouvelle tendance est de promouvoir l’hydrogène vert en utilisant des sources renouvelables pour l’électrolyse afin d’extraire l’hydrogène de l’eau. C’est maintenant salué comme la solution miracle. Mais un rapport de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis sur 50 projets d’hydrogène vert annoncés en 2019, a révélé que seuls 14 des 50 projets examinés étaient effectivement passés au stade de la construction.

De plus, l’annonce de la stratégie à la pièce du 11 décembre comprend des projets de captage et stockage du carbone (CCS). CCS n’a rien fait d’autre que d’offrir de l’écoblanchiment aux entreprises de combustibles fossiles. En effet, les technologies CCS augmentent les besoins en combustibles fossiles – dont le gaz naturel – pour exploiter une installation, sont d’un coût prohibitif, perdent la moitié des émissions captées dans l’air avant d’être canalisées dans un puits asséché, et n’apportent aucune preuve que l’autre moitié enfouie dans le sol y restera.

En ce qui concerne les émissions de méthane, le plan vert des libéraux prévoit que les réductions n’entreront en vigueur qu’à compter de 2025. Le Canada avait un plan de réduction des émissions de méthane avec l’administration Obama qui devait débuter en 2020.

Enfin, bien que 10 % de la consommation de pétrole soit associée aux plastiques, le plan Trudeau sur les plastiques ne prévoit qu’une demi-douzaine de produits à usage unique à interdire pour 2021. Reconnaissant que les plastiques sont omniprésents dans nos maisons, nos lieux de travail, nos intérieurs de véhicules, nos équipements médicaux et autres sphères, l’Union européenne et la Chine ont des plans d’économie circulaire en cours pour l’industrie de la pétrochimie, une année à la fois.

Nous avons déjà vu le film libéral.

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