Édition du 21 juin 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Canada

Une autre majorité Ford nécessite de construire une gauche combative

L’élection des conservateurs à une deuxième majorité est une mauvaise nouvelle. Au cours de leurs quatre premières années, les conservateurs de Ford ont attaqué les travailleurs et les travailleuses, et les services publics, affaibli et détruit les réglementations et mal géré la pandémie de COVID-19, tout en claironnant les intérêts des grandes entreprises. Il ne fait aucun doute que le deuxième gouvernement conservateur majoritaire de Ford continuera de faire avancer les intérêts des entreprises au détriment du climat et des travailleurs et travailleuses.

6 juin 2022 | tiré de Spring magazine

Mais nous devons nous garder de brosser un tableau trop sombre du résultat des élections ou de rejeter l’électorat. Avec un taux de participation de 43 %, l’élection provinciale de 2022 a été de loin la plus faible participation électorale de l’histoire de l’Ontario. Les progressistes-conservateurs de l’Ontario ont remporté 40,83 % du vote populaire, ce qui était comparable à leur part de 40,5 % du vote populaire en 2018. Mais les votes réels exprimés pour les conservateurs ont chuté de 415 000 voix.

Ainsi, la majorité des électeurs et électrices n’ont pas voté, et une majorité de ceux et celles qui ont voté, ont voté contre Ford. Ford a maintenu sa part des voix en changeant sa rhétorique à l’approche des élections. Cela ne reflète pas une approbation retentissante du programme des conservateurs, mais une fatigue pandémique et une apathie à l’égard du processus politique officiel. Bien qu’il ait réussi à exploiter cette humeur pour l’élection, cela indique un faible niveau de soutien pour les politiques qu’il envisage d’introduire. Et bien qu’il ait une forte majorité à Queen’s Park, les mouvements sociaux à l’extérieur peuvent renforcer la résistance.

Comment Ford a gagné

Les sondages de Ford ont touché le fond le printemps dernier lorsque la vague Delta a frappé la province. À l’automne 2020, Ford avait fait une série de faux pas autour de la pandémie, la déclarant essentiellement terminée. De manière très prévisible, cela a conduit à des vagues qui ont frappé les travailleurs et les travailleuses ainsi que les personnes âgées de la province, provoquant des infections et des décès inutiles et tragiques. Ses sondages ont atteint leur plus bas en mars et avril de l’année dernière, au plus fort de la pandémie. Ford a refusé de répondre aux appels croissants pour des congés de maladie payés, choisissant plutôt de fermer des parcs et d’augmenter les pouvoirs de la police. Le tollé général a été immédiat et a forcé Ford à s’excuser et à faire marche arrière en instaurant trois congés de maladie payés temporaires.

C’est à ce moment-là au pouvoir que les progressistes-conservateurs ont changé de cap et ont choisi de mettre au premier plan des mesures législatives et une rhétorique apparemment favorable aux travailleurs et travailleuses. Ce ton plus doux de Ford était également le produit d’une pandémie qui l’a mis politiquement sous les projecteurs de façon quasi constante. Ford a profité des dépenses effrénées des libéraux fédéraux au début de la pandémie. Même si Ford a dû porter les problèmes de la réponse à la pandémie, il a également été crédité du déploiement du vaccin et de la reprise économique, bien qu’il ait peu à voir avec l’un ou l’autre.

Son message de « faire avancer les choses » et sa promesse de « travailler pour les travailleurs et travailleuses » n’ont peut-être pas poussé les gens à voter pour lui, mais ils n’ont pas non plus motivé les gens à venir aux urnes pour voter contre lui.

Pas de mandat pour les coupes

Pour gagner sa majorité, Ford a été contraint de se présenter sur un ensemble de politiques beaucoup plus souples qu’en 2018. Plutôt que de rendre l’Ontario « ouvert aux gens d’affaires », la pièce maîtresse de son élection était de « travailler pour les travailleurs et travailleuses » et de « faire avancer les choses ». Le fait qu’il ait dû changer de discours pour rester au pouvoir reflète une diminution de l’attrait des solutions économiques de droite aux problèmes auxquels sont confrontés la plupart des Ontariens.

Les électeurs et électrices étaient très préoccupéEs par la hausse du coût de la vie, l’économie et l’état des services publics tels que la santé et l’éducation. Tous les partis ont promis de redresser l’économie, de mettre fin à la médecine de couloir et de faire le bien des travailleurs et travailleuses. Ford a également finalement signé l’accord pour la garde d’enfants à 10 $ par jour au printemps et une grande partie de sa rhétorique pendant la campagne électorale était compatissante à l’égard de l’état du système de santé.

Contrairement aux élections précédentes comme celles de 2014 et 2018, aucun parti ne s’est présenté en promettant de limiter les dépenses, de réduire les services publics ou d’attaquer les droits des travailleurs. Ford n’a pas fait campagne pour privatiser les soins de santé, réduire les congés de maladie payés ou détruire l’environnement, même s’il prévoit de faire tout cela. Au lieu de cela, il a promis de créer des emplois dans l’industrie de la construction et a pu obtenir des appuis syndicaux très attendus de neuf syndicats du secteur privé comme LiUNA. Même s’il convient de noter que les huit syndicats du bâtiment qui soutiennent Ford ne représentent ensemble que 5 % des membres syndiqués de la province. Les conservateurs ont également remporté deux sièges dans la région de Windsor Essex, où le NPD réussit bien, en faisant appel aux travailleurs et travailleuses du secteur de l’automobile en promettant de créer des emplois.

Aucun appétit pour un retour des libéraux

En 2018, les libéraux ont été réduits à 7 sièges à la législature et n’ont obtenu que 19,5 % des voix. Après ce résultat électoral désastreux, on s’attendait à ce que le chef libéral nouvellement élu Steven Del Duca ramène non seulement le parti au statut de parti officiel à l’Assemblée législative, mais qu’il défie effectivement Doug Ford et décroche des sièges au NPD. Rien de tout cela n’est arrivé.

Alors que la part des votes des libéraux s’est quelque peu redressée sous Del Duca, passant à 23,85 %, ce n’était pas suffisant pour défier les conservateurs ou le NPD dans la RGT (GTA). Ils ont remporté 9 sièges, sans parvenir à retrouver le statut de parti officiel. Del Duca n’a pas réussi à remporter son propre siège et a été contraint à démissionner de son poste de chef le soir des élections.

Les libéraux ont eu du mal à identifier ce qu’ils représentaient, à part s’opposer à Doug Ford. Ils ont présenté des idées politiques comme le modèle régional de salaire de subsistance et l’élimination de l’arriéré accumulé des diagnostics et des chirurgies, qui étaient mal préparées et qui n’ont pas eu beaucoup d’écho auprès de l’électorat. Même leurs promesses les plus éclatantes comme les tarifs de transport en commun à 1 $, qui auraient dû être populaires, n’ont pas réussi à toucher l’électorat, car les libéraux semblaient faire des promesses électoralistes, qui avaient donc peu de crédibilité.

Et c’est finalement ce qui a fait couler Del Duca et les libéraux. Leurs attaques contre le bilan de Ford en matière d’éducation publique et de soins de santé sonnaient creux. Les libéraux étaient le parti qui a présenté le projet de loi 115 pour attaquer le personnel enseignant, et les libéraux avaient pendant des années comprimé les services hospitaliers et autres services publics, ouvrant la voie à la première victoire de Ford sur la promesse de mettre fin à la médecine de couloir.

Le NPD : Une bonne plateforme ne suffit pas

Pendant ce temps, le NPD semblait se diriger vers une soirée électorale difficile, ayant bénéficié d’un effondrement historique des libéraux en 2018 qui ne se reproduirait probablement pas. Quelques mois seulement après les élections de 2018, les sondages du NPD étaient revenus au niveau où ils se trouvaient avant la campagne électorale de 2018.

Alors que la popularité de Ford a diminué lors de la grève du personnel enseignant en 2019 et 2020, d’une série de débrayages d’étudiants en 2019, le début de la pandémie a pratiquement écarté les partis d’opposition à Queen’s Park. Néanmoins, le mouvement ouvrier et des campagnes comme Justice for Workers ont contribué à pousser les positions du NPD sur les questions des droits des travailleurs et travailleuses, bien plus à gauche de ce qu’elles étaient.

Cela a finalement abouti à une plate-forme qui était sensiblement plus à gauche de n’importe laquelle de leurs plates-formes au cours des 30 dernières années. Bien sûr, cela était imparfait, car les militants et militantes ont souligné que leur position sur les taux du ODSP/OW était en retard par rapport au Parti vert et aux besoins des Ontariens à faible revenu. Au crédit du parti, ils ont changé leur position pendant l’élection.

Malgré une plateforme relativement à gauche qui fait écho à de nombreuses revendications du mouvement, le parti perd 7 sièges, 9,5% des suffrages et plus de 800 000 voix. Plusieurs facteurs expliquent pourquoi.

La nature méli-mélo de la plate-forme et du message du NPD dans la campagne n’a pas captivé l’imagination du public. Bien que les politiques aient pu être bonnes, elles n’ont jamais été présentées ou articulées dans un récit cohérent ou convaincant. Le NPD a parlé d’accessibilité, de soins de santé, d’assurance automobile et de logement dans cadre relativement cloisonné. Il s’agissait d’une série de promesses qui n’ont jamais constitué une vision.

Le leadership d’Andrea Horwath avait fait long feu et son message était inefficace. Horwath et le NPD, comme c’est trop souvent le cas, se sont concentrés sur des attaques envers les libéraux au lieu de s’en prendre à Ford et de présenter une vision positive. Elle n’a jamais été une grande communicatrice, mais sa performance lors du débat et pendant la campagne électorale a été mauvaise. Elle manquait de clarté et de passion. Étant donné qu’il s’agissait de sa quatrième campagne, il était difficile de dire en quoi elle croyait : en 2014, elle était le visage d’une plateforme social-démocrate de droite et en 2022 le visage d’une plateforme de gauche. Ce n’est pas quelque chose qui renforce la confiance. Plutôt que d’améliorer le sort des candidats et candidates locaux, Horwath a agi comme un vent contraire. Elle était la mauvaise messagère pour le message.

Ce n’est pas un hasard si de nombreuses candidatures de gauche du NPD - Jill Andrew, Doly Begum, Bhutila Karpoche, Joel Harden, Chandra Pasma, Laura Mae Lindo et Marit Stiles - aient pu gagner. Les candidats qui soutenaient constamment les mouvements sociaux depuis des années, qui n’ont pas centré Andrea dans leur campagne et qui ont été capables d’articuler une vision plus large du changement social ont pour la plupart relativement bien réussi.

Mais réduire cela à une question de leadership de Horwath, c’est commettre une grave erreur. Le NPD en Ontario aura toujours du mal à progresser électoralement dans le vide. Leurs perspectives électorales dépendent du rapport de force social dans la province. Lorsque le mouvement syndical se mobilise et que les mouvements sociaux sont en plein essor, cela crée le terrain pour que le principal parti social-démocrate de la province puisse avancer.

Ce n’était pas le cas. Bien qu’il y ait eu une augmentation des arrêts de travail au cours des deux derniers mois, le mouvement syndical est demeuré relativement faible. De même, les mouvements sociaux ont connu des hausses épisodiques au cours de la pandémie, mais il y a également eu un ralentissement notable de l’activité des mouvements. Les quelques campagnes actives soutenues comme Justice for Workers, Migrant Workers Alliance for Change, et le Ontario Health Coalition ont contribué à faire basculer le NPD vers la gauche et à modifier le débat public sur des questions clés.

Cependant, le fait demeure que de nombreux citoyens et citoyennes Ontariens se sentent épuisés, démoralisés et découragés par le processus collectif de changement dans leurs perspectives d’avenir, que ce soit par le processus parlementaire ou par les mobilisations. Malgré quelques exceptions notables, la campagne du NPD n’a pas réussi à inspirer la mobilisation et à se connecter avec les gens
.
Une grande partie de l’électorat a été durement touchée par la pandémie. Les gens ont connu deux ans d’insécurité d’emploi pandémique, de réductions de revenus, d’augmentation du coût de la vie, de maladie et de stress. Cette expérience a démoralisé de nombreux citoyens et citoyennes Ontariens qui sont maintenant sceptiques quant système électoral comme moyen d’apporter des changements. Les élections et le parlement provincial sont très éloignés des expériences quotidiennes des gens. Il n’est donc pas surprenant que de nombreux citoyens et citoyennes Ontariens se soient retirés d’une élection qui prévoyait depuis longtemps une majorité conservatrice.

Quel avenir pour la gauche ?

À la sortie des élections, la gauche sera confrontée à un certain nombre de questions stratégiques sur la manière de faire avancer la lutte politique. La démission d’Andrea Horwath en tant que chef du NPD ouvrira la porte à une contestation de la gauche pour la direction du parti. La gauche doit-elle se rassembler autour d’un challenger de gauche et rejoindre l’ONDP ? Le problème auquel est confrontée la gauche est-il simplement un manque de politiques radicales ou un leader spécifique ?

S’il ne fait aucun doute que le parti est meilleur lorsqu’il est dirigé par une direction de gauche, il est dangereux de penser qu’un simple changement de direction peut renverser la situation du NPD ou, plus important encore, faire avancer des idées plus larges de gauche dans la province. Certains diront qu’une direction de gauche peut galvaniser la gauche dans le parti et construire des mouvements sociaux en cours de route. Le problème avec la construction d’un projet électoral qui peut aussi construire des mouvements est que trop souvent la réflexion se fait après coup.

La gauche ontarienne, en particulier la gauche socialiste, est petite et divisée. Demander aux gens de donner la priorité à la direction de l’ONDP, c’est demander aux gens de ne pas passer leur temps à construire des mouvements. Certains peuvent faire un amalgame ici, en considérant qu’une campagne de leadership ou l’ONDP lui-même est un mouvement. Pour les personnes déjà enracinées dans le NPD, cela peut valoir la peine.

Construire une gauche de combat

Cependant, pour les socialistes en dehors de l’ONDP, une utilisation plus efficace du temps est de se concentrer sur le problème le plus fondamental auquel est confrontée la gauche : l’état relativement faible de nos mouvements.

Au cœur du socialisme, il s’agit d’autonomiser les travailleurs. Il s’agit d’un contrôle collectif sur tous les aspects qui affectent nos vies. Il s’agit de l’expansion radicale de la démocratie et de la propriété collective de toute la richesse de la société pour répondre aux besoins de tous les membres de nos communautés. Au cœur de cela, il y a les gens eux-mêmes. Comme l’a si bien dit Marx : « l’émancipation de la classe ouvrière doit être conquise par la classe ouvrière elle-même ; que la lutte pour l’émancipation de la classe ouvrière ne signifie pas une lutte pour les privilèges et les monopoles de classe, mais pour l’égalité des droits et des devoirs, et l’abolition de toute domination de classe.".

Il n’y a pas de raccourci ici. Nous devons construire de grands mouvements, ceux qui impliquent les travailleurs dans la lutte pour les réformes, qui renforcent leur capacité, leur expérience politique et leur confiance pour se battre pour plus. C’est le meilleur pari pour créer les conditions pour que la gauche avance à l’intérieur et à l’extérieur du NPD.

Souvent, les gens pensent qu’il faut entrer au NPD pour avoir de l’influence, mais l’ONDP moderne, en dehors d’une poignée d’associations de circonscription, est structuré presque exclusivement autour des élections. Cela signifie que les sections organisées de la gauche à l’extérieur du NPD ont bien plus de chances d’influencer le discours politique que celles à l’intérieur du parti. Il suffit de regarder la plate-forme du NPD durant cette élection : l’appel à un salaire minimum de 20 $ et à 10 jours de maladie payés permanents n’est pas venu d’initiés du parti, d’un nouveau chef ou de la gauche au sein du parti qui a soudainement gagné une audience – ils sont venus de mouvements qui ont mobilisé les individus tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti pour soulever ces revendications et pousser la direction à les refléter.

Certains à gauche, profondément démoralisés, cherchent à blâmer les dirigeants syndicaux ou l’ONDP, comme s’il s’agissait de structures monolithiques capables de délivrer de gros bataillons de militants. Cette vision pessimiste justifie leur propre inactivité. Nous devons nous passer de ces Bourriquets de gauche et nous tourner vers ceux qui sont prêts à se battre, à s’organiser et à diriger par l’action. Si nous voulons un mouvement syndical plus radical et plus militant, nous devons en construire un. Si nous voulons des mouvements plus importants, nous devons les construire. Personne ne va le faire pour nous.

Le terrain devant nous

Ce n’est pas parce qu’un gouvernement a un faible mandat pour faire quelque chose qu’il n’essaiera pas. L’Ontario, comme de nombreuses autres régions et pays, semble se diriger vers une récession. La classe dirigeante vise à contenir l’inflation en augmentant les taux d’intérêt, ce qui pourrait paralyser l’économie. Cela pourrait créer une foule de contradictions pour Ford et ouvrir la voie à de nouvelles coupes et attaques contre les travailleurs et travailleuses.

Par exemple, les jours de congé de maladie payés temporaires de Ford expirent en juillet - il va donc effectivement réduire les jours de congé de maladie payés pour la deuxième fois, ce qui affectera de manière disproportionnée les travailleurs de première ligne à bas salaire - ceux dont Ford a soi-disant fait l’éloge pendant la pandémie. Si une minorité d’électeurs éligibles a voté pour Ford, une forte majorité soutient les jours de maladie payés et doit continuer à se mobiliser sur cette question. Rappelez-vous que les mouvements ont mis Ford sur la défensive et ont obtenu des concessions auparavant - renversant, au moins partiellement, ses attaques précédentes sur le salaire minimum et les jours de maladie payés. Les mouvements ont déjà repoussé le gouvernement majoritaire de Ford par le passé, et nous pouvons le faire à nouveau.

Cette élection a été un signal d’alarme. Si nous voulons affronter le lobby des grandes entreprises et faire avancer les luttes pour un monde meilleur, nous devons nous mettre au travail pour construire les mouvements de masse et les campagnes qui rendront cette perspective possible.

Traduction André Frappier

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