Édition du 15 octobre 2019

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Le blogue de Donald Cuccioletta

Le Parti démocrate en pleine course pour l’élection présidentielle de 2020 ?

Depuis la victoire du Parti démocrate aux élections de mi-mandat en 2018, qui lui ont permis de reprendre la majorité à la Chambre des représentants, tous les discours, actions, et le travail législatif des démocrates préparent le terrain pour vaincre Donald Trump et son administration en 2020. Les démocrates font tout pour empêcher Trump de gagner un deuxième mandat à la Maison-Blanche. Cet élan de lutte a ainsi attiré 22 candidats pour la nomination du parti comme candidat à la présidence en 2020. Même si nous tenons pour acquis que la stratégie du Parti démocrate se concentre autour des 22 candidats, il semble qu’une fraction du parti, au sein de la Chambre des représentants (majoritairement démocrate) et du Sénat, depuis la sortie du Rapport Mueller, mise encore sur une destitution du Président Trump. Pour beaucoup d’observateurs qui, en m’incluant, suivent la démarche du parti pour 2020, les démocrates ne semblent pas voir une stratégie claire pour 2020. La confusion stratégique semble régner et il n’y a pas de consensus sur les démarches à prendre.

Avant de m’engager dans une analyse en profondeur des 22 candidatures, je crois qu’il faut nous pencher sérieusement sur cette tendance, minoritaire certes, mais qui domine les discussions au sein du parti et même parmi certains des 22 candidats, selon laquelle la destitution de Trump constitue encore une priorité. Il était évident que les démocrates se fiaient sur le rapport de Robert Mueller comme tremplin pour préparer non seulement la plateforme politique du parti pour 2020, mais aussi pour consolider une possible voie vers la destitution du président actuel. Depuis le début de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, Mme Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre des Représentants depuis la victoire majoritaire en 2018, n’a jamais été chaude à l’idée. À plusieurs reprises elle a même averti cette fraction minoritaire dans son parti que la priorité stratégique des démocrates était de gagner en 2020 et d’empêcher Trump d’obtenir un deuxième mandat. Pour Mme Pelosi et la majorité des démocrates, il fallait surtout utiliser le contenu du Rapport Mueller pour affaiblir la Présidence de Trump, limiter sa capacité à promouvoir ses projets législatifs et surtout le distancer de sa base. Bien que les républicains modérés et indépendants dans les banlieues du Sud, qui ont voté Trump en 2016, ont opté pour les démocrates en 2018, il ne faut pas oublier que les démocrates du sud sont aussi conservateurs que leurs adversaires républicains.

La minorité au sein de la délégation des démocrates à la Chambre des représentants, menée par le représentant et président de la Commission juridique Jerrold Nadler, est parvenue à convaincre la Sénatrice Elizabeth Warren, aussi candidate à la nomination du Parti démocrate, de soutenir la destitution. Plusieurs démocrates trouvent toutefois cette stratégie désastreuse, et estiment qu’elle réduit les chances de victoire en 2020.

Le Sénateur Bernie Sanders, lui-même candidat à la nomination du parti, a dénoncé publiquement la stratégie de destitution dans un « Townhall Meeting » organisé par CNN, en la qualifiant de suicidaire. Le but de cette élection, selon Sanders, est de gagner la présidence, ce qui implique de préparer un programme pour contrer les politiques désastreuses du Président Trump. Le dernier sondage sur la question de la destitution, publié la semaine du 13 mai 2019, indique que 56% des Américains disent qu’il faut abandonner cette stratégie.

Cette déclaration de Sanders démontre clairement qu’il n’y a pas d’unité au sein du Parti démocrate. Plusieurs questions se posent effectivement sur la direction du parti. Qui contrôle le parti ? Qui bénéficierait d’une stratégie basée sur la destitution ? Est-ce une manière légitime de déloger un président en poste ? Même Mme Clinton, qui a juré qu’elle ne se présenterait pas en 2020, continue à écrire dans le Washington Post sur le Rapport Mueller, tout en effectuant une tournée des « Talk Show » et des conférences dans les universités comme Dartmouth College. En parlant de son expérience en 2016, elle affirme qu’elle s’est sentie agressée et violée, et elle dénonce la Russie pour avoir attaqué la démocratie américaine.

Face à un parti qui gravite autour des Clintons, dont une minorité significative prône la destitution et qui a maintenant 22 candidatures en liste pour les élections présidentielles, la question à nous poser est assez évidente : « Où va le Parti démocrate pour 2020 ? ».

22 candidates et plus pour la nomination ?

Eh bien ! Le grand cirque a atterri au sein du Parti démocrate. En 2016, les républicains ont dévoilé 18 candidats pour la nomination du Parti républicain. Le Parti démocrate compte présentement 22 candidats, nous palerons plus tard de Bill De Blasio, peut-être d’ici septembre 2019 il y en aura 25, voire 27, qui sait. Au moins, les démocrates sont sûrs qu’avec 22 candidats, ils en ont assez pour une équipe estivale de baseball.

On peut imaginer que le parti veut démontrer sa force et étaler le fait que 22 candidatures de qualités pourront prétendre à la présidence des États-Unis. Je blague évidemment, en espérant que les démocrates ne croient pas que le nombre de candidats prouve la qualité supérieure du Parti démocrate vis-à-vis les républicains. Soyons sérieux et analysons l’ensemble les candidatures dans la course.

Le Parti démocrate, depuis sa victoire à la Chambre des représentants, s’est déclaré un parti progressiste de la résistance. Évidemment cette nouvelle appellation permet d’écarter tous les mouvements sociaux autonomes par rapport au Parti, par exemple Black Lives Matter, #MeToo, le mouvement des femmes pour le droit à l’avortement, et les noyer dans l’appellation à la mode, « progressiste ». C’est aussi une tactique pour écarter tous ceux et celles qui se disent socialistes. Mme Pelosi avait déjà déclaré que le socialisme n’est pas américain. Je suggérais à Mme Pelosi de lire davantage l’histoire du mouvement ouvrier et syndical aux États-Unis.

Ainsi, nous avons devant nous différentes raisons pour lesquelles le parti attire 22 candidats.1 Pour bien comprendre ce phénomène, il nous faut considérer que la motivation est différente pour chacun et chacune selon la façon de promouvoir sa carrière par l’entremise de cette course.

L’entrepreneur new-yorkais Andrew Yang semble vouloir saisir l’opportunité délaissée par Michael Bloomberg, qui avait pensé à se présenter, mais sa présence aurait été perçue comme une guerre personnelle entre lui et Trump, entre lesquels une animosité existe depuis 30 ans. Ainsi M. Yang devient le porte-étendard des entrepreneurs proche du Parti démocrate. L’écrivaine de la Californie Marianne Williamso, une activiste antiguerre, mais surtout connue pour ses livres sur la spiritualité, se dit proche des idées de Elizabeth Warren et Sanders. Désire-t-elle se faire connaître dans l’arène politique pour ensuite se joindre aux camps de Warren et Sanders ?

Wayne Messam, premier maire afro-américain de Miramar en Floride, est un grand adversaire des armes à feu particulièrement les semi-automatiques. Il est aussi un grand opposant à la politique de la National Rifle Association (NRA) en Floride. Présentement il est le démocrate qui s’affiche le plus contre les positions de droite et parfois d’extrême droite du Sénateur Marco Rubio, qui soutient le coup d’État au Vénézuéla et la politique néo- conservatrice du nouveau gouverneur Rick DeSantis, un proche de Donald Trump. Sa présence dans la campagne de 2020 pourrait le propulser comme un adversaire sérieux au poste de sénateur contre Marco Rubio et De Santis au poste de gouverneur. La situation est similaire pour Seth Moulton, représentant du Massachusetts, et Eric Swalwell, représentant de la Californie, les deux étant proches des sénatrices de leurs États respectifs. Ils sont donc vus comme des candidats qui pourront aider Mme Warren et Mme Harris dans leurs courses respectives.

Tim Ryan, représentant de l’état de l’Ohio, est candidat pour faire passer l’Ohio, swing state notoire, dans le camp des démocrates. De même pour Michael Bennet, gouverneur du Colorado, qui est dans la course pour garantir le Colorado pour aux démocrates. C’est aussi le cas de Cory Booker, sénateur afro-américain qui veut garantir le vote afro-américain au New Jersey et dans les États du sud, en renversant ainsi la tendance dans la communauté afro-américaine à délaisser les démocrates depuis 2016.

Le rôle joué par les gouverneurs qui se présentent dans la course à la nomination peut être crucial pour les démocrates. Les gouverneurs ont beaucoup de pouvoir dans leurs États respectifs. C’est ainsi que Michael Bennet du Colorado, Jay Inslee de Washington et John Hickenlopper même, comme ancien gouverneur du Colorado, pourront, même si ces États ont voté démocrate en 2016, aider à sécuriser ces deux États dans le camp des démocrates par leur présence sur la scène nationale.

Le rôle de Julian Castro, secrétaire du développement urbain sous la présidence de Barack Obama, est de sécuriser et faire augmenter le vote des hispanophones. Dans les plus récents sondages, Trump a fait une percée substantielle dans la communauté hispanophone sur la question de l’immigration illégale.

La sénatrice Kirsten Gillibrand de l’État de New York, grande critique des Clintons, se présente comme une force au sein du Parti pour déloger les Clintons qui, selon elle, sont encore au contrôle du Parti démocrate. Dans le cas de la Sénatrice Amy Klobuchar du Minnesota, un État fidèle aux démocrates depuis plusieurs années, elle veut mousser sa candidature sur le plan national pour se présenter au poste du leader majoritaire au sénat si les démocrates gagnent la majorité en 2020. L’ancien sénateur de l’Alaska Mike Gravel, pour sa part, veut faire remonter la popularité des démocrates dans son état et paver le chemin pour son ascension au poste de gouverneur.

John Delany, 55 ans et ancien représentant de l’État du Maryland, est inconnu sur la scène nationale et il sera parmi ceux qui, d’ici septembre, se retireront de la course faute d’argent et d‘organisation. Tulsi Gabbard, 21 ans et représentante de l’État d’Hawaii, voit plutôt son avenir devant elle. Élue pour la première fois en 2018, avec cette cohorte de jeunes femmes qui ont donné la majorité aux démocrates à la Chambre, elle se positionne pour prendre plus d’espace à la Chambre des représentants.

Ainsi, nous arrivons à ceux que nous pouvons qualifier de candidatures sérieuses pour l’avenir du Parti démocrate. Nous soutenons qu’il y aura six candidatures qui pourront se livrer la bataille dans les primaires démocrates de 2020.

Les deux candidats qui ont lancé leurs candidatures pour 2020 afin de préparer leur avenir comme force importante au sein du Parti démocrate sont Beto O’Rouke et Pete Buttigieg. Beto O’Rouke, ancien représentant du Texas, qui a mené la bataille contre Ted Cruz pour le poste de sénateur de cet État, a tout de suite capté l’imagination de la population texane. Les jeunes ont vu en lui quelqu’un proche de leur génération, puisqu’il a 42 ans. Les plus vieux, par son comportement et certains éléments de son discours, ont vu en lui un nouveau Bobby Kennedy, l’espoir que les démocrates cherchent depuis plusieurs années. Sauf à l’extérieur du Texas, il doit lutter pour gagner les foules, se faire connaître et surtout créer une organisation avec de l’argent. Parfois sa jeunesse le trahit, mais sa fougue est captivante. Sur l’échiquier politique, on peut le qualifier de centre-droite. Il veut éliminer le Medicare, qui lui semble coûter trop cher pour le gouvernement, et le remplacer par un Medicare privé. Il est généralement plus proche des solutions qui viennent du privé pour régler les problèmes de la société américaine.

En somme, il fait partie de cette nouvelle génération influencée par la politique de droite de Bill Clinton, qu‘on avait fait passer comme la troisième voie avec un velours progressiste. Il se classe dans les sondages au 5e rang.

En sixième place, Pete Buttigieg, maire de South Bend Indiana, est plutôt connu sous le nom de Mayor Pete (le maire Pete). Ouvertement gai et marié, croyant en Dieu et pratiquant, il a servi dans l’armée en Afghanistan et il a 37 ans. Jeune et proche des communautés LGBTQ et de cette génération éveillée par la campagne de Sanders en 2016, sa confrontation avec le très catholique vice-président Mike Pence sur son homosexualité l’a propulsé au sixième rang des candidatures. Pence l’avait effectivement fustigé sur son homosexualité et Mayor Pete a répondu que si Pence avait un problème avec son homosexualité, il devrait s’adresser à Dieu qui l’a fait ainsi. Comme tout nouveau candidat et candidate, il doit construire sa base, son organisation et recueillir de l’argent dans un laps de temps limité. Il est très difficile de le situer politiquement, soit à gauche, à droite, centre-gauche ou centre-droite. Sa campagne politique se dirige vers l’avenir, en amenant au Parti démocrate un nouvel élan adapté aux générations d’aujourd’hui avec leur culture et leur préoccupation pour l’environnement et les changements climatiques. Un vent de fraîcheur pour le moment, face à un parti encore dirigé par la vieille garde.

En 3e et 4e position, nous avons la sénatrice Élizabeth Warren du Massachusetts et la sénatrice Karmela Harris de la Californie. La toute nouvelle sur la scène nationale, Mme Harris est surtout connue comme Procureure de la Ville de San Francisco et Procureure de l’État de la Californie. Une Afro-Américaine, elle déjà éveillé l’intérêt des femmes de la communauté afro-américaine. Ceci est une bonne nouvelle pour le parti, parce qu’en 2016 les femmes afro-américaines avaient boudé le Parti démocrate. On voit en elle une Michelle Obama qui veut faire de la politique et devenir présidente. Elle ne reçoit pas encore l’appui de l’ensemble des citoyens et citoyennes de la Californie. Les groupes qui défendent les droits civiques de la communauté afro-américaine lui reprochent d’être la procureure de l’État de la Californie qui a incarcéré le plus d’Afro-Américains. Elle n’a pas à ce jour répondu à cette critique.

En 3e position nous trouvons la sénatrice de l’État du Massachusetts, Elizabeth Warren. Elle s’était présentée en 2016 et en cours de route elle a soutenu Hillary Clinton comme candidate du Parti. Elle se positionne comme une progressiste, ce qui, selon l’auteur de ces lignes, veut dire pour le Parti démocrate un candidat au centre du spectre politique. Elle appuie la stratégie de la destitution, peut-être parce qu’elle attire seulement 8% dans les sondages. Elle est une candidate qui se dit la version féminine de Sanders, sans pour autant se déclarer socialiste. Dans les termes de la politique américaine, on peut la qualifier de libérale de gauche, c’est-à-dire une centriste avec des positions économiques à droite. En somme, sa candidature suit politiquement le Parti démocrate, qui depuis les Clintons est de centre-droite.

Regardons maintenant les deux têtes d’affiche dans cette course à la nomination. Joe Biden a 76 ans et Bernie Sanders a 77 ans. Sans tomber dans l’âgisme, on peut constater qu’en plus d’être des hommes blancs, les deux politiciens qui mènent présentement la course à l’investiture démocrate accéderaient au poste de président, dans l’éventualité d’une victoire en 2020, à l’âge de 78 et 79 ans respectivement. Quand nous voyons que l’âge moyen de ceux et celles qui forment la cohorte des jeunes élus à la Chambre des représentants pour le Parti démocrate est de 35 ans, nous pouvons nous poser des questions.

Pour Bernie Sanders, toujours un socialiste démocratique, c’est la continuité de sa campagne de 2016, où il a créé une vague parmi les jeunes et a mis de l’avant son idée de gouvernement par le peuple. C’est aussi la continuité du message trouvé dans son livre « Political Revolution » qui a été un « best seller ». Il axe son programme et son discours autour de quatre politiques claires : un programme de santé universel, augmenter le salaire minimum, s’attaquer aux compagnies pharmaceutiques et les grands trusts, et la gratuité scolaire pour ceux et celles qui s’inscrivent dans une université d’État. Même s’il est en deuxième place derrière Biden, sa campagne va très bien, et sa caisse électorale est bien remplie avec des donations d’une moyenne de 10$. La semaine passée, un million de militants et militantes pour Sanders ont organisé à travers le pays 5000 rencontres de tout genre pour mousser davantage sa candidature.

En tête de liste est Joe Biden, l’ancien vice-président sous Obama. Il est le candidat de la direction du Parti démocrate, selon laquelle Biden est le seul qui peut arrêter Trump en 20201. Peu importe ce que dit la direction du parti, la candidature de Biden est là pour arrêter Sanders. Le Parti démocrate ne veut surtout pas avoir le même scénario qu’en 2016, où le parti avait truqué la convention avec 740 super-délégués appointés par le camp Clinton pour écarter Sanders. C’est aussi la troisième fois que Biden se présente. Il se présente comme un défenseur des cols bleus, mais il est surtout proche de la bureaucratie syndicale. Le parti le défend contre les accusations de six femmes pour des attouchements non désirées. On n’en parle plus aujourd’hui, mais quelle hypocrisie !

Nous savons que Monsieur Biden a la fâcheuse habitude de trébucher dans ses discours. Sa présence indique que la direction veut contrer le discours et la législation de Trump par un retour aux politiques d’Obama. Avec Biden, c’est une garantie : Run, Obama, Run.

Récemment, un nouveau candidat s’est rajouté dans la course. Bill DeBlasio, maire de New York, qui nous dit qu’il connaît Trump mieux que les autres candidats. Sauf que le message que cela enverrait est que 2020 sera une lutte entre deux New Yorkais. C’était la raison, parmi tant d’autres, pourquoi Michael Bloomberg s’était retiré de la course. DeBlasio est très près des Clintons : il a travaillé pour Hillary Clinton comme conseiller spécial durant son premier mandat (6 ans) comme sénatrice de l’État de New York. Les Clinton l’ont d’ailleurs soutenu financièrement dans sa campagne et prononcé plusieurs discours pour son élection comme Maire de New York. Un autre qui se dit progressiste. Si Biden trébuche, Run, Bill, Run ?

Que peut faire la gauche ?

Le Parti démocrate a toujours su comment faire pour créer les coalitions (Afro-américains, hispanophones, minorités visibles et invisibles, etc.) lui permettant de gagner les pourcentages nécessaires à une victoire présidentielle. Mais en 2016 nous avons pu constater que ces communautés ont délaissé les démocrates et qu’ils ont alors perdu les élections. Le mot d’ordre de Black Lives Matter « Ni les démocrates ni les républicains » a été suivi. La gauche américaine à l’époque était très divisée dans les débats sur le « vote stratégique ». Pour certains, il fallait voter démocrate pour arrêter Trump, mais dans la culture politique des États-Unis, plusieurs citoyens et citoyennes (les indépendants) nous disent que les deux partis traditionnels sont pareils. Au Left Forum de 2016 il y avait une position, minoritaire certes, selon laquelle il fallait abandonner cette idée de « vote stratégique » et construire une résistance non seulement contre les républicains, mais aussi les démocrates. Ce scénario et le débat qui l’a entouré au Left Forum de 2016 semblent vouloir revenir en 2019. Il faut toutefois noter que nous avons aujourd’hui Alexandra Ocasio Cortez et Julie Salazar, socialistes affichées et élues au sein du Parti démocrate. Il y a plusieurs autres exemples dans les conseils municipaux à travers le pays.

Le Parti démocrate n’a pas su tirer un bilan convaincant de la défaite de 2016, en se limitant à accuser les Russes et à déclarer qu’ils incarnent la résistance progressiste face aux républicains. Cette déclaration constitue peut-être une bonne stratégie communicationnelle en vue de la prochaine campagne, mais le Parti démocrate demeure, pratiquement, un parti de centre-droite, sauf pour notre bon vieux Bernie. Mais nous savons aussi que Bernie n’est pas véritablement un démocrate.

Nous pouvons donc nous demander ce que fera la gauche, surtout représentée actuellement par le DSA (Democratic Socialist of America), face à cette confusion stratégique. Notre participation à la prochaine édition du Left Forum, qui se tiendra au 28 au 30 juin prochain à Brooklyn, nous permettra d’en discuter davantage.

Notes

1- Voici la liste des candidates déjà inscrit à la course pour la nomination pour le Parti démocrate : Michael Bennet, sénateur du Colorado : Joe Biden, ancien vice-président : Cory Booker, sénateur du New Jersey : Pete Buttigieg, maire de South Bend Indiana : Julian Castro, ancien secrétaire au développement urbaine : John Delaney, ancien représentant du Maryland : Tulsi Gabbard, représentante Hawaii : Mike Gravel, ancien sénateur de l’Alaska : Kamala Harris, sénatrice de la Californie : John Hickenlooper, ancien gouverneur du Colorado : Jay Inslee, gouverneur de l’état de Washington : Amy Klobuchar, sénatrice du Minnesota : Seth Moulton, représentant du Massachusetts : Wayne Messam, maire de Miramar en Floride : Beto O’Rourke, ancien représentant du Texas, Tim Ryan. Représentant de l’Ohio : Bernie Sanders, sénateur du Vermont : Eric Swalwell, représentant de la Californie : Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts : Marianne Williamson, auteur : Andrew Yang, entrepreneur de New York.

2- Allez dire cela à Bill DeBlasio, Maire de New York qui vient de se lancer dans la course.

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