Édition du 26 mai 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec solidaire

Pamphlet pour un parti populaire

Une colère juste, des espoirs permis

Pour un parti populaire

Nous publions ici l’intégralité de la brochure de Québec solidaire qui se veut un pamphlet pour un parti populaire. (PTAG)

Le Québec est une maison qui craque de partout. Les murs de la solidarité collective se fissurent. Le toit social coule. Le plancher salarial du 99 % s’affaisse. La tuyauterie économique fuit vers les paradis fiscaux, les élites économiques préférant spéculer à l’abri de l’impôt. Pourries par un système qui assure la domination de deux ou trois partis, les fondations démocratiques s’effritent, minées par la corruption.

Que propose le gestionnaire pour financer les travaux de rénovation ? Construire un oléoduc au milieu du salon et hypothéquer la chambre des enfants.

Pendant ce temps, la facture d’épicerie augmente, comme le loyer, les tarifs d’électricité et de CPE, les frais de scolarité, les gaz à effet de serre et la morosité ambiante. Nous nous endettons. Et nous commençons à craindre le voisin, surtout s’il est de couleur différente, au lieu de penser à résoudre ensemble nos problèmes.

Surtout, nous nous sentons dépossédé.e.s.
Le Québec ne nous appartient toujours pas.

Les nouveaux maîtres chez nous

Avec la Révolution tranquille, Jean Lesage et son équipe promettaient de nous débarrasser du « colonialisme économique ». Leurs réalisations étaient ambitieuses : nationalisation de l’électricité, création des polyvalentes, cégeps et universités publiques, mise en place du réseau de la santé. Les yeux du Québec, de ses classes populaires, de ses femmes, de ses jeunes brillaient d’espoir.

Le premier gouvernement péquiste continue dans cette lignée avec plusieurs lois majeures : protection du français avec la loi 101, anti-briseurs de grève, protection du territoire agricole, changements au Code civil donnant plus de droits juridiques aux femmes.

La Révolution tranquille a suscité un immense désir d’émancipation. Depuis, les promesses ont été rompues et l’idéal détourné. Jamais nous n’avons pu décider démocratiquement des meilleures façons d’utiliser les richesses, physiques et humaines, de notre territoire. Nous ne sommes plus scieurs de bois, mais nous sommes restés porteurs d’eau. À qui donc appartient le Québec de 2016 ?

Nos nouveaux « maîtres chez nous » parlent le langage de la concurrence, de l’efficience, de la gouvernance et de la croissance. Pour eux, les mots justice, bonheur et progrès social semblent tabous. Tous les jours, ils volent notre argent et nos ressources naturelles, mais ils érodent également notre pouvoir, notre capacité d’autodétermination, notre solidarité, notre souveraineté.

Gouvernement après gouvernement, péquistes comme libéraux nous administrent le même traitement : diminuer d’une main les impôts des mieux nantis et de l’autre amputer nos services publics. Ils démolissent ainsi le rêve d’un Québec juste et prospère pour toutes et tous. Prétextant défendre les générations futures, ils imposent une austérité qui ne satisfait que les banquiers et les agences de notation. Si le pouvoir politique se concentre à Québec, dans les officines du premier ministre et du Conseil du trésor, on devine dans l’ombre les ficelles tirées par Wall Street.

Et ainsi, chaque jour, le dogme du déficit zéro creuse un immense déficit humain.

Business as usual

Nous sommes devenus « locataires dans notre propre pays », comme le chantait Félix Leclerc. Les vrais décideurs, ce sont une poignée de multinationales, de grands entrepreneurs, de banquiers, de petits barons qui choisissent leur gouvernement. Business as usual, disent-ils dans leur langue préférée, haussant les épaules.

Nous voilà donc locataires de notre pays où les minières ouvrent des plaies béantes, pillent notre minerai pour des peanuts, sans demander notre avis ni réparer les dégâts. Où des pétrolières menacent nos terres et nos eaux en voulant y dérouler une autoroute de pétrole. Où des forestières repoussent vers le Nord la ligne de leurs coupes à blanc.

Nous travaillons toujours plus, mais nos salaires stagnent, alors que ceux de quelques privilégiés ne cessent de grimper, tout comme leurs primes, bonus et dividendes. Nous nous endettons pour vivre décemment, tandis que les plus riches et les grandes entreprises sont moins imposés que les familles. Nous combattons stress, angoisse, épuisement, dépression, car nous n’avons jamais le temps pour les choses et les personnes qui comptent vraiment pour nous : nos enfants, nos parents, l’amitié et l’entraide, les plaisirs de la vie.

Nous en tombons malades… alors que notre système de santé se dégrade à vue d’œil. Surtout pour nous, car chaque jour s’aggrave la ségrégation économique : il y a la santé des plus riches – avec des soins efficaces, rapides et jouissant des meilleures pratiques – et la santé des autres – avec des soins désorganisés par des réformes brutales, lents et sans les ressources appropriées.

L’éducation publique aussi poursuit sa lente agonie. Les murs moisissent, on sabre les ressources professionnelles, les classes sont bondées, de nouveaux frais pullulent, nos enfants décrochent. L’avenir se rétrécit, les lendemains déchantent.

Dans ce contexte social et économique, les discriminations et les inégalités augmentent. Pour les femmes, les immigrants et immigrantes, les Autochtones, les jeunes, les reculs se multiplient. Sous prétexte de réduire les dépenses, on abandonne le souci d’une société égalitaire et on se prive d’une diversité prodigieuse, qui permet de penser le Québec autrement.

À tout cela qui se déglingue, les gens au pouvoir restent sourds et aveugles. Ils réduisent tous les espaces d’expression citoyenne : lieux de concertation régionaux des acteurs socioéconomiques et sociaux, démocratie scolaire, lieux de décision locaux des établissements de santé. De plus en plus autoritaires, les élites au pouvoir méprisent l’intelligence du peuple mais prétendent parler au nom de la majorité silencieuse. En réalité, ils écoutent les « experts » et décident, entre eux, de favoriser une minorité déjà riche.

Comme ce choix ne fait qu’aggraver les choses et vider les coffres, ces mêmes élites déconnectées cherchent des coupables parmi nos concitoyens et concitoyennes, parmi « les paresseux et les insouciants » qui vivraient aux crochets de l’État. Elles tentent de nous diviser pour mieux régner et malheureusement, cela fonctionne : nous nous retournons contre les chômeurs et chômeuses, les bénéficiaires de l’aide sociale, les personnes syndiquées, les gens amochés, les malchanceux et malchanceuses, les personnes nées au mauvais endroit.

Nous nous retournons contre nous-mêmes, et les élites choyées rient en coulisse.

Depuis quelques décennies maintenant, on nous assène que la démocratie en demande toujours trop, que nos projets collectifs sont trop coûteux pour être financés, que rien ne peut arrêter le rouleau compresseur des multinationales et de la mondialisation. Nous avons appris à le croire.

Notre premier ennemi, c’est cette fausse certitude.

La croisée des chemins

Imaginons. Imaginons un instant, un instant seulement, que tout n’est pas perdu, que l’espoir est permis. La moitié du chemin sera déjà parcourue.

Face à la religion du profit, dressons notre juste colère, notre sens de la justice et du bien commun. Notre meilleure défense, c’est notre nécessaire solidarité. C’est notre indignation, notre sentiment collectif d’un Québec qui va mal, notre conviction qu’il faut que ça change.

Car ce ne sont pas les élites qui ont fait le Québec moderne : ce sont les petits et les oubliées de l’histoire, qui ont assuré la vie et la survie du pays. Nous sommes restés vivants en faisant de la solidarité la condition indispensable de notre liberté.

Les Patriotes rêvaient déjà d’une République libre. Les travailleurs et travailleuses ne se sont pas laissés faire : à travers chaque lutte syndicale, ils et elles ont appris à se battre, rappelait la grande syndicaliste Madeleine Parent. Les professionnelles de la santé ont ouvert des cliniques de quartier. Les femmes se sont unies pour conquérir leur droit à l’avortement et des mesures sociales pour assurer leur autonomie. On a ouvert des garderies populaires et des jardins communautaires. Les antiracistes se sont battus pour un Québec plus inclusif. Les étudiants et étudiantes ont cent fois manifesté pour le droit à l’éducation. Les écologistes ont protégé notre air, notre eau et nos forêts. Les gais, lesbiennes, personnes bisexuelles et trans se sont rassemblées pour défendre leurs droits. De l’Abitibi aux Îles-de-la-Madeleine, on a créé des coopératives de travail, de consommation ou d’habitation. On ouvre aujourd’hui des ateliers de vélo, des médias alternatifs, des espaces de travail partagés, des bibliothèques d’outils et des universités populaires.

Depuis plus de 50 ans, d’une bataille à l’autre, à l’arraché, nous avons construit ensemble une société civile vibrante, un véritable contre-pouvoir. Le destin de ce contre-pouvoir, aujourd’hui, c’est de prendre le pouvoir.

Le parti du peuple, le parti populaire

Pour cela, il nous faut plus que des initiatives dispersées. Il faut que le Québec tout entier repose entre les mains du peuple, que le peuple soit enfin souverain.

Faisons le pari audacieux de travailler ensemble à un Québec renouvelé, le Québec de tout le monde, pas celui d’une clique. Un Québec démocratique, égalitaire, où l’économie est au service du bien commun, où l’environnement est sauvegardé plutôt que ravagé. Un Québec ouvert, qui voit dans la diversité culturelle l’opportunité de retricoter son projet social avec tous les gens qui habitent ici, peu importe leur origine ou depuis combien de temps ils y sont.

C’est le pari de Québec solidaire, le seul parti populaire.

Québec solidaire veut rassembler les forces dispersées de la solidarité et en faire l’outil de notre libération. Des idées pour reprendre le contrôle de la richesse commune, nous en avons. La gestion publique des achats de médicaments permettrait déjà de sauver plus d’un milliard de dollars chaque année ! Des mesures créatives pour enrichir les Québécois et Québécoises, nous en avons aussi. Des propositions pour améliorer les systèmes de santé et d’éducation, la fiscalité, l’occupation du territoire, l’immigration, la culture, nous en avons. Elles sont réalistes, et ne nous ruineraient pas.

L’imagination est la clé du changement social. Les « pelleteux de nuages », ce sont les gens obsédés par le pétrole, la compétition économique et l’incontournable mondialisation. Avec de telles idées, on ne fait pas une société, on la détruit.

Depuis plus de 50 ans, d’une bataille à l’autre, à l’arraché, nous avons construit ensemble une société civile vibrante, un véritable contre-pouvoir. Le destin de ce contre-pouvoir, aujourd’hui, c’est de prendre le pouvoir.

Pour avancer véritablement, il faut rompre avec les vieilles idées et les vieux partis. René Lévesque disait que tout parti qui dure trop longtemps devient « une vieillerie encombrant le paysage politique et empêchant l’avenir de percer ». Ce qui empêche le printemps d’arriver, ce sont d’abord les vieilles idées qui empoisonnent l’imagination politique depuis trop longtemps.

LES IDÉES POPULAIRES
Que tout le monde paie sa juste part !

L’austérité n’est pas pour tout le monde, apparemment.

Alors qu’on laisse l’argent filer vers les paradis fiscaux, qu’on subventionne des entreprises qui engrangent déjà des millions, qu’on offre des augmentations de salaire faramineuses aux médecins, aux recteurs d’université et aux PDG, il faudrait que les travailleurs et travailleuses, la majorité des Québécois et Québécoises, se serrent la ceinture bien sagement ? Non, merci.

La « crise des finances publiques », la prétendue pénurie d’argent, sert de prétexte pour privatiser les services publics. Le problème, ce ne sont pas les dépenses, ce sont les revenus que nous avons perdus en accordant des privilèges à une minorité. Il est plus que temps de faire le ménage.

Pour Québec solidaire, le ménage commence par rendre illégal le recours aux paradis fiscaux. Nous sommes le meilleur parti pour le faire : plusieurs chefs des trois autres partis ont tous à certains moments utilisé des formes d’évasion fiscale ! En fait, il faut opérer au Québec une rénovation complète de l’impôt, des taxes et des tarifs pour aller chercher plus d’argent là où il y en a, tout en allégeant le fardeau de la classe moyenne.

Il faut couper dans le gras ? D’accord. Dans les subventions aux entreprises polluantes, par exemple, et non dans les prestations d’aide sociale. Les banques encaissent des profits astronomiques ; il est temps qu’elles acquittent une taxe sur le capital.

Plus de temps et d’argent pour chacun et chacune
15 $ l’heure, c’est le minimum pour un salaire décent !

D’autant plus que cet argent durement gagné ne pourra pas filer vers Jersey, la Barbade ou le Panama : il nourrira notre économie locale. Augmenter le salaire minimum du personnel précaire, c’est surtout aider les femmes et les immigrants et immigrantes, qui souffrent encore de grandes inégalités.

Voyons plus grand encore et assurons à tous et à toutes un revenu minimum garanti, qui permettrait de vivre décemment. Comme le disait Michel Chartrand : « ce n’est pas la charité, mais l’héritage de vos parents et le commencement du respect. »

L’économie, quand elle chancelle, multiplie les victimes. Les commerces de proximité souffrent depuis la crise de 2008, comme les petites et moyennes entreprises. Plusieurs d’entre elles sont avalées par des multinationales. Nous avons la responsabilité de protéger ces entreprises locales créatrices d’emplois, et de favoriser parallèlement les coopératives et entreprises d’économie sociale, qui allient démocratie, respect de la nature et parité hommes-femmes.

Plusieurs de nos concitoyens et concitoyennes font fonctionner les services publics. Or, frappés de compressions, ces services crient famine, à peine capables d’assurer leur mission. En augmentant les effectifs dans la santé, les services sociaux, l’éducation et la culture, on garantirait des emplois de qualité et on dynamiserait l’économie des régions.

Mais à quoi peut bien servir l’argent gagné si nous n’avons pas le temps de vivre ? Pourrions-nous travailler un peu moins et gagner autant ? Plusieurs pays d’Europe le permettent, pourquoi pas nous ? Avoir quatre semaines de vacances payées par année, ce n’est pourtant pas un luxe. Offrir du répit aux familles, en leur accordant des congés payés pour s’occuper de leurs proches malades, offrir à tous des congés de maladie ; ça aussi, ce devrait être le minimum.

Un territoire à occuper
Se déplacer partout au Québec devrait être un droit.

Pourquoi ne pas viser la diminution progressive des tarifs de transport en commun pour atteindre la gratuité d’ici 10 ans ?

Voilà un rêve accessible pour un État qui prétend occuper son territoire et qui abonde en énergie renouvelable. Au lieu de miser uniquement sur les autoroutes, Québec solidaire parie sur un système de transport électrifié, fiable et accessible pour rejoindre les régions du Québec.

En zones urbaines, le territoire impose d’autres défis. Il faut, par exemple, protéger davantage les cyclistes qui croisent la mort chaque jour au coin des rues ou en passant sous un viaduc.

Les zones rurales méritent mieux que l’agriculture intensive, l’accaparement des terres par des intérêts étrangers ou le dézonage sous la pression de l’étalement urbain. Subventionnons davantage une agriculture locale, diversifiée et respectueuse des écosystèmes. Les produits du terroir font notre fierté ? Soutenons-les plus efficacement, de la production à la commercialisation.

Nous partageons avec les Premières Nations un territoire immense. Nos lacs, nos rivières, nos forêts sont ce que nous avons de plus précieux. Prenons le contrôle de nos ressources et transformons-les nous-mêmes, en collaboration avec les Autochtones. Il faut cesser d’exporter nos matières premières comme le ferait une république de bananes !

Imaginons que les compagnies minières, entre autres, soient gérées de façon plus démocratique et paient leur juste part d’impôt. Avec les fonds ainsi obtenus, Québec solidaire propose de diversifier l’économie des régions.

Surtout, arrêtons le diktat des métropoles : il est grand temps que les régions du Québec aient plus de pouvoirs !

Éduquer et soigner, sans discrimination
Investir en éducation, voilà qui devrait faire l’unanimité !

Pour Québec solidaire, l’égalité des chances n’est pas un slogan creux. Embaucher plus de professeures et professeurs pour favoriser l’apprentissage grâce à un meilleur ratio personnel enseignant/élèves, offrir des activités parascolaires gratuites dans toutes les écoles, mettre des orthopédagogues au service des enfants en difficulté, toutes ces mesures s’imposent comme des évidences.

Comme s’impose l’urgence de mettre fin à un système scolaire discriminatoire, financé par l’argent public. Tout parent veut le meilleur pour son enfant, mais pourquoi l’école privée serait-elle le meilleur choix ? Rapatrier les sommes versées par le gouvernement aux écoles privées permettrait de consolider un réseau d’éducation public, de qualité et entièrement gratuit, dans le respect des parents, du personnel et des enfants eux-mêmes.

Est-il normal pour un citoyen, une mère de famille, un étudiant ou une retraitée de se demander combien lui coûtera un service de santé ? Combien il lui faudra débourser en frais accessoires, en stationnement ? Devra-t-on se résoudre à chercher dans le système privé l’examen diagnostique ou la chirurgie attendue trop longtemps dans un établissement public ? Québec solidaire croit qu’un système de santé à deux vitesses, en voie de privatisation, est inacceptable : tout individu doit avoir accès à des soins de santé entièrement gratuits et de qualité dans des délais raisonnables.

Sortir du cul-de-sac environnemental
Il est urgent d’accélérer la transition vers une économie en harmonie avec la nature. Et nous pouvons le faire !

Les Premières Nations le savent bien : la Terre n’est pas une ressource inépuisable, elle est une partie de nous-mêmes. En la détruisant peu à peu, c’est nous-mêmes, notre humanité, nos enfants, que nous mettons en danger.

Transition énergétique d’abord. Commençons par mieux isoler les logements vétustes, en priorité ceux des plus pauvres. Électrifions au plus vite le transport en commun.

Pour combler nos besoins plus limités, utilisons l’énergie hydraulique ou éolienne, celle de la terre et des marées. Sans être miraculeuses, ces sources d’énergie ont l’avantage de ne jamais s’épuiser. Il faut les exploiter, de manière démocratique.

Le pétrole et le gaz nous entraînent dans un cul-de-sac. Il faut résister à la tentation d’extraire ces ressources, éviter le forage pétrolier à Anticosti et refuser le passage des oléoducs sur notre territoire. Le réchauffement climatique, comme les déversements accidentels, ne respecte pas les frontières nationales. Il ne faut jamais que cela coule chez nous ni ailleurs.

Riche de toutes nos cultures
Toutes les personnes vivant au Québec sont québécoises, peu importe leur origine.

Le Québec doit demeurer une terre d’accueil. Il faut pour cela vaincre la peur de l’autre, attisée par certains politiciens et certaines politiciennes. Dans une société vraiment accueillante, chacun et chacune, peu importe son nom, sa couleur de peau ou sa culture, devrait pouvoir démontrer ses talents, son éducation et son expérience.

Autochtones et anglophones sont membres à part entière de notre communauté. Leurs droits historiques doivent être respectés et leur langue, préservée. Un jour, nous serons fiers de voir nos enfants capables de saluer par Kuei en innu et Wachiyeh en cri, comme on dit Hello en anglais.

« Ne tuons pas la beauté du monde », chantait Diane Dufresne. Autant que celle de la nature, protégeons et célébrons la beauté de notre culture et de notre langue commune, le français. Valorisons-la, elle est si belle. Donnons aux artistes les moyens de nous dire ce que nous étions, ce que nous sommes et ce que nous pouvons devenir. Valorisons leur travail, facilitons leur accès à la population. Pourquoi, par exemple, ne pas assurer aux élèves l’accès gratuit à quatre évènements culturels par année ?

Le gouvernement populaire : un pays et une République au service du peuple
À Québec solidaire, nous ne voulons pas seulement un pays. Nous voulons un pays au service du peuple dans toute sa pluralité. Ce grand chantier commence par donner aux gens plus de pouvoir, concrètement.

Tant que perdure le mode de scrutin actuel, nous ne sommes même pas au début d’une démocratie digne de ce nom. Afin que chaque vote compte réellement, nous devons viser un mode de scrutin proportionnel mixte. Plutôt que de centraliser les pouvoirs à Québec, pourquoi ne pas faire confiance aux personnes sur le terrain, capables de gérer de manière démocratique et intelligente les services publics ?

Ce projet, c’est la République au service du peuple ! Il prendra forme à condition que le peuple affirme sa volonté de s’autodéterminer en se dotant d’une loi fondamentale, d’une constitution. En convoquant une assemblée démocratique pour doter le Québec d’une constitution, nous ne laisserons personne de côté, ni les Autochtones, ni les anglophones, ni les immigrants et immigrantes.

Un jour, lorsque nous aurons une République inclusive, généreuse et libre, nous aurons vaincu la peur de l’autre. Nous pourrons enfin dire que nous sommes un grand peuple.

DE L’ESPOIR À LA VICTOIRE
Bien avant les professionnels de la politique, ce sont les peuples qui bâtissent les monuments. C’est par les luttes sociales qu’on obtient des droits.

Depuis 10 ans, Québec solidaire accompagne des gens qui mettent la créativité, la solidarité, la liberté et le respect de la nature au cœur de leurs initiatives. Ces forces du changement ne cessent de croître au Québec. Mais il en faudra encore plus pour ébranler la forteresse des corrompus : il faudra que le peuple entier se mette en marche !

Québec solidaire entend rassembler ces forces dispersées et faire de la solidarité l’instrument de notre libération. Avec seulement trois solidaires à l’Assemblé nationale, nous avons déjà accompli de grandes choses : lutte à la corruption libérale, défense du registre québécois des armes à feu, débat sur le coût des médicaments et l’assurance médicaments publique, travail pour la reconnaissance des personnes trans, projet de loi pour protéger les locataires âgés. Imaginez ce que Québec solidaire pourra faire une fois au gouvernement !

Ce passage ne se fera pas tout seul. Le pouvoir, il faut le gagner. Il faut vaincre l’adversaire. Avoir une stratégie pour le vaincre, avoir la force d’imposer cette stratégie.

Nos adversaires ne nous laisseront pas la place. Si nous partons derniers, il nous faut une stratégie forte, imparable. S’ils ont des équipes sur le terrain, il nous faut des multitudes. S’ils ont une bonne couverture médiatique, il nous faut devenir partout visibles. S’ils ont leurs fidèles donateurs et donatrices, il nous faut amasser plus de fonds.

Ils ont peut-être les banques et les multinationales de leur côté. Mais nous avons nous-mêmes, nos mains et notre volonté, notre projet de société et nos propositions. C’est tout ce qu’il nous faut.

Le gouvernement de Québec solidaire, quand il surviendra, ne sera pas un gouvernement comme les autres. Ce sera un gouvernement véritablement populaire, dont le Québec pourra enfin être fier. Ce sera le meilleur gouvernement pour la raison bien simple qu’il sera issu du peuple, pour le peuple.

Cette République au service du peuple, Québec solidaire ne peut la construire seul. Nous sommes de colère et d’espoir. Nous sommes d’un Québec qui reprend ses ailes. Et nous comptons sur vous. Embarquez-vous ?


La force de Québec solidaire, c’est la force de ces milliers de gens de partout au Québec qui composent notre parti.

DEVENEZ MEMBRE

Sur le même thème : Québec solidaire

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...